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ACCIDENTS NERVEUX CHEZ CERTAINS PHTHISIQUES

à moi, pour la première fois, de faiblesse et d'impotence des membres supérieurs et surtout du bras droit. La veille, en tricotant, dit-elle, l'aiguille lui est tout à coup tombée des mains et elle a été incapable de la reprendre comme de continuer; depuis ce moment, tout mouvement de précision est devenu impossible et la faiblesse est telle que la malade ne peut ni saisir sa cuiller de la main droite, ni la porter à sa bouche. Ainsi, la main, l'avant-bras et le bras droits sont également paralysés. Les mouvements du membre supérieur gauche sont un peu plus faciles, bien que très imparfaits.

Gomme mon intention avait été fortement éveillée par le fait de ma malade devenue, peu de jours avant sa mort, si inopinément paraplégique, je résolus d'examiner dans tous ses détails ce nouvel incident paralytique.

Le lendemain, les membres supérieurs semblaient très lourds; ils étaient difficilement et lentement soulevés. Les mouvements des doigts s'accomplissaient avec lenteur; ils s'étendaient et se fléchissaient à peine du côté droit; il leur était impossible de serrer ou de saisir des objets même volumineux. Enfin, il y avait une insensibilité absolue de la main droite, du poignet et du tiers inférieur de l'avant-bras droit, surtout prononcée à la face dorsale du membre; j'ajoute qu'un œdème léger se remarquait à la face dorsale de la main.

Je recherchai si la température locale était resiée la môme dans les deux membres inégalement paralysés, et je trouvai que celui où la sensibilité était abolie avait 1 degré de plus que celui où la sensibilité persistait : ce qui est d'accord avec les recherches que j'ai faites sur l'élévation de la température locale au cas de paralysie récente de la sensibilité par lésion des centres nerveux. Ainsi, à la face dorsale de la main droite, anesthésiée, la température était de 34°, 2, tandis qu'à la même région du côté gauche, elle n'était que de 33°,2.

Je ne peux m'empêcher de vous signaler, en passant, celle particularité remarquable qu'il y avait 36°,8 seulemenl dani l'aisselle, bien que la malade eûl 72 respirations par minute et l.'Ji pulsations, et bien qu'elle fût en proie à une asphyxie progressive, à laquelle elle succomba dans la nuit, quatre joun aprè$ l'ajtjm-

rition de ses accidents paralytiques. L'asphyxie terminale était donc ici hors d'état d'élever la température, comme nous verrons qu'elle le fait chez ceux dont l'organisme est sain, moins les poumons (1). C'est qu'en effet cette femme était réellement phthisique de toutes parts, aussi bien par ses poumons, qui étaient si fortement tuberculeux, que par son foie, qui était gras, et par ses reins, qui étaient atrophiés. Son organisme entier, frappé de déchéance, faisait trop peu de calorique par ses organes d'hématopoièse, pour que la cessation de la réfrigération pulmonaire par ses poumons pût élever la température centrale.

A l'autopsie, nous trouvions ses poumons tuberculeux dans presque toute leur étendue, avec des cavernes aux sommets, des tubercules caséeux et des granulations miliaires. Il y avait aux bases une congestion intense, qui avait produit l'asphyxie terminale. Le foie était gras, les reins petits et ratatinés.

La dure-mère rachidienne était distendue, à sa partie inférieure, en forme de poche qui, incisée, laissa écouler un grand verre de sérosité. La pie-mère présentait une injection vineuse. • La moelle était saine ou du moins n'offrait aucune lésion apparente à l'œil nu. Je ne trouvai rien au renflement cervical qui pût expliquer la paralysie des membres supérieurs.

Je n'examinai pas suffisamment le cerveau, ne pensant pas devoir y trouver la cause de cette paralysie bilatérale des membres supérieurs. A cette époque, les belles recherches sur les localisations cérébrales n'étaient pas encore faites ; on commençait à peine à connaître celles sur l'aphasie, de Broca.

Le 24 février 1867, un jeune homme de dix-neuf ans, atteint de phthisie chronique fébrile continue, éprouve pour la première fois, en même temps que de l'engourdissement tout le long du bras droit, un sentiment de faiblesse. Ainsi, il ne peut se servir de sa main pour saisir sa cuiller et la porter à sa bouche; il serre moins bien de cette main que de la gauche. La sensibilité est un peu obtuse dans ce membre. Les muscles y sont douloureux à la pression, le deltoïde surtout. Le malade a ressenti de la douleur avant d'éprouver de la faiblesse. 11 n'y a pas eu de mouve-

(1) Voir, plus loin, la leçon LXXXIII sur les Températures élevées excessives.

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