‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876Chapitre 14 sur 150 · COUP O'ŒIL D'ENSEMBLE SUR LES LTMPHAHGIOI · texte numérisé non relu

COUP O'ŒIL D'ENSEMBLE SUR LES LTMPHAHGIOI

J'en ai presque fiai avec l'exposé didactique ; nous d'après un ordre inverse à celui que nous avons s Les caractères cliniques des lymphangiomes varient t le volume des vaisseaux intéressés et leur siège. Oq les diviser en lymphangiomes : C du réseau sous-éi« mîque ; 2° du réseau sous-dermique ; 3' des ; lymphatiques; 4° des ganglions. Ces variétés, sauf la sième. se présentent avec les caractères anatomiquesi vants : la tumeur est un véritable écheveau vasculaire {I phangiome simple), li;s vaisseaux présenlenf à leurs t mités des dilatations vésiculeuses(l. kystique); ils soute dans un tissu lacunaire et une grande partie d'entre eu* perdu leurs caractères et sont transformés en simples fè (I, caverneux),

11 sera bon, je crois. Messieurs, avant de terminer 4 étude, de jeter un coup d'œil d'ensemble sur les phénoni__ communs que peuvent présenter les lymphangiomes; non avons vu les variélés se combiner de telle soite qu'on trouvai^

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DoDasses, la peau qui les recouvre est saine, fine, de coloadoD normale ; elle peut tout au plus prendre par transpaeoceuD reflet bleuâtre.

y Nous avons divisé les varices lymphatiques avec FoUin D ampuUaires et cylindroïdes, ces deux mots indiquent les iractères qu'elles présentent ordinairement. 4* Eofin les lymphangiomes ganglionnaires sont des néoismes bien limités, ressemblant, suivant la région, soit à des lénopathies d'une autre nature, à des lipomes, à des hernies; 1 s'accompagnent d'altérations du côté du réseau soustanédes troncs afférents devenus variqueux. Voyons maintenant quelques modifications portant : l"" sur forme de l'excrétion lymphoïde : un malade observé par marquay avait sur la face interne de la cuisse une série vésicules dont beaucoup étaient indépendantes (1) ; la seité trouble qu'elles contenaient leur donnait une coloration e qu'on eût dit une éruption confiuente d'ecthyma. On a Qparéd'autres lymphangiomes à Taréole du mamelon. Dans cas donné plus haut les téguments hypertrophiés avaient le me aspect que dans Tacné rosacée de la face. Chez la malade Fetzer, il y avait une vinglaine de tumeurs verruqueuses, it quelques-unes avaient un volume presque égal à celui mamelon.

Jà coloration est variable : ou bien elle est blanchâtre et Qche à peine sur celle des téguments ordinaires, ou bien î est rosée, violacée, analogue à celle des angiomes sanns; tout cela dépend de la manière dont les veinules :s-cutanées ont été intéressées; dans le cas de Popelov, laines parties de la peau présentaient Taspect d'une carte graphique. Chez un malade de Sydney Joues, la jambe t œdématiée et surmontée de place en place de petites nences dont la coloration pâle tranchait sur celle de ibreuses stries rougeâlres, douloureuses à la pression ime dans la lymphangite ordinaire. Le lymphangiome vaisseaux volumineux prend de plus en plus le caractère

Recherches sur la lymyhorrée et les dilatations des vaisseaux lymphati- Mém. Soc. de chirugie, 1853, t. 111, p. 139.

nS DIXIEME LEÇUN.

