‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876Chapitre 40 sur 150 · Le malade va ^ Vincennes avec son appareil · texte numérisé non relu

Le malade va ^ Vincennes avec son appareil

Obs. LX.\1. — Fracture transversale lans déplacement du tiers mfè du fémur. Faible raccovrcisn^nent . Appareil américain. GaérÙM. Pormont (Octave), cinquante-quatre ans, polisseur, entre b avril 1879, salle Saint-Augustin, 11. La veille au soir un coupi maître l'a renversé et la roue a passé transversalement sur la ] inrérieure de sa cuisse droite.

Fiai actuel. — Le tiers inférieur de sa cuisse droik* est aa^i de volume par suite d'un épanchemenl qui occupe, en outre, le

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Tappareil silicate et on applique une simple bande compressive. 11 part pour Yincennes. «

Ois. LXXU. — Fracture par contraction muêculaire du fémur gauche i ftiatre travers de doigt au-dessus des condyks, avec deux centimètres H demi de raccourcissement. Rhumatisme intercurrent, Pseudarthrose, hjtetiùns de teinture d'iode. Consolidation sans raccourcissement, — Coil (Clément), trente-cinq ans, chaufifeur, entre le 5 février 1879, , lalie Sainte-Marthe, 14. Â eu plusieurs attaques de rhumatisme arlicolaire. La veille, il était occupé à préparer une locomotive soulevée parun cric ; il était assis, par terre, sous la machine, les deux jamkl étendues et reposant sur le sol, quand, tout à coup, la locomo- Iheretomba sur ses roues et Tatteignit légèrement dans la région bmbaire. Le malade fit un brusque mouvement de flexion du tronc ntvant, et entendit alors un craquement, en même temps qu'il ^Dvait une violente douleur au niveau du fémur gauche. Il ne fBt se relever.

État actuel, — Aucune trace de contusion ou d'ecchymose sur le Membre. La région lombaire est, au contraire, le siège d'une très légère contusion . Énorme épanchement dans l'articulation du ge- Boo. Gonflement considérable de toute la face antérieure de la cuisse Bmitéen haut par le pli de Taine et descendant jusqu'au niveau du BQl-de-sac sous-tricipital. Ge gonflement plus accentué dans le tiers Ripérieur ferait croire au premier abord à une fracture trochanté- Eienne. Crépitation sanguine très prononcée dans la région antérolatérale externe de la cuisse. Pied légèrement tourné en dehors. Crépitation et mobilité anormale à quatre travers de doigt au-dessus des condyles. On ne.peut sentir les fragments ; la fracture est transvenale. Impuissance du membre, douleurs très vives provoquées par bs mouvements et la pression au niveau de la fracture. Raccourcislementde deux centimètres et demi.

7 février.— Application d'un appareil américain modiflé. i7. — On constate que la consolidation n'est pas encore comnencée. On fait une injection iodée dans le foyer de la fracture. L'appareil américain est maintenu en place.

g mars. — Le malade a de la fièvre. T = 39*. — P = 110. Frissons, dooleurs articulaires généralisées.

10. — Rougeur et gonflement des articulations du poignet, du Mmde et des genoux. T = 39*,5. — P = 120. Potion au salicylate de loode.

15. —Môme état; la température reste toujours la môme. Doujnrs aussi vives dans les articulations. Môme traitement. Cet état se laintient jusqu'au 2 avril. A cette époque, chute de la fièvre. A partir s ce moment, le malade va de mieux en mieux. il. — Appareil plâtré.

t06 MALADIES DES OS.

28. — Pas de consolidation. Seconde injection iodée ptaUqutt comme la première fois.

H avril. — La consolidation semble s'élablii', mais ellen'ejlpu trouvée suffisante, et l'on fait une troisième injection iodée. On lu» en place l'appareil plâtré.

8 moi. — Consolidation parfaite. Appareil silicate. Il n'eiistf?" de raccourcissement appréciable.

il. — Le malade quitte le service avec son appareil poiirallffl Vincennes.

Obs. LXXIII. — Fractwe sus-condylienne du fémur droit. Perfat de» parties molles par le fragment supérieur. Arthrite purulente du jfi» contéculive. llupture de la synoviale. Désarliculalinn de la hanche. H9(. — Barry (François-Marie), cinquante-trois ans, charretier, entre 11 13 octobre 187», salle Sainto-Marthe, 22. Sujet fortement coostiM Le 11 octobre dans la soirée, il est tombé de sa voiture et n'a pni relever. U a passé la nuit sur la roule et n'a été trouvé que le leni' main. Après être resté iajournée sans traitement, il fut enfin apport! l'bApital.

