Nuit meilleure; un peu moins d'agitation
14. Nuit très-mauvaise. Trismus augmente. Déglutition toujours facile. Les pupilles sont contractées. P = 96. R = 26.
15. L'état est à peu près le même. On remarque sur la face une légère éruption chloralique. Depuis hier le malade est constamment en sueur. Se plaint beaucoup du ventre. Pas de douleur du cou. P = 100. R = 36.
16. Nuit assez bonne. La contracture n'a pas diminué. Cependant le trismus est moindre.
P = 110. Chloraly 12 grammes. Bain de vapeur. Liniment composé de chloroforme, laudanum et baume tran((uille.
17. Hier soir le malade avait ressenti une notal)le amélioration du cAté du ventre. Ce matin les muscles abdominaux sont moins tendus et se laissent déprimer. Cependant quand on presse sur le ventre on détermine de la douleur et en môme temps une crise de contracture.
- La nuit a été bonne. Le malade est constamment plongé dans une sorte d*état divresse. L'éruption chloralique n'a pas continué. En sonnne, amélioration marquée. L'ouverture des pupilles est normale ; lontofois la droite est plus dilatée que la gauche. P = 1 12.
18. Nuit un peu agitée. Le mieux persiste; les muscles abdominaux redeviennent souples. La déglutition est bonne. Il présente sur les deux mains plusieurs ampoules entourées d'une auréole rougeàtre et probablement dues au chloral.
Il n'en existe pas ailleurs. Môme traitement.
19. Le malade a eu un peu d'agitation et de jactitation interrompues assez fréquemment par des cris plaintifs; il éprouve parfois de petites crises de contracture et se plaint surtout de la région lombaire. Pas d'ensellure. La tète est droite; le malade Tincline bien en avant. Les muscles du ventre sont redevenus souples. La respiration n'est nullement ^ènée ; la déglutition s'accomplit facilement. P = 120. Pendant les crises passa-
gères qui surviennent dans le cours de la visite, le malade porte le tronc en avant.
20. Présente toujours un certain degré d'agitation, pousse de temps en temps des cris plaintifs, et accuse de la douleur dans toute la région dorsale. On peut facilement passer la main, gri\ce à la contracture spasmodiquc des muscles de la région. Môme état. P = 90. Même traitement.
âl. La contracture gagne les nmsclcs qui président à la respiration, et le malade succombe par asphyxie vers 11 heures du soir.
Autopsie faite le 2^ février, à 10 heures du malin, par H. Galliard, externe du service. — La rigidité c^idavérique est très-marquée. Les membres sont difficiles à étendre. lies deux plaies du pied gauche sont couvertes de bourgeons charnus rosés et de bel aspect.
Thorcix, — Los poumons sont noirâtres, gorgés de sang, de teinte uniforme, médiocrement crépitants, mais restant à la surface de l'eau. Aucun liquide dans les plèvres ni dans le péricarde; Taspect du cœur est normal ; dans le ventricule droit on rencontre des caillots fibrineux récents, engagés entre les muscles papillaires ; dans le ventricule gauche, plusieurs petits caillots noirs, mous (caillots post-mortew).
Abdomen. — Dans l'épaisseur des muscles grands droits, à leur partie moyenne, on remarque doux plaques noirâtres, symétriques, de la grandeur de pièces de 5 francs, constituées par des fibres musculaires infll- Irées de sang et disjointes [déchirure probablement due à la contraction exagérée de ces muscles). Les aponévroses présentent leur aspect normaL Aucune trace de liquide péritonéal. Grand épiploon adhérent. Au niveau de Tombilic Tcnvoloppe d'une anse d'intestin grôle est ecchymosée sur une longueur de 10 centimètres. L'atmosphère celluleuse des reins est infiltrée de sang; les capsules mêmes de ces glandes présentent des ecchymoses isolées surtout à leur partie supérieure. Les reins sont normaux à la coupe.