d'un néoplasme. Encore y a-t-il des variantes nombreuM suivant la région : à la langue, la maladie constitue unediU forniité comme an sctotum ou au pénis, A la fesse nousH avons vu un pi^diculé k son origine ; un autre de la paroi Ihoracique était divisé en moitiés égales par un sillon à direclioa transverse; la partie supérieure, longue de 8 centimèlreai large de 9, présentait plusieurs élévations fluctuantes; Il peau rouge, parcourue par quelques veinules, était lei et difduîle à plisser. Sa partie inférieure avait au coutnàs nne teinte bleuâtre; les segments parcourus par des ytàot volumineuses étaient plus lâcbcs'que dans la partie Biip6 rieure; à ce niveau on trouvait tie la iluctuation, de la donleur au loucher. A l'aine, nn put chez le malade de Nélaloi songera un angiome veineux, à une hernie épiploïque. Les raclères étaient les mômes dans le cas observé par Trélat : « ft reconnaît, disait-il lorsqu'il rapporta pour la première f( l'histoire de son malade à la Société de chirurgie, au cAI droit une hernie inguinale scrotaie... indépendamment de II hernie, le triangle de Scarpa de chaque côté est occupé pa une tumeur allongée de haut en bas; celle de droite, qui) 12 centimètres de hauleur sur 7 de large, descend un peu plu) bas que celle de gaucho, qui a i:i centimètres sur 8, celtl dernière remontant quelque peu en avant de l'arcade cruraÙ

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veol lout se borne à uq suintement comme chez un individu dont Van Dyke Carter a rapporté Tobservation : à des intervalles îrréguliers, le scrotum était humecté par un liquide séreux ou lactescent. Le liquide avait un caractère analogue chez la jeune fille au lymphangiome abdominal observée par Fetzer; elle en rendit une fois, dans le cours d'une promenade, une quantité que sa mère estimait à 125 grammes. Celte déperdition est une cause d'épuisement; le malade de Thilesen mourut tuberculeux : il est difficile de ne pas iocriminer la production primitive, de ne pas voir dans les accidents terminaux un des résultats de Tafiaissement qu'elle atait contribué à créer : « L'écoulement durait plusieurs joors et donnait jusqu'à 1 25 grammes environ de lymphe ; alors feofant devenait pâle, abattu, triste, faible; néanmoins il conlervait son appétit et ne tardait pas à reprendre sa santé. Les lymphorragies considérables se produisirent quatre ou cinq ibis par an, les écoulements légers étaient plus fréquents. »

Nous avons vu l'abondance de la lymphorragie constituer pour Billroth une indication formelle et le déterminer à entreprendre une opération grave. L*expectation résignée n'est îoère de mise : les lymphangiomes qui ont donné lieu penlant longtemps à des pertes liquides ont presque toujours eu De terminaison funeste : la malade chez laquelle Pelters décrit une tumeur de cette nature siégeant sur la grande vre gauche et qui perdit en dix-huit jours 1225 grammes î lymphe mourut d'accidents aigus.

Les troubles de nutrition sont fréquents : nous les avons )tés dans nos deux cas : Thypertrophie du membre inféeur, de la lèvre, de la paroi abdominale, etc., a été indilée par Patrick Manson, comme par sir John Fayrer. La lupart des observateurs des pays tropicaux ont essayé établir entre le développement de l'éléphantiasis et les anolalies du système lymphatique, les dilafalions simultanées î8 gros troncs en particulier, une relation de causalilé. Le imat constitue une prédisposition ; les premiers individus lez lesquels on a observé des lymphangiomes ganglionj'res venaient de Maurice et de la Réunion. Thilesen, Pet-

no niXlGME LEÇON,

ters, Pïnner, etc., ont noté une hypertrophie du membre abdominal du côté malade. Dans une observation reUtiiei un homme de 31 ans, rapportée par Sydney Jones, et cpi les détails donnés permettent de rattacher h la variété sousdermique, il y avait, outre une hypertrophie des orteils, ds nodosités nombreuses au niveau du tiers inférieur de II cuisse; plus tard ce malade eut un œdème généralisé dl membre inférieur du scrotum et du pénis (1). On peut doDC dire (jue les lymphangiomes de n'importe quel siège, de n'importe quelle forme, retentissent sur la nutrition : taolfll ils ne produisent qu'une espèce d'irritation locale et limili!^, d'autres fois ils aboutissent h l'induration des tissus voisins. II nous reste à parler des ncàdents éloiifnés ou généraut. Certaines tumeurs peuvent, sous l'indueuce d'une eau» presque banale, s'enflammer, donner lieu à une lymphangil» suraiguë; tel fut le cas pour le malade de Trélat. Le jeunJ homme d'Amussat n'avait fait qu'un exercice exagéré. Ha réveille avec de violentes douleurs dans toute la moitié droite du ventre et la région inguinale correspondante. I respiration est difficile, le faciès est abattu, il y a de la o pbalalgie, des élancements au niveau de la tumeur : l'éUl général devient mauvais, la langue est blanche et sfecha^ ta mort eut lieu moins de vingt-quatre heures après. D6I complications heureusement moins graves furent notées p Nepveu dans un cas dont il communiqua la relation à la So*

