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MALADIE CHRONIQUE FONCTION MORBIDE

des crachats perlés plus ou moins abondants, et toujours innocents. Or, survient-il un désordre dans la santé générale, par un écart de régime ou une fatigue excessive ; plus encore, une maladie générale aiguë est-elle imminente, aussitôt il y a diminution ou suppression du flux habituel, qui ne reparaît qu'avec le retour de la santé antérieure, dont il devient l'indice et la confirmation.

Qu'on le sache bien, ce n'est pas la quantité du pus sécrété par un exutoire qui fait office bienfaisant de révulsion ou de dérivation — cette quantité est le plus souvent insignifiante — la chose est tout autrement complexe; c'est à titre de fonction morbide, comme phénomène de compensation ou de substitution, et en vertu de l'aphorisme hippocratique modifié : Duobus morbis simul obortis, debilior obscurcit alterum.

J'ai discuté la question d'utilité ou d'opportunité de l'opération de la fistule chez un tuberculeux : l'opération n'est vraiment pas discutable chez le phthisique avancé, pour lequel elle est sans utilité et chez lequel elle n'a guère chance de réussir ; de sorte qu'on est, en résumé, autorisé à dire que la fistule à l'anus ne peut pas se guérir chez le phthisique qui finit ; et qu'elle ne doit pas être guérie, sans précaution dérivatrice, chez le tuberculeux qui commence.

Il est enfin un point de pratique, — et non le moins important au diagnostic, au pronostic comme au traitement, — que je veux faire ressortir, à savoir que la production spontanée d'un phlegmon ou d'un abcès à la marge de l'anus, à plus forte raison d'une fistule, indique la débilité ou la débilitation actuelle de l'organisme ; qu'elle doit ainsi faire craindre pour l'avenir ; qu'elle impose au médecin l'obligation d'explorer attentivement l'état des poumons, surtout si l'individu tousse, s'il est atteint d'une affection légère encore en apparence de l'appareil respiratoire ; spécialement si cette affection est une pleurésie, dont on peut alors soupçonner, puis déterminer l'origine tuberculeuse. J'ai assez dit ce que devaient être alors l'hygiène générale, le traitement de l'accident anal et la médication dérivatrice, pour n'avoir pas à insister davantage.

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