Le malade quitte le service complètement guéri
Obs. DLXXV. — Phlegmon circonscrit de la plante du pied gauche. — Trin (Herminie), vingt-sept ans, domestique, entre le 3 janvier 1875. Ressent depuis cinq jours des douleurs lancinantes dans toute la région plantaire du côté gauche. Le talon est gonflé, rouge et douloureux, la peau est chaude et présente sur la partie postérieure un petit point blanchâtre. Il ne semble pas cependant qu'il y ait de la fluctuation profonde. La malade ne peut marcher. Le gonflement est limité à la couche cellulaire postérieure du pied. 'P= 06. Insomnie. Cataplasmes. Le deuxième jour, la fluctuation étant devenue manifeste, incision et évacuation du pus. Guérison au bout de dix jours.
Obs. DLXXVL — Petit abcès verniqueiix de la plante du pied. — Bellanger (Joseph), trente-sept ans, fleuriste, entre le 25 janvier 1875.
Présente sur la face antérieure du talon gauche, vers l'extrémité du troisième, métatarsien, un durillon enflammé de l'étendue d'une pièce de 20 centimes. Le sommet de ce durillon est ulcéré et laisse écouler du pus en petite quantité. Cette ulcération s*est faite spontanément hier soir, pendant que le malade était au lit. Depuis plusieurs jours il mettait des cataplasmes. La pression du doigt est douloureuse. L'ulcération n'intéresse que la couche externe du derme. L'apparition de ce durillon remonte à plusieurs années. Dans ces derniers jours la marche était devenue impossible. Cataplasmes. Guérison de Tabcès au bout de huit jours.
Obs. DXXVII. — Abcès de la plante du pied. Incision. Guérison. — Simon (Jean), quarante ans, emballeur, entre le 21 septembre 1874.
A la suite de marches forcées ( quatre-vingt-douze heures en six jours), il est survenu chez cet homme un phlegmon circonscrit sous-cutané du talon. La plante du pied a été envahie par un gonflement circonscrit, accompagné d'élancements douloureux. La fièvre est apparue et le malade est resté cinq jours chez lui dans cet état, ne suivant aucun traitement.
A son entrée à Thùpital on reconnaît une fluctuation très-nette audessous de la face inférieure du calcanéum. Incision donnant issue à une certaine quantité de pus. Peau chaude. P = 96. Langue chargée, urines rares et rouges.
23 septembre. — L'amélioration est sensible. A pu dormir quelques heures. Pas de douleurs. P = 86.
25. L'état général est excellent; la suppuration est faible. 28. La plaie ne donne que peu de pus, le boui^eonnement est trèsactif, les bords de l'incision se rejoignent peu à peu.
1*' octobre. — La plaie est fermée ; le malade peut marcher. 3. Part pour Vincennes complètement guéri.
Obs. DLXXYIII. — Trajet fistulexix de la plante du pied. Carie du calca^ néum gauche. Évidenient. Guêrison. — Mingot (Laurence), soixante-deux ans, domestique, entre le 0 mars 1874/ Réglée à dix-sept ans, elle a toujours eu de la dysménorrhée. Le sang était pîilc et peu abondant. Ménopause à quarante-huit ans. Tousse tous les hivers. Il y a cinq ans, pleurésie. Plusieurs hémoptysies.
Dans le courant du mois d'août 1872, cette malade a ressenti des douleurs dans le talon gauche. Pendant deux mois celui-ci a conservé son volume ordinaire. La douleur se faisait surtout sentir dans la marche. Dans la suite le talon s'est tuméfié ainsi que les deux malléoles. En octobre 1873, des élancements violents, surtout la nuit, survinrent. On passa un drain. Slais comme la suppuration ne tarissait point, la malade se décida à entrer à l'hôpital. La malade n*a pas cessé de marcher jusqu'à son entrée dans le service. A ce moment il existe en arrière du talon une sorte de tumeur ovale assez dure, d'un rouge violet et qui s'est ouverte spontanément il y a un mois, ne donnant issue qu'à une petite quantité de pus blanchâtre, filant, sans odeur. Applications de cataplasmes. Onctions avec l'huile de camomille et l'onguent Canet.
30 mars. La maladie occupe toute l'étendue du talon g«iuche el plus spécialement la partie supérieure, au niveau du bord interne du tendon d^Achille. On y voit un orifice fisluleux profond qui se bouche de temps en temps. Alors la tumeur augmente et quand le pus se fait jour au dehors la malade se sent mieux ; mais la plaie se referme bientôt et les mêmes douleurs reparaissent. Le stylet introduit par rorifice permet de constater dans le calcanéum des points cariés et d'autres nécroses.