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ire à 3d*,5;' ces accidents continuèrent pendant plus d'une imaine à présenter un caractère de gravité inquiétant. Le même auteur en a vu d'analogues chez une fillette de IX ans qui portait à Taine droite un lymphangiome pris )ar une hernie; la cause des accidents inflammatoires fut ipplication d'un baiïdage un peu serré (1). Ces phénomènes B paraissent guère se montrer que dans les dilatations poriDt sur les vaisseaux inlra-ganglionnaires. Je ne voudrais Bs dire toutefois que les varices ou les lymphangiomes sudrficiels en soient exempts; les phénomènes sont moins ai- DS, ont moins de tendance à se généraliser, voilà tout. Lorsqu'il existe depuis longtemps une lymphorragie aboninte, sa suppression n*est jamais insignifiante. Nous avons 1 comment se passaient les choses dans le cas observé par Borgiewicz : la suspension de Fécoulement était suivie d'iniration douloureuse dans le voisinage. Les cautérisations mnèrent lieu à la production, à la surface de la plaie, d'un ipôt ressemblant aux fausses membranes de la diphtérie. îez l'individu observé par van Ilyke Carter, il y avait d'abord îs symptômes inflammatoires assez énergiques, tuméfac- )n, rougeur, endolorissement du scrotum, puis une lymliorragie abondante; il perdait parfois une pinte de liquide 1 vingt-quatre heures ; lorsque celle-ci avait cessé, l'urine Bvenait chyleuse.

Dans un cas rapporté par Anders, il y eut également des fmptômes inflammatoires locaux très intenses; ils aboutient à un résultat inattendu, la guérison de la tumeur. Elle occupait la moitié droite du thorax d'un enfant de deux iHs et demi : dans les premiers mois qui suivirent la naisiance, elle avait le volume d'un œuf de pigeon; elle se déveoppatrès vite, plus tard il y eut de Tinfiltralionde voisinage, la peau rougit, la consistance devint plus ferme, enfin elle donna lieu à l'issue de sérosité jaunâtre ; récoulement dura quelques jours, puis cessa. On fit des friclions à Tonguent Biercuriel 5ur la tumeur, qui diminua les mois suivants;

(i) De rinflammation des lymphangiectasies ganglionnaires. Bulletin de la Wièlé de chirurgie. 1876, n° 8.

l'eiifanl, qui avait quille Miôpltal, (lui y roiilrtr plus lard. Voici ce que racontbreDl li^s parents du malade : il sérail survenu une tuméraclion indammatoire suivie d'ouverture spnotanée donnant issue pendant quelque temps à une subslanK jaunâlre coagulable, la tumeur diminua graduellemeni, elfln fin de comple, il ne resta à sa place qu'un repli culnné(!], Diagnostic. — Les questions que le clinicien peut btw résoudre sont très simples et se préseiiteul spontanémof pour ainsi dire, à l'espril. Une allection d'une région doDil rappelle, par quelques-uns de ses caractères, celles qiieoo venons de passer en revuo. Nous nous demanderons : 1' nous avons afTaire à une production développée aux dëpOl des vaisseaux lymphatiques; %° Ji quelle variété nous deT( la rattacher. Les chances d'erreur sont variables. Les Ijd phangiomes se sont présentés à notre observation avec' caractères suivauts :

1° Éruption vésiculcuse, tumeurs verruqueuses, avec épi sissement de voisinage et changement de couleur des t6 menis ;

2° Cordons durs, sinueux, rayonnes ;

