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POULS VEINEUX DU DOS DE LÀ MAIN

manière à y entraver la circulation veineuse, on rendait ces veines encore plus turgides ; battements veineux, plus visibles d'ailleurs que tangibles ; l'impulsion de la paroi veineuse ne frappant pas le doigt explorateur comme celle de la paroi artérielle ; mais l'œil pouvant compter, comme le faisait le doigt placé sur la radiale, le nombre des pulsations veineuses, et constater ainsi leur synchronisme avec les pulsations artérielles.

Ce phénomène (dont je rendis témoins les élèves et en particulier mon interne, M. Léon Andral, ainsi que les médecins qui suivent ma visite), j'essayai de l'analyser aussitôt dans tous ses détails.

Et d'abord, il était facile de voir que ce pouls veineux du dos de la main n'était ni analogue ni de même ordre que le pouls veineux des jugulaires. En effet, chez cette malade il n'y avait pas de souffle à la base du cœur, et par conséquent pas d'insuffisance tricuspide ; pas plus qu'on ne voyait de battements dans les veines de son cou, qui étaient petites, très grêles même, comme sont les jugulaires des individus arrivés au dernier degré de l'émaciation, et parfaitement immobiles. Or, si ce pouls veineux dorsal de la main avait été dû au reflux du sang du ventricule droit dans les veines de la main, le pouls veineux aurait été à fortiori plus évident aux jugulaires, où le reflux eût été plus intense, en raison de leur plus grande proximité du cœur; et c'est ce qui n'était pas. D'ailleurs, si ce pouls veineux du dos de la main avait dérivé du centre cardiaque droit par reflux du ventricule vers les gros troncs veineux, et de ceux-ci vers leurs affluents, la compression du poignet, entre ces affluents et les gros troncs, eût fait disparaître le pouls, faisant cesser le reflux; et c'est encore ce qui n'était pas, le pouls veineux de la main en étant rendu plus intense au contraire.

Ainsi le pouls veineux dorsal de la main, que je venais de découvrir, avait une origine et reconnaissait un mécanisme différents de ceux du pouls veineux cervical, du pouls veineux de Lancisi;ce n'était pas un reflux qui le produisait; ce n'élail pas du cœur droit qu'il venait.

Il fallait donc, de toute évidence, qu'il vînt alors du cœur gauche. Mais comment? Par quel mécanisme pouvait-il ainsi

s'être propagé de celui-ci aux artères, de ces artères aux capillaires et de ces derniers aux veines des extrémités ?

Il faut se rappeler que le cœur débite, d'une façon inconsciente, la même quantité de sang dans le même temps pour la même contraction ; qu'il en est ainsi des grosses artères, simples canaux de transport, n'intervenant que passivement dans la circulation et pour charrier le sang aux capillaires. 11 faut se rappeler qu'entre ceux-ci et les artères volumineuses, aux confins de la circulation artérielle, se trouvent les vaisseaux répartiteurs, les artérioles contractiles, douées de muscles animés par le grand sympathique vasculaire, les nerfs vaso-moteurs. Eh bien ! ce sont ces petits vaisseaux contractiles qui distribuent aux organes le sang dont ils ont besoin pour leur fonctionnement, et au prorata de ce fonctionnement ; et ce sont les muscles vasculaires qui donnent à ces vaisseaux leur contractilité. C'est donc grâce à la puissance musculaire des petites artérioles, des artérioles capillaires, que, d'une part, la répartition équitable, sagace, nutritive et fonctionnelle se fait des vaisseaux aux organes ; comme c'est grâce à cette même puissance musculaire que, d'autre part, le mouvement systolique de progression du sang se transforme en un mouvement continu.

J'arrive ainsi à la pathogénie du pouls veineux périphérique.

C'est ici qu'intervient un premier fait pathogénique considérable, lequel est Y asphyxie; l'asphyxie, c'est-à-dire I'anhématosie, la surcharge d'acide carbonique dans le sang artériel, par le fait de l'impotence hématosante des poumons tuberculeux ; alors les artères de la grande circulation charrient un sang de moins en moins artérialisé, de plus en plus chargé d'acide carbonique. Maintenant, quelle relation entre cette pléthore d'acide carbonique et le pouls veineux du dos de la main ?

Cette relation, la voici, je crois :

Paul Bert a démontré, dans des expériences très concluantes, que des muscles vivants plongés dans une atmosphère d'acide carbonique y perdent rapidement et complètement leur contractilité ; et que cette perte y est plus complète comme plus rapide que pour les mêmes muscles plongés dans une atmosphère d'hydrogène ou d'azote ; que, de môme, chez des rats nouveau-nés,

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