31. On pratique une incision longitudinale parallèle au tendon d'Achille, une autre transversale à la partie inférieure de la première ; de sorte qu^on a une incision en T renversé. Ou évide le calcanéum. On laisse une large ouverture que l'on remplit d'abord de charpie alcoolisée et plus tard de charpie imbibée de teinture d*iode.
2î. A beaucoup souffert; a eu la fièvre toute la soirée et pendant la nuit.
24. La journée d'hier a été assez bonne, les douleurs sont moins vives ; pas de frissons; elle a dormi cette nuit et ressent ce matin le besoin de prendre quelques aliments. P = 96.
25. Se sent mieux, l'appétit est revenu. Dort bien. P = 85. Le soir a
GâO MALADIES DES RÉGIONS.
un peu de fièvre sans frisson. La plaie a très-bonne apparence et des bourgeons charnus recouvrent les os.
30. La peau est un peu chaude ; l'appétit se maintient. Souflre peu de la plaie; rossent seulement de Tengourdissement dans la jambe. P= 104, fré(iuent et dur.
3 avril. — A passé une bonne nuit. État général meilleur. P == 90.
15. Ces jours derniers a craché un peu de sang. Craquements humides aux doux sommets.
30. Dort bien la nuit, Tappétit revient. On fait des injections alcoolisées. L'évidement se comble.
15 mai. Très-pou de suppuration; cicatrisation; plus de douleur.
:23. La plaie est formée. La malade peut faire quelques pas.
1" juin. La plaie est complètement guérie, Tétat général est satisfaisant, la malade peut marcher sans peine.
0ns. DLXXIX. — Épithélioma du talon. Amputation de la jambe^ Infection purulente. Mort, Autopsie. Abcès métastatiques du poumon. Arthrite purulente de la deuxième articulation phal'angienne du médius gauche. — Bnignet (Gabriel), soixante-treize ans, sans profession, entre le 9 mars 1874. En 1800 a senti sous le talon droit et un peu en dedans un durillon qui ne lui causait aucune douleur et qu'il a arraché. La partie sur laquelle ce durillon reposait s'est aussitôt enflammée et a suppuré. A difl'ôrenlos reprises ce malade a arraché les croûtes qui se formaient à la surface. La marche était pénible, quoique toujours possible. Il se présenta à diverses reprises à la consultation de M. Tillaux, qui cautérisa cha({ue fois la plaie et lui conseilla de la recouvrir de bandelettes de diachyloii. Le talon avait conservé sa forme, il était seulement plus Tolumineux que le gauche et un peu douloureux.
Pendant deux ans le volume du talon s'accrut lentement* mais d'une manière sensible surtout dans ces derniers temps. Le malade ne pouvait marcher qu'avec une canne. La nuit il éprouvait des élancements.
Depuis six mois il a cessé de travailler et a gardé la chambre. Les douleurs, supportables le jour, sont intolérables la nuit. L'appétit est con~ serve. Il a vu survenir trois hémorrhagies peu abondantes qu'il a arrêtée!! avec des compresses d'eau froide.
Le volume du talon atteint aujourd'hui celui du poing d'un adulte; la surface végétante est inclinée de dedans en dehors et mesure une superficie de 7 centimètres carrés. L'épiderme s'arrête sur les bords; il est recouvert de pus concrète. Le pied est déformé ; sa cambrure est exagérée ; les orteils sont relevés. Rien sur le trajet des lymphatiques du membre inférieur, ni dans les ganglions de la région inguinale.
14 mars. Amputation de la jambe au tiers inférieur ; hémostase préventive avec la bande élastique d'Esmarch. Pansement ouaté. Le calcanéum est envahi.
15. Le malade a beaucoup souffert dans la soirée d'hier et cette nuit; il accuse de violentes douleurs dans la partie amputée. P = 95.
16. A pris hier de très-bon appétit un bouillon et un potage. Il a pu dormir quatre heures cette nuit. Souffre plus qu'hier. La fièvre est moindre. P=84.
17- Dort assez bien, digestion bonne; ressent encore de temps à autre des douleurs dans la jambe. La pression sur l'appareil ne détermine point de souffrance. La peau est fraîche, P = 84.
19. Douleurs dans la journée d'hier; pas de frisson; le malade parait cependant s'affaiblir, le visage prend une couleur subictérique.
21. A eu plusieurs frissons dans la journée. Ce matin, une petite hémorrhagie a traversé le pansement. TA. 38%4. Le médius de la main gauche est tendu et douloureux ; les mouvements articulaires sont impossibles.