3° Tumeurs de consistance mollfi ou rénitenle, plus moins réductibles;

s donnent lieu à un écoulement

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nptioD cutanée Tésiculaire , et quand la lymphorragie surient, le doute n'est plus permis. >>

EurevaDche^ lorsqu'il s'agit de tumeurs volumineuses, il stnécessaire de faire un diagnostic plus minutieux. Aubry a ^li dans sa thèse inaugurale une division d'une véritable vaenr clinique. Il les divise en réductibles et irréductibles (1). Lorsqu'on est en présence d'une appartenant à la seconde nriété, on est tenté de croire à un abcès froid, à un kyste, à IB lipome, si elles ne se développaient lentement, sans phénoiènesintlammatoires. Ce caractère leur est commun avec les Roductions lymphatiques; mais dans la plupart des cas, on firtÎDgue le kyste à sa transparence, à sa fluctuation franche, a lipome n*esl jamais réductible, il est rarement symétrique, èls sont les principes généraux du diagnostic; notons toutefois i*on peut rencontrer pour chaque variété anatomique des IBcultés insolubles. Comment savoir lorsque Ton a affaire à icas de macroglossie analogue à ceux qu'a étudiés Wegner, il y a des thromboses lymphatiques, des dilatations varileuses, ou si, au contraire, on est en présence d'une simple fpertrophie musculaire ou conjonctive ? Nous n'avons aum moyen pour résoudre le problème avant l'examen histo* igique. ATaine, les difficultés sont moins ardues : mais elles Mit cependant plus considérables qu'à la face, au cou, D thorax. La réductibilité qui nous a tant servi n'a plus la lème valeur, car on trouve précisément des tumeurs ré* bciibles dans la partie de la région inguinale où le lymphaujkxne a son siège de prédilection. Dans le cas de Trélat Snreur fut commise; une de même ordre fut en grande Éitie cause de la complication survenue chez un de ceux b Nepveu ; on crut à une hernie, on prescrivit un bandage pn détermina des accidents inflammatoires. » On éviterait es écueils, dit Follin, en recherchant la forme, le trajet tondu, la complication d'autres varices vésiculaires ou de etits anneaux lymphatiques dilatés. »

La première question est résolue : nous sommes eu pré-^

ff) ÙÉ$ dUoiatûffis des ganglions lymphatiques. Paris, ISCH.

57* DIXIEME LEriÛN.

fience d'une tumeur formée par une altération des vaisseani lymphatiques. Reste à savoir lesquels sont inléress&r 8onl-ce les lymphatiques sous-épidermiques, sous-dermiques, les gros troues ou les canaux in Ira- ganglionnaires? On peut éliminer de prime abord les deux dernières variÉléi. le cordon dur, sinueux, forraé par un vaisseau d'un certeii | volume ne ressemble pas plus au lymphangiome ganglioa-' 1 uaire dont le type le plus frappant se trouve à l'aine. quB 1 celui-ci ne ressemble aux dilatations kystiques des réseaui. La difficulté est limitée Ji ces dernières. Rappelons-nous ce J que nous avons vu : les petites éruptions kyslîformes iirégft- I lières et qui s'éleiiderit en surface; les saillies verruqueuseta I au sommet desquelles suinte de la lymphe, et qui sembla plulât surajoutées à la peau qu'élevées de la profondeur à derme, correspondent à la première variété. Pas de troubH de la tendance à gagner en surface, tel est le caractère p thognomonique. C'est assez dire que les lymphaugîomes c verneux ressemblant aux tumeurs érectiles sanguines od tous pour point de départ le réseau sous-cutané.

Pronostic. — Quelle que soit sa forme, le lympbangioi mérite d'être pris en considération, Je ne parle pas du Iti phangiome simplede Wegner, sur lequel nous ne savonsàfK près rien. Les variétés kystiques ou caverneuses ne saura être mises sur le même pied que certains nœvi materai il gardés par tout le monde comme insignifianis et auxquelfj

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graves, aa moins les plus désagréables du lymphangiome. C'est une cause de macération de la couche superficielle de l'épiderme, d'hypertrophie inflammatoire des papilles sous-jacentes ; puis le pronostic est encore modiflé par le siège ; la macroglossie est une difformité dangereuse qui réclame Tintervention chirurgicale ; les lymphangiomes superficiels de la vulve, les varices lymphatiques péniennes donnent presque toujours ]ieu à des fistules intarissables. Poussons un peu plus loin : supposons que les vaisseaux sous-dermiques soient intéressés ; aux inconvénients habituels s'ajoutent une altération nutritive de toute la région, substitution à ses tissus normaux d'une sorte de réticulum caverneux distendu par la lymphe, formation d'une tumeur vraie envahissante. Celle qu'enleva Langenbeck, adhérant aux gros vaisseaux du cou, pénétrait jusque dans le thorax et avait contracté des adhérences avec le sommet du poumon.

Le lymphangiome ganglionnaire est le plus grave de tous, c'est dans cette variété qu'on a observé des lymphorragies exténuantes dans lesquelles les malades perdent pendant des mois parfois plusieurs litres de liquide par jour. A cela, il faut joindre la menace incessante de complications, de ces lymphangites qui apparaissent comme un coup de foudre, marchent trop vile pour permettre une intervention efflcace, se comportent comme les maladies infectieuses les plus terribles.

Ce pronostic est assez grave pour encourager les chirurgiens à intervenir, à chercher par tous les moyens possibles à guérir les lymphangiomes.

Traitement. — FoUiu voulait qu'on se préoccupât des tu^ QQeurs en question seulement dans les cas de lymphorragie, :equenous avons dit jusqu'ici montre que nous ne sommes »as tout à fait partisan de cette expectation résignée. Pour- [uoi attendre qu'il se soit fait une fistule? il y a toute sorte le chances qu'elle arrive un jour ou l'autre : bien souenl alors nous n'avons plus le choix du moment ni du pro- Sdé, il faut une intervention d'urgence. Les lymphangiomes

aW IHXÎEMK LEÇON.

mêine bénins iit; lesteiU pas slatioDiiaires ; s'ils n'onlpasde teiidauce à gagner en profondeui-, en revanche, ils s'étendeul en surface. Nous avons vu chez une de nos malades qu'une petile éruption vésîculaire primitivement limitée aux tégDmenls du triangle de Scarpa s'était étendue assez vtteàl'aiDe, puis à la paroi abdominale; elle donnait lieu à une iDOiinmodité telle que la malade désirait vivement en être débtfrassée.

Malheureusement, les méthodes que nous pussédousst plutôt paUiativcs que curatives, toutes ont à leur actif des succès et des insuccès.

M. Dérest insiste beaucoup sur le traitement médical et le changement de climat. II est certain que le séjour dans les pays chauds est la source d'affections nombreuses du système lymphatique, que les circonstauces telluHques. climitologiques surtout entrent pour une grande part dans l'étiologie. Nous ne connaissons dans nos contrées rien qui ressemble au lympfi scrotum endémique de certaines contréM de l'Inde anglaise et de la Chine. Je vous ai fait remar^M également que les premiers individus chez lesquels oaâ serva les lymphangiomes ganglionnaires de l'aîoe venan des colonies.

Sous ce rapport M. Dérest, fait une rétlexion qui me pu4 juste ; « Le médecin ne duit jamais oublier de conseillW son malade le changemont de climat. Il est incontestal

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éptea présenter, en France, des poussives intlammas formidables : il est peu probable que la prolongation ijour ait modifié leur état; puis le lymphangiome est Têtre propre aux pays chauds. Dépouillant les observapubliées jusqu'à ce jour, on trouverait probablement le cas chez des Européens qui n'avaient jamais voyagé ^hez les individus, créoles ou non, ayant fait un séjour ou moins long dans les latitudes tropicales, idministration à Tintérieur des médicaments reconsti- 8, tels que Fhuile de foie de morue, les préparations laies peuvent être impérieusement indiquées si l'indiest auémié, affaibli par des déperditions lymphatiques ées. C'est le préliminaire et Tadjuvant d'un traitement 08 ; il est inutile d'en attendre une guérison complète, léthodes chirurgicales seules appliquées h propos per- •ont de Tespérer.

