‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 141 sur 282 · FOYERS MORBIDES LOCAUX THERMOGÈNES · texte numérisé non relu

FOYERS MORBIDES LOCAUX THERMOGÈNES

Maintenant, si l'hypérémie locale n'est pas le seul facteur dans rhyperthermie locale, au moins y intervient-elle pour une part considérable, ainsi que cela est évident chez notre malade de la salle Sainte-Glaire, au cas d'hémoptysie, où il y a, non plus travail moléculaire intime, combustion interstitielle, mais deux simples faits physiques consécutifs, « trop de sang dans les vaisseaux, puis rupture de ceux-ci ; » et où l'on voit néanmoins la température locale s'élever avant l'hémorrhagie, pendant l'hémorrhagie et après l'hémorrhagie ; étant d'ailleurs le plus élevée avant l'hémorrhagie — c'est-à-dire au moment de la fluxion hémor rhagipare — au moment du c< trop-de-sang » dans les vaisseaux

Ces chiffres thermiques ne sont d'ailleurs pas contradictoires à ce que nous savons de l'état anatomique du poumon dans la tuberculisation commençante : le tissu du poumon peut être pâle, mais chaque granulation qui se développe est le siège d'un travail intime trophique qui produit du calorique et que j'appelle « hypérémie trophique tuberculeuse ».

Je pense que la surélévation locale de la température des deux premiers espaces intercostaux, alors que la température reste normale, c'est-à-dire relativement plus basse, aux espaces intercostaux inférieurs, et surtout si la surélévation est disparate d'un côté à l'autre, pourra renseigner sur la nature de l'hémoptysie, quand celle-ci se produit sans signe encore de tuberculose, et que la question est de savoir s'il s'agit d'une hémoptysie tuberculeuse, ou d'une hémoptysie idiopathique, supplémentaire ou cardiaque. En effet, ces trois dernières variétés d'hémoptysie ne se font point aux sommets pulmonaires ; si donc la température est plus élevée en ces points, c'est, ou que l'hémorrhagie s'y est faite, et, dans l'espèce, elle est tuberculeuse ; ou, si ce n'est pas là qu'a eu lieu l'hémorrhagie, si ce n'est ainsi pas elle qui a élevé localement la température, cène peut ôtre qu'une lésion locale, laquelle ne peut ôtre que tuberculeuse : le dilemme est inévitable.

Tenez ! voici un fait bien curieux et bien probant : une femme de vingt-huit ans entre le 28 septembre dernier dans mon service (salle Sainte-Glaire, n° |6), pour des hémoptysies, mais des hémoptysies forl singulières.

456 LES TUBERCULEUX ET LES PHTH1SIQUES.

Cette jeune femme, dont la mère est morte de carcinome utérin et le père d'hémorrhagïe cérébrale, et qui n'a par conséquent aucun antécédent tuberculeux, a toujours été bien portante ; réglée à treize ans, elle continue jusqu'à l'époque de son mariage d'être bien menstruée, sans présenter d'accidents. Mariée à dixneuf ans, elle est prise trois mois après d'un crachement de sang; depuis cette époque, c'est-à-dire depuis neuf ans, elle a tous les mois des hémoptysies assez abondantes, qui présentent cette particularité de terminer chaque période menstruelle ; ainsi, les règles durent quatre jours, puis la malade éprouve du malaise accompagné d'un peu d'oppression, et le sang part sous forme d'hémoptysie.

Ces crachements de sang durent deux ou trois jours ; pendant ce temps on n'entend à l'auscultation de la poitrine que quelques râles de congestion, seulement vers les bases, mais on ne trouve, après l'examen le plus minutieux des sommets, aucun signe de tuberculisation pulmonaire ; du reste, la malade se porte très bien : il n'y a ni fièvre, ni toux, ni amaigrissement, et ses crachements de sang ne l'empêchent pas de s'occuper de son métier.

30 septembre. — La malade a été prise de crachements de sang hier, peut-être plus abondants que d'habitude ; le sang n'est mêlé d'aucunes parcelles alimentaires. On ne trouve aucun signe à l'auscultation des poumons.

1er octobre. — La malade, quoique généralement bien réglée, a eu deux fois en quinze jours ses règles, de sorte qu'elle se trouve en ce moment en pleine époque menstruelle.

3 octobre. — Les règles ayant cessé, la malade est prise devant nous de crachements de sang assez abondants, accompagnés seulement de sensation de plénitude et de chaleur derrière le sternum.

Tempéra! lire au deuxième espace intercostal droit. . 3j°,n

— axillaire 37°

5 octobre. — Les crachements de sang persistent, peut-être plus abondants qu'hier ; cependant la malade continue à se bien porter.

Température au deuxième espace intercostal droit. . S6°,2

— axillaire o7iJ

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