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PARALYSIES LOCALISÉES CHEZ LES PHTHISIQUES

Ferrier, est en rapport avec les mouvements du membre supérieur.

On peut rapprocher de ce fait intéressant quelques cas de traumatisme limité du crâne mentionnés par les auteurs. Ainsi, ce fait cité par Parent, d'un coup violent sur la tête déterminant une nécrose très circonscrite du pariétal « dans l'étendue d'une pièce de douze sols »; au point correspondant à la nécrose, l'arachnoïde était enflammée sur une largeur « de plus de 3 pouces », et pendant la vie il n'y avait eu, au milieu de quelques symptômes de méningite mal accusée, qu'une parésie du bras droit. Ainsi encore, dans un cas cité par Lallemand, quinze jours après le choc du sommet de la tête contre l'angle d'une cheminée, le bras droit s'affaiblit d'abord, puis la jambe, et, cinq jours plus tard, à l'autopsie, on trouve un abcès de « 4 lignes de diamètre à la partie moyenne de l'hémisphère gauche » .

11 s'agissait donc, vraisemblablement, dans le cas de deux de mes malades, de lésions de la substance corticale, telles qu'on en observe dans certains cas de méningite. On sait, en effet, et on ne le sait bien que par les fécondes recherches de M. Charcot et de ses élèves, que les lésions de la substance corticale des hémisphères donnent lieu à des paralysies limitées, transitoires et variables, analogues à celles que MM. Garville et Duret ont obtenues expérimentalement.

« Ces paralysies, dit M. Charcot, se voient chez l'homme, dans les ramollissements superficiels, dans les hémorrhagies superficielles, dans la méningite et dans la paralysie générale (1) », c'est-à-dire dans les affections qui n'intéressent que la superficie des hémisphères, la substance grise des circonvolutions.

« Par opposition à l'hémiplégie par lésion centrale, ajoute M. Charcot, hémiplégie totale, envahissant tout un coté du corps et offrant toujours les mêmes caractères, la paralysie par lésion corticale est anomale, partielle, de telle sorte qu'elle peut n'être qu'une monoplégie ou n'intéresser que la face seule.

(1) Charcot, Cours d'anatomie pathologique professé à la Faculté de médeoine en juin 1875; leçons inédites citées dans la très remarquable thèse dfl L. Landouzy (Contribution à l'étude des convulsions et paralysies liées aux méningo-encéphalites fronto-pariétales, p. 17. Paris, 1876).

<( Ces paralysies isolées sont caractéristiques d'une lésion corticale, parce que la substance corticale est seule susceptible de dissocier les mouvements. »

A l'appui de ces propositions, le docteur Landouzy a accumulé des faits, d'où il résulte que, dans les cas de méningite, « les exsudats et les granulations, cheminant d'ordinaire de la base vers la convexité, en suivant les branches sylviennes, les branches pariétales surtout, ces exsudats devront, par ramollissements inflammatoires ou nécrobiotiques, intéresser successivement, en suivant la marche même des lésions et la position des points moteurs, le bras d'abord, puis la jambe (4). »

A l'occasion de faits semblables aux miens, de paralysie localisée aux membres supérieurs, pensez donc à quelque lésion cérébrale, d'origine probablement tuberculeuse, et cherchez-la bien à la surface des circonvolutions. Sachez aussi que cette complication n'est pas indifférente au pronostic, car elle précède de peu de jours la mort du malade, qu'elle contribue à accélérer.

A côté des troubles de la motilité, il importe de vous signaler ceux de la sensibilité. Indépendamment des douleurs intercostales, qui sont le fait d'une névrite symptomatique (et dont je vous ai parlé à propos des points de côté (2)), les phthisiques peuvent éprouver des douleurs à trajet comme h siège nettement déterminés, qui sont des névralgies; et des douleurs sans siège précis, douleurs de totalité, qui affectent surtout les membres inférieurs et semblent résider dans l'ensemble des tissus constituants (muscles, os, articulations) ; douleurs auxquelles on a successivement donné le nom d'art lu algie et de mélalgie.

Parmi les névralgies, la sciatique est surtout intéressante, non seulement parce qu'elle peut être très rebelle, mais parce qu'elle m'a paru, dans deux cas, nettement coïncider avec le début de la tuberculisation pulmonaire.

Ainsi, chez un homme de cinquante ans, qui n'avait jamais été malade. Cet homme, d'une activité dévorante, menait de front, depuis deux années, deux industries considérables, ce qui

(1) Landouzy, loc. cit., p. 71.

(2) Voir t. I, leçon XXV.

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