TEMPÉRATURE PARIÉTALE DROITE
Au moment de l'accident 86%4
Seize heures après 36 -.s
Le 3e jour r" ".• '
Le 4e jour 36">9
jour
Le 7U jour M -1
L<- 8« jour
On remarquera que la température locale du côté oppoié a la
perforation s'éleva les deuxième, troisième, quatrième et cinquième jours après l'accident ;
Que cette surélévation ne fut ni parallèle ni semblable à celle du côté de la perforation ; à gauche, la température étant plus élevée le deuxième jour ; à droite, le troisième (voir le Ier tableau) ;
Que la température locale du côté de la perforation baissa à partir du quatrième jour et ne cessa de baisser jusqu'à la mort ; tandis que la température locale du côté opposé à la perforation, qui s'éleva médiocrement dans les premières heures de l'accident, s'éleva d'autant plus que la température baissait davantage du côté de la perforation ; qu'ainsi, le quatrième jour après l'accident, elle dépassait celle-ci de 1°,4 et de 1°,4 le cinquième jour (voir le Ier tableau).
Or, cette température plus élevée du côté opposé à la perforation ne se peut concