‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 240 sur 283 · Pas d'amélioration; même état · texte numérisé non relu

Pas d'amélioration; même état

25. La peau est chaude. Le malade semble accablé. Il a eu plusieurs frissons hier et cette nuit. La respiration est bruyante et fréquente. Râles muqueux dans toute la poitrine, délire toute la nuit. P = 120. Mort à 5 heures du matin.

Autopsie faite trente-six heures après la mort. On découvre plusieurs petits abcès métastatiques dans le poumon droit. Deux dans la moitié inférieure du lobe inférieur, tous deux ovoïdes, de la grosseur d'une noisette. — Un autre occupe le centre du lobe moyen, il est gros comme un nojau de pêche. Tous les organes présentent une dégénérescence graisseuse marquée. Cœur surchargé de graisse, surtout vers la pointe. Teinte feuille morte à la coupe ; rien dans les cavités. Le volume des reins est augmenté ; le tissu a perdu sa résistance. La rate est ratatinée, friable, et diflluente au centre. La capsule externe de cet organe présente des dépôts fibro-cartilagineux qui la recouvrent presque totalement. Ces altérations de la rate sont étrangères à la maladie. Le médius de la main gauche, qui s'était œdcmatié [au niveau de la deuxième articulation phalangienne, est incisé, et Tincision donne issue à une certaine quantité de pus siégeant dans le tissu cellulaire sous-cutané. Rien dans l'encéphale.

(Il y avait à cette époque une épidémie d'infection purulente dans les autres hôpitaux.)

Obs. DLXXX. — Épithdioma du talon. Ablation. Récidive au bout de cinq mois. Nouvelle ablation. Résection d'une partie du calcanéum. Guérison^ — Leseurre (Philippe), cinquante-sept ans, maçon , entre le 7 janvier 1874 pour un épithélioma récidivé du talon droit.

622 MAUDIES DES RÉGIONS.

Au mois d'octobre i87â il se forma au-dessous du talon un abcès qui s*ouvrit spontanément. Le malade entra dans le service de H. Tillaux. A ce moment la peau était épaisse, dure, et se décollait autour d'une ulcération de la grandeur d'une pièce de 20 centimes. Le malade sort, puis rentre dans le service de M. Panas. Après un mois de traitement par les cataplasmes et la teinture d'iode, la plaie se ferme, mais pour s'ouvrir de nouveau un mois et demi plus tard. Le malade ne pouvait marcher ni travailler. L'ulcération restait toujours ouverte sans s'élargir, mais devenait de plus en plus profonde.

Les choses restent ainsi pendant un an, puis le malade entre pour la première fois dans notre service au mois de juin 1873.

28 juin. On fait une première opération dans laquelle on enlève tout le cancer en réséquant une partie du calcanéum. L'ulcération diminua de largeur et de profondeur, mais ne tarda |ias à se rouvrir.

Cet homme entre de nouveau dans le service le 7 janvier 1874.

L'ulcération est arrondie et large de 3 centimètres. Le fond est d'un rouge sombre, bourgeonnant. Elle a la forme d'un tronc de cône à base superficielle. La peau est décollée sur les bords et présente un aspect corné. Le malade ressent des fourmillements dans la jambe, surtout dans le mollet. Los ganglions du pli de l'aine correspondant sont engorgés.

24 janvier. Le malade ayant été chloroformé, on enlève avec le bistouri tout le tissu ulcéré à 1 centimètre au delà des lèvres de la plaie. Le fond est avivé, l'os bien que normal est aussi réséqué. Pansement à plat avec des compresses imbibées d'eau alcoolisée.

5 février. — La plaie bourgeonne bien, le fond est rosé, le pourtour est bordé de tissu cicatriciel.

10. La cicatrisation continue. Pansement avec alcool glycérine. On réprime quelques bourgeons charnus exubérants avec le crayon de nitrate d'argent.

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