a employé jusqu'ici la compression : elle n'a presque is donné de résultats satisfaisants : Fetzer ayant une horrhagie assez abondante y eut recours, il n'obtint

application locale de révulsifs et les cautérisations va- Dieux. Dans un cas de lymphangiome, nous fîmes metla surface des vésicatoires répétés, nous espérions que mite provoquée par eux amènerait une oblitération des liatiques. On peut faire dans le même but des applica-

locales de nitrate d'argent et de teinture d'iode, rer aux cautérisations locales par le cautère actuel, le lo-cautère et le galvano-cautère. Tous ces procédés sont mes, car tous ont été suivis de guérison. On en a eu égait par les injections coagulantes inlra-veineuses du voie. Dans un de nos cas, nous fîmes une solution de dorure de fer au 30"; nous n'obtînmes rien. Beau con-

le séton qu'il a vu réussir : ce procédé n'est applicable IX vaisseaux qu'il avait lui-même en vue, les gros :s lymphatiques du prépuce.

crois, Messieurs, qu'il est bon de nous rappeler ici ce nous avons vu dans les chapitres précédents; je crois

278 OIXIRME LEÇON.

que tous es procédés en question peuvent être utiles dtaj les lymphangiomes simples ou kystiques du réseau souf dermique, mais qu'ils sont inutiles ou nuisibles dans les lymphangiomes plus profouds, surtout les lymphangiomes à forme caverneuse; eufin, ils peuvent être dangereux dansla dilatation des lymphatiques iutra-ganglionnaires.

Pour toutes ces variétés, la discussion des procédés dà traitement doit porter sur un seul, l'extirpation : c*esl h ellï que je rattache l'enlèvement du tissu caverneux, tel que je l'ai pratiqué.

Dans les lymphangiomes non ganglionnaires agglomérfî, ce procédé ne compte guère que des succès à sou aclif- Nous avons obtenu une guérison radicale chez la malade qui présentait une tumeur de la paroi Ihoracique étendue presque jusqu'à l'aisselle. Langenbeck a enlevé avec le mtaa résultat, dans des conditions peut-êlre plus mauvaises, lymphaogiome du creux sus-claviculaire.

Il s'agissait dans les deux cas de uéoplasmes, mais qu'fl^ était possible de limiter. Les conditions ne sont plus tout à fait les mêmes lorsque la maladie intéresse les vaisseaux dit derme et donne lieu à une de ces productions hybrides qaî tiennent le milieu entre l'éléphantiasis cutané et les tumeurs proprement dites. On peut h la rigueur faire rablaliM

DU LYMPHANGIOME. !279

ts liquides étaient renfermés dans une trame cel- 8*étendait jusqu'au périoste du front ou de Tormailles semblaient parcourues par des vaisseaux t le réticulum avait le même aspect que dans les rectiles sanguines. L'enlèvement de cette trame aborieux par l'amincissement de la peau que nous tout prix conserver, pour ne pas laisser de cicaîuses. Grâce à nos pinces hémostatiques la dissec- :re faite sans trop de difficultés et presque sans ng; les lèvres des plaies furent suturées avec des 3 très fins. Pansement antiseptique et bandage )ressif.

oe^ les difficultés ont été faciles à surmonter, les ssez satisfaisants pour que je puisse vous recom- 3rocédé; je vous conseille même, lorsque vous au* le diagnostic lymphangiome caverneux intra-derrecourir de bonne heure ; tous les autres moyens qu'augmenter la stase lymphatique, la production m et parlant la tumeur.

ais bien pouvoir vous en dire autant au sujet des )mes ganglionnaires, revenir sur le jugement S'élalon, Trélat, Théophile Anger et ceux qui se es du sujet immédiatement après eux. Je vous ai à quelle évolution s'était accomplie dans l'élude estion : une lacune sérieuse serait remplie si le pouvait dire aujourd'hui : opérez ces tumeurs, utres, avec des précautions convenablement primvez espérer un succès. Georgiewicz, qui a commémoire par la relation d'un fait heureux, le formulant une contre-indication absolue. « Les mrs lymphadénectasiques publiés jusqu'à ce jour, trop peu nombreux pour qu'on puisse formuler des ises de traitement. Une seule est bien établie, ne doit point penser à l'extirpation radicale de 5; qu'on doit, au contraire, chez les individus qui ints, éviter avec soin toute opération capable d'in- 5 lymphatiques en connexion avec la tumeur.

