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QU IL N Y A PAS DE PHTH1SIE PAR INFLAMMATION

cule : c'est le tubercule qui fait l'hypérémie, laquelle fait ou peut faire l'inflammation ou l'hémorrhagie. Et il en est ici du tubercule comme de toute lésion diathésique : ainsi que la tuberculose, la scrofule, la goutte, la syphilis ou le cancer, dans leurs manifestations locales, provoquent ou peuvent provoquer l'inflammation ou l'hémorrhagie. L'inflammation est un fait morbide banal, qui résulte de la présence de quelque chose qui irrite. 11 y a de l'inflammation dans le chancre induré comme dans la tumeur gommeuse, sans qu'il vienne à l'esprit de personne de dire que c'est l'inflammation qui a causé ce chancre ou cette gomme; étant de toute évidence que c'est celle-ci ou celui-là qui a engendré l'inflammation de voisinage, et que c'est la matière virulente qui a fait naître le chancre ou la gomme. Ces faits vulgaires de la syphilis s'accomplissent à ciel ouvert, sous nos yeux, et nous les savons comprendre. Serait-ce parce que ceux de la tuberculose s'effectuent dans la profondeur des poumons, en dehors de notre investigation directe, serait-ce parce que nous ne les pouvons pas voir, que nous ne les saurions interpréter? Le processus est cependant analogue, à la virulence près : dans les deux cas il y a une lésion spécifique quant à la forme et quant à l'évolution.

L'observation vulgaire et quotidienne nous fait voir que la granulation naît dans les tissus sans hypérémie appréciable (ainsi les granulations au sein d'un tissu pulmonaire rosé et des plus normaux d'aspect, au cas de mort brusque par méningite tuberculeuse (1), et mon observation est ici d'accord avec celle de MM. Hérard et Cornil, qui ont indiqué le fait).

Bien plus, la granulation est si peu le résultat d'une congestion préalable et génératrice, que l'on voit au contraire l'anémie régner dans les parties en voie de prolifération tuberculeuse. « Dès le début de ce travail morbide, dit Villemin,les parties pâlissent, il y a stase sanguine à la périphérie des tubercules en formation, stase qui s'accuse souvent par une aréole congestive (2). «

De ces faits incontestés, on peut déduire, à fortiori, que la

(1) Voir plus haut, p. 254. — Comparer Hérard et Corail, De la phthisie pulmonaire, p. 193 et 195.

mi' plus haut, sur l'anémie dea lissua qui Be tuberoulisent, p. 220,

granulation ne peut être un produit de l'inflammation et en particulier d'une bronchite, « d'un rhume négligé ». Cette affection ne peut engendrer le tubercule, car différents sont les territoires : la bronchite siégeant sur la membrane muqueuse des bronches, le tubercule dans la paroi de l'alvéole pulmonaire ; différente la circulation : celle de la muqueuse des bronches appartenant aux artères bronchiques, celle de la paroi alvéolaire à l'artère pulmonaire ; différents, enfin, les processus morbides : l'inflammation, dans la maladie de la bronche, étant simple, franche, génume, de cause tout extérieure et extrinsèque, le froid; la lésion, dans la maladie de l'alvéole, étant spécifique, de cause intime et intrinsèque. Je dis « lésion spécifique, par l'aspect extérieur, la texture propre et l'évolution ».

D'un autre côté, l'observation également quotidienne et vulgaire nous apprend que cette granulation arrivée à un certain volume et à une certaine période provoque autour d'elle l'hypérémie. Cette hypérémie ne reste pas localisée à l'alvéole, mais peut rayonner jusqu'à la muqueuse bronchique, en vertu des anastomoses entre les artères bronchiques et pulmonaires : car si l'on ne comprend pas que ces anastomoses puissent servir à transmettre, du premier système artériel au second, une inflammation qui , à peine transmise , se transformerait aussitôt , et de phlegmasique qu'elle était deviendrait tuberculeuse, on conçoit que ces anastomoses puissent être le trait d'union, presque physique en quelque sorte, d'une hypérémie, c'est-à-dire d'une dilatation vasculaire et d'un trop-plein, du système de l'artère pulmonaire à celui des artères bronchiques ; d'ailleurs, il ne s'agit pas de conception théorique, cela est : on voit l'hypérémie périphymique rayonner jusqu'à la bronche voisine, jusqu'au parenchyme pulmonaire, jusqu'à la plèvre viscérale, et y produire ultérieurement la bronchite, la pneumonie et la pleurésie. Mais cette hypérémie périphymique rayonnante met, en tant qu'hypérémie, la muqueuse bronchique en état d'imminence morbide permanente. D'où il suit que le moindre refroidissement trouvera cette muqueuse disposée à s'enflammer ; d'où enfin cette fréquence de la bronchite chez les tuberculeux.

Mais ce rayonnement hypérémique peut se faire au loin, et,

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