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PNEUMONIE CASÉEUSE ET SON DIAGNOSTIC

critique ; je ne cherche pas plus à m'excuser qu'à accuser autrui. Je fais de la science, et je la fais avec sincérité.) Donc on a pris, et Terreur est des plus naturelles, la pneumonie caséeuse pour une pleurésie. MM. Hérard etCornil(l) citent l'exemple d'une malade qui toussait depuis deux ou trois mois, qui avait craché un peu de sang, et, à ces symptômes, joignait un point de côté et de la dyspnée. A droite, il existait une matité appréciable dans tout le tiers inférieur du poumon, et, étant donnée cette matité absolue, l'absence d'expectoration, etc., on avait diagnostiqué une pleurésie pseudo-caverneuse. La malade mourut, et, à l'autopsie, on ne trouva pas trace d'épanchement dans la plèvre, mais bien une infiltration caséeuse de la presque totalité du poumon droit, d'où matité et souffle vers le point où l'on supposait qu'existait l'épanchement. Et cette erreur n'est pas la seule que mentionne l'excellent ouvrage de mes collègues.

D'un autre côté, rien n'est fréquent comme la pleurésie chez les tuberculeux, et, puisqu'on méconnaît de la sorte son existence, il est de la plus grande importance de s'assurer avec soin si tous les signes de la pleurésie existent réellement et de noter, en particulier, l'absence ou l'exagération des vibrations thoraciques.

Enfin, dans la pneumonie caséeuse, indépendamment de l'exagération des vibrations thoraciques, il peut y avoir abolition complète du murmure vésiculaire et absence de souffle tubaire, de telle sorte que, dans ce cas, c'est encore l'exagération ou l'absence des vibrations qui devra vous conduire tout particulièrement au diagnostic.

Un symptôme sur lequel insistent également MM. Hérard et Cornil, c'est l'intensité très rapide delà dyspnée et des accès de suffocation. Ces faits se sont réalisés chez notre malade et semblaient encore motiver notre diagnostic.

Laissez-moi maintenant, pour terminer, vous dire quelques mots de la pleurésie /tsrinfo-caverncme, c'est-à-dire dans laquelle «m entend du souffle amphorique et du gargouillemcni, comme s'il y avait une excavation pulmonaire.

(1) tférard ri Cornil, De lu phihisie pulfhonaire, p, 499;

Cette maladie, très bien décrite par Barthez et Rilliet en 1853, par Béhier en 1854, et enfin par Landouzy en 1856, avait été entrevue par Ghomel, qui avait dit, comme en passant, dans son Traité de pathologie générale, que, dans la pleurésie, certains bruits pouvaient simuler l'existence d'une caverne, sans que cependant celle-ci existât réellement. Dans certaines pleurésies chroniques, on peut, en effet, percevoir, comme l'ont établi Barthez et Rilliet, un bruit amphorique simulant l'existence d'une cavité, une sorte de bruit de gargouillement, sans que cependant l'autopsie ait démontré la présence d'une excavation dans l'épaisseur du parenchyme pulmonaire . Dans ce cas, au contraire, le tissu du poumon est condensé, et ce serait, d'après les auteurs que je viens de citer, à la transmission des bruits bronchiques, ainsi modifiés par l'induration du parenchyme, qu'il faudrait rattacher le souffle et les bruits pseudo-cavernuleux. Béhier, l'année suivante, observa ces mêmes symptômes dans deux cas de pleurésie aiguë, où il existait un souffle amphorique notable, sans gargouillement, et il donna de ce fait une explication semblable à celle de Barthez et Rilliet. Enfin Landouzy, ignorant les travaux de ses prédécesseurs, était arrivé aux mêmes conclusions. 11 était même allé plus loin, car il a vu des formes de pleurésie, avec souffle amphorique, comme MM. Barthez, Rilliet et Béhier, dans lesquelles, après la ponction, alors que le liquide avait été complètement évacué et que le parenchyme pulmonaire devait être revenu sur lui-même, les bruits amphoriques persistaient avec la même intensité. Il a également cité des cas de pleurésie avec fausses membranes, accompagnés ou non d'épanchement, dans lesquels se produisait encore ce même souffle amphorique. De sorte que, dans l'état actuel de la science, on ignore complètement comment ces bruits peuvent se produire, puisque des fausses membranes suffisent pour les déterminer.

De tout ce qui vient d'être dit, rappelez-vous ceci, à savoir que, toutes les fois que vous vous trouverez, chez un tuberculeux, en présence de signes d'inflammation non douteux, croyez plutôt à une pleurésie qu'à une pneumonie caséeuse, et cherchez avec soin l'état des vibrations thoraciques.

Quand vous supposerez une pleurésie diaphragmatique, n'omet-

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