880 DIXIEME LKÇON,

(^uand les malades insistent, c'est au médecio de leur d^ clarer que, pour Être débarrassés d'une inlirmité, ils s'esçosent à une mort h peu près certaine. »

Nous ne saurions qu'applaudir à ces idées que nous partagions entièrement. Je ne voudrais point cependant terminer par ce décourageant aveu d'impuissance. Autrefois, le lympliangiome ganglionnaire était un no/i me tangati Aujourd'hui, il existe dans la science au moins deux deguérison; espérons qu'ils ne resteront pas isolés, que d«l études ultérieures permettront ii nos successeurs de rt former en partie notre sentence et de considérer commsi des contre-indications relatives ce qui paraît aujourd'hui contre-indication absolue.

DU PINCEMENT PRÉVENTIF ET DU PINCEMENT DÉFINITIF DES VAISSEAUX DANS LES OPÉRATIONS CHIRURGICALES

Messieurs,

Lorsque, il y a douze ans, deux de mes internes les plus distingués, MM. Deny et Exchaquet, publièrent sous forme de monographie, reproduite dans le tome II de ces Cliniques chirurgicales^ l'exposé de notre méthode de pincement des \aisseaux, ils montrèrent tout le parti que nous en actions tiré depuis une dizaine d'années pour obtenir non seulement rhémostasie temporaire, mais encore Thémostasie préventive et rhémostasie définitive.

A cette époque, c'est à peine s'ils avaient trouvé dans la I science quelques observations où le pincement des vaisseaux

■ avait été fait par nécessité, soit à titre temporaire, soit à titre

■ définitif. Les nombreuses observations qu'ils recueillirent à

■ cette époque dans notre pratique suffisaient pour attester tout I le parti que les chirurgiens pourraient tirer de cette mé-

■ thode d'hémostasie le jour où ils voudraient l'appliquer. H Depuis lors nous n'avons cessé, dans nos leçons cliniques, B dont quelques-unes ont été publiées, d'insister sur les ressources qu*elle peut donner, et nous ne craignons pas de dire que, grâce aux faits que nous avons exposés sous les yeux d'un nombre considérable de médecins français et

0N7IÉME LEÇOM.

ëthode counslèn

étrangers, le pincement est devenu une méthode < Nous ne parlerons aujourd'hui que des services que celle-ci ! a rendue pour le piucemeal pri^veulif et pour lu pincemenl définitif au cours et à la suite des opérations.

Comme l'ont fait observer Deuy et Exchaquet, pour pni' tiquer ce double mode de pincement, il faut se servir d'instruments dont la longueur, la forme, la courbure, la disposilion des mors soient appropriées à la région ou à l'organii sur lesquels on opère. Il en ri''sulte que nous avons été ohÛgéi de faire construire par nos plus habiles fiibricauls d'instruments de chirurgie, Mathieu et Mariaud en particulier, un nombre presque iufiui de modèles de pinces dont les plusi usuels sont figurés, sous noire nom, dans leurs catalogues. C'est ainsi, par exemple, que pour ie pincement préventif d» régions membraneuses qui peuveut être aisément saisies su les deux faces, telles que les paupières, les ailes et la cl» son du nez, les joues, les lèvres, le palais, la langue, le phï rynx, l'œsophage, le rectum, la vulve, le vagin, l'utérus, l'nrëthre, les ligaments larges, l'intestin, l'estomac, la rate, et général toutes les tumeurs pédiculées ou susceptibles d'étri pédiculisées doivent être saisies avec des pinces droites oi courbes sur le plat ou sur le champ. Le volume de ces pincM l longueur et la forme de leurs mors doiv(

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