SOIXANTIÈME LEÇON
Pouls veineux du dos de la main dans certains cas de phthisie pulmonaire. — Trois conditions nécessaires : 1° anhématosie, le sang artériel étant chargé d'acide carbonique; 2° grande fréquence du pouls; 3° force d'impulsion du cœur. — Mécanisme différent de celui du pouls veineux des jugulaires : ici, le pouls étant dû à une régurgitation, par insuffisance tricuspide ; là, à une parésie vasculaire résultant de l'asphyxie, et permettant le passage du sang des artères dans les veines avec persistance de l'impulsion cardiaque : la transformation du courant intermittent en courant continu n'ayant pas eu lieu par suite de la parésie vasculaire. — Le pouls veineux indice de mort très prochaine.
Messieurs,
Quatre fois en cinq ans, c'est-à-dire sur quatre phthisiques arrivés à la période ultime d'une phthisie fébrile continue, j'ai observé le phénomène suivant : dans les veines du dos de la main des battements isochrones aux pulsations artérielles ; ce qu'on peut appeler le pouls veineux du dos de la main.
La première fois que je constatai le fait, c'était en 1873, le 12 juillet, à l'hôpital Saint-Antoine, chez une femme de trentedeux ans, atteinte de phthisie pulmonaire à forme bronchitique, à type fébrile continu, le pouls battant -120 fois par minute, la température axillaire atteignant fréquemment 40 degrés dans l'aisselle; et qui était parvenue aux dernières limites de l'asphyxie tuberculeuse.
11 y avait une coloration cyanique des extrémités, et les veines dorsales de la main se dessinaient en bleu intense sur le fond blanc, presque diaphane, de la peau. Dans ces conditions, le matin du 12 juillet, je vis ces veines bleuâtres, turgides, flexueuses, animées de battements très évidents, surtout manifestes aux angles de courbure, dont l'inflexion se redressait légèrement ; plus manifestes encore si, comprimant un peu le poignet de