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QU'IL N'Y A PAS DE PHTH1SIE PAR INFLAMMATION

dant deux mois la toux resta très forte et très fréquente ; les quintes revenaient toutes les dix minutes ; de là l'emphysème et l'expiration prolongée que nous constatons actuellement. Indépendamment de ces bruits, on entendait des râles sibilants et ronflants dans la presque totalité des deux poumons. Cet homme avait donc une ancienne bronchite; après avoir « traîné » pendant quatre ou cinq mois dans cet état, il fut définitivement vaincu par le mal et dut se résigner à un repos forcé. Il languit encore pendant six ou sept mois, pour venir enfin échouer dans notre service.

A ne s'en tenir qu'à l'auscultation, cet homme, à son entrée, aurait à peine été tuberculeux, car on ne lui trouva d'abord que les râles sibilants de la bronchite avec l'expiration prolongée et la sonorité tympanique de l'emphysème : il ne rejetait d'ailleurs que quelques rares crachats muqueux analogues à ceux du catarrhe chronique. Et cependant, par l'aspect général et l'ensemble de tous les symptômes, il était aussi phthisique qu'on peut l'être. 11 avait du phthisique l'émaciation générale, la pâleur excessive, l'oppression, les doigts hippocratiques, la toux, les sueurs du sommeil, —je ne dis pas les sueurs de la nuit ; — il avait du phthisique la petite fièvre continue avec exacerbation vespérale , lièvre dont il n'avait pas conscience, car il croyait n'en avoir pas, alors qu'au moment où je lui parlais, il avait 128 pulsations et 39 degrés dans l'aisselle. Persuadé par toutes ces raisons qu'il devait avoir des tubercules dans ses poumons, j'ai fini par découvrir sous la clavicule gauche des craquements humides mêlés à quelques râles cavernuleux. Ainsi beaucoup de maladie et des tubercules qu'il faut chercher (I). Je ne doutais pas d'ailleurs qu'il n'eût des granulations disséminées dans une grande étendue de ses poumons, mais elles se dérobaient à l'auscultation. 11 n'y avait pas là non plus, à l'entrée du malade, d'iniiltration caséeuse, car on n'entendait de souffle en aucun point. Ainsi, bronchite avec emphysème, appréciables par les signes vulgaires, et quelques rares tubercules au sommet gauche j voilà ce qufon trouvait chez ce phthisique au 16 décembre IN7;>.

(l) Compare <■ lui du malade citf p. ■'■ i ••

Eh bien! est-ce la bronchite qui Ta rendu tuberculeux? ou bien est-ce parce qu'il est tuberculeux qu'il a de la bronchite? Tels sont les termes d'un grand procès encore pendant, et qui le sera longtemps, toujours peut-être; car à peine est-il jugé dans un sens qu'on recommence aussitôt à l'instruire dans un autre. Pour nous il n'y a pas doute : le tubercule fait l'inflammation, et non l'inflammation, le tubercule. Si certains faits invoqués semblent démontrer l'origine inflammatoire de la tuberculisation, il est facile de voir qu'ils ont été insuffisamment recueillis et faussement interprétés. Ici, par exemple, la maladie semble avoir débuté par une inflammation, mais ce début n'a été q\ïapparent, le mal datait de plus loin; déjà s'étaient produits des troubles généraux de la santé ; déjà notre homme maigrissait et pâlissait, c'est-à-dire qu'il était malade de tout son être; déjà il toussait même, c'est-à-dire était malade de ses poumons; déjà, enfin, il y faisait du tubercule avant d'y faire de la phlegmasie ; et le tubercule préexistant a fait localiser la phlogose là où était l'épine. Jugez vous-mêmes.

Dans le cours de l'année précédente, cet homme, qui avait les préoccupations pécuniaires que je vous ai dites, avait pâli, maigri, perdu une partie de ses forces et de son entrain; il n'avait pas seulement (d'haleine un peu plus courte », il avait de temps en temps une « petite toux sèche » . Il continuait néanmoins ses travaux. Or, c'est dans ces conditions que, son associé se mariant, il fait tous les préparatifs de la noce, y prend la part la plus active, y danse beaucoup, ne se couche pas de deux nuits, et le troisième jour de ces excès, à son réveil, il est pris d'un « gros rhume », avec extinction de voix, et d'une vive douleur au cou, que nous reconnaissons siéger le long du pneumogastrique gauche, car elle n'a pas cessé depuis lors. N'est-il pas évident que la fatigue, le refroidissement, après une transpiration abondante, ont été l'occasion d'une laryngo-bronchite? Mais n'est-il pas moins évident que si les accidents aigus ont cessé, si la laryngite s'est éteinte, la bronchite s'est éternisée? et qu'enfin si le malade n'a su ni pu en guérir, c'est parce qu'il était tuberculeux?

L'inflammation, non plus que l'hémorrhagie, ne fait le tuber-

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