Les deux psoas avant leur réunion aux iliaques sont le siège d*une infiltration sanguine ; on y rencontre des plaques noirâtres, superficielles, d'un demi-centimètre à un centimètre d'épaisseur; la friabilité des fibrei musculaires, aux points infiltrés, est moindre que celle des grands droits. Cette altération n'existe pas au-dessous des ligaments de Fallope. Aucune trace de rupture musculaire. Rien à noter du côté du foie ou de la rate.
La muqueuse stomacale, au niveau de la paroi postérieure, dans le toL— sinago de la petite courbure présente quelques stries violacées. Intestine normaux, matières fécales dans les côlons transverse et descendant.
Cerveau. — Aucune altération des méninges; pas de liquide dans h ventricules. Injection superficielle des circonvolutions. Tissus du cerveai du cervelet et du bulbe normaux à la coupe.
Ces. DLXXII. — Phlegmon circonscrit de la face dorsale du pie
MEMBRE LNFÉIUEUR. 617
gauche. — Lefebure (Carlos), quarante-sept ans, journalier, entre le 18 janvier 187ô.
Il y a six jours a ressenti une douleur assez vive avec élancements sur le dos du pied gauche. La face dorsale du pied est tuméfiée et enflammée; la peau est rouge, tendue et luisante au niveau de Texlrémité postérieure des deuxième et troisième métatarsiens. La pression est douloureuse, et avec le doigl on détermine une légère dépression des téguments. Parfois surviennent des élancements qui agacent le malade. Cette inflammation est bien limitée, et il n'y a point apparence de suppuration. Ne peut donner aucun renseignement sur la cause du mal. Cataplasmes. Trois jours après l'entrée du malade, on trouve une fluctuation superficielle; on incise, il sort une faible quantité de pus. Guérison complète au bout de huit jours.
Obs. DLXXin. — Phlegmon de la face dorsale du pied droit. — Fleury (Jacques), soixante et un ans, entre le 21 décembre 1874.
Il y a quatre jours a été piqué par un clou de sa chaussure. Au-dessous de la malléole externe droite et empiétant un peu sur la face plantaire on remarque une grosse phlyctène bleu foncé. Autour d'elle la peau est rouge, chaude, tuméfiée. On ne voit pas la trace de la piqûre. Le pied se tuméfie de plus en plus et devient très-douloureux. Pas de varices.
Le lendemain de son entrée, application de quinze sangsues. Disparition des accidents aigus, mais il se fait une ulcération superficielle de la peau sur une étendue de 4 centimètres de largeur sur 6 de longueur. Pansement à la glycérine. Guérison au bout de quinze jours.
Obs. DLXXIV. — Abcès de la face dorsale du pied. — Quesnet (Narcisse), quarante-deux ans, polisseur sur métaux, entre le 3 décembre 1874, jouit d'une bonne santé habituelle.
Il y a six ans il a eu un abcès sur la joue gauche qui a donné lieu à an trajet fistuleux fermé seulement au bout de huit mois. Le malade est obligé de rester continuellement debout à cause de son métier.
Vers la fin de novembre il ressentit des picotements du cou-de-pied droit
et de toute la face dorsale. Le pied gonfla sans cause apparente et de-
irint le siège d'un œdème très-accentué, surtout en avant des malléoles.
En cet endroit, la peau est bleuâtre et décollée. La marche est impos-
sible, les mouvements de l'articulation tibio-tarsienne sont abolis. L'état
énéral est satisfaisant. Cataplasmes.
4 décembre. On passe un tube à drainage dans l'abcès. Au bout de huit
jours on retire ce drain. A ce moment l'abcès a l'aspect d'une plaie
l^^ide, bleuâtre, à bords déchiquetés, à fond grisâtre, de 3 centimètres
<1^ diamètre. Pansement avec des bandelettes de diachylon pendant tout le
i^ois de janvier. Traitement général reconstituant. Alcool, fer et quinquina.
5 février. — La plaie n'a plus que i centimètres de diamètre. Elle présente un aspect rosé ; sur les bords on trouve une zone cicatricielle d'un demi-centimètre de rayon. Depuis quinze jours l'œdème a disparu. Le fond de la plaie est couvert de bourgeons charnus rosés, saignant facilement. On continue le même pansement.