État actuel. — U existe une fracture sus-condylienne du fémurdn évidente; le fragment supérieur a perforé les parties molles et les té) ments à 3 centimètres au-dessus duciil-de-sac supérieur de la synon du genou, en produisant une plaie punctiforme. comparable iM que produit le trocart. Le fragment inférieur s'est porté en arriën,! formant avec le fragment supérieur un angle à sommet dirigé en ani La jambe est dans la Qexion avec rotation en dehors. La réductioa la coaplation des fragments sont elTecluêes au moment de l'eatri et le membre est maintenu dans une bonne position au moyen del'l '. faitu uvec des pciiils, hi contve-extcujion ctantM

T M = 37". 6. s = 39". — P = 120. Même état, il. - T M = 38". S = 39', a. Le genou a tout à coup diminué de volame. Hupture du cul-de-sac supérieur delà synoviale ; Tusée du liquide du c6té de la cuisse, le long des gaincïi a po névrotiques où ton perçoit de la fluctuation et du clapotement.

a. -TM = 38", 6. — P= 118. OEdtme considérable de toute lu Cuisse. Les Tusées purulentes remontent jusqu'à la racine du membre du coté du grand trochanter. On sent à ce niveau une collection Bquide Quctuante et du gargouillement dû à la collision du gaz et du pus, La fluctuation se retrouve profondément dans toute la Ion - Sueur du membre; leTémur parait isolé au milieu du pus. Nous nous décidons h, pratiquer l'amputuLion en dernier recours.

Chloroforme. Compression de l'artère fémorale sur l'éminence ilioptctiaée. Nous n'employons pas la bande d'Esmarch, i\ cause des futttapurulentes.Amputation de la cuisse à l'union du tiers moyen avec Il Uers supérieur par la mélbode circulaire. Dès que nous avons incisé la Htiti et la couche musculaire superticielle, nous voyons jaillir un Qot de put, séreux, roussâtre, mélangé de lambeaux de tissu celluUaire, d'o- <l>ur horriblement fétide. II s'en écoule ainsi plusieurs litres. Nous prcde grandes précauUons en incisant les couches musculaires i^nfondes. afln de pouvoir saisir l'artère fémorale avec des pinces, ration que nous prévoyons difficile à cause de la désorganisation des tissus et des jets de pus qui sortent continuellement de 4oute la surface de section. Malgré ces difScultés nous parvenons fi yincer immédiatement cette artère ainsi que les autres vaisseaux, de asuière à ce que le malade ne perde pas plus de 60 à 80 grammes -4e ung. Le fémur baigne dans le pus. Le périoste est décollé et en futie détruit depuis la fracture jusqu'aux deux trocbanters. 11 n'a- Ittiire plus qu'au niveau de la cloison intermusculaire interne. Nous urions contraint de remonter jusqu'à ce point pour sectionner l'os, on entend dans l'articulation coxo-rémorate un craquequi semble annoncer une altération de celle articulation. La des désordres exigeant que l'opéialion soit reportée jusqu'à u, nous nous décidons à pratiquer la désarticulation. Dans ce s faisons une incision longitudinale à partir du grand troet comprenant toute l'épaisseur des parties molles jusqu'an Nous saisissons les vaisseaux avec des pinces, puis nous is les muscles et la capsule articulaire. Celle-ci est remplie de loucbe. L'opération terminée, nous réunissons tes bords de la lalér.'kle à l'aide de huit points de suture métallique; quinze hémostatiques sont laissées sur les vaisseaux saignants. Pniiil otiBté compressif.

ime le malade est considérablement alfaibti, nous faisons, pour limer, deux injections sous-cutanées d'éthcr avec la seringue de

Pravaï. à une demi-heure d'Jnlervatle, Nous lui faisons prendre (plement des boissons alcoolisées qui le souliennent pendant plusieim heures, mais dans la soirée il tomi» dut le coilapsus eL meurt à dix heures du sdr. Examen de la cuùse. — Le fragment tupériour du fémur oITre à sa partie aniérieun une pointe en V. C'est cette portion de lot t]ui a perforé les parties molles et la peau. Plusieurs esquilles sont indépendante] d« fragments, mais adhèrent encore au ^ rioste. Au centre du canal médullaire dl bout supérieur nous trouvons un fragmeil ^ bords irréguliers , de 3 cenlimHm de diamètre, complètement dt^laché el rei^ versé dans la lumière du canal médullm. Ce dernier est rempli de pus, aussi biendi côté du fragment supérieur que du cM inférieur. L'extrémité inférieure du fémar est divisée en 3 fragments par deui traili verticaux qui s'étendent du foyer delafrMlure jusqu'à l'articulation (Voy, tissu spongieux des condyles fémorauri ramolli, friable, complètement désoi les aréoles sont pleines de pus. L'arlil -Fracture du rdmur. tion du gonou présente les alléralioi l'arthrite purulen te: la synoviale est iDJ< tuméfiée, épaissie, en parti» masquée par de fausses merobi grisâtres, intiltrée de pus. Le cul-de-sac supérieur de la syi est rompu à son extrémité supérieure ; un stylet introduit à veau pénètre dans le foyer de la fracture. La tête dn lémur est les lambeaux de synoviale qui lui adhèrent présentent do Unes risations vasculaires inflammatoires. Les muscles de la cui: particulièrement ceux de la région antérieure, vaste interne, externe et droit antérieur, sont infiltrés, ramollis, baignés di Ils s'écrasent à la pression et se transforment en une sorte de lie pulpeuse et rougeUlre.

Flg-A.-

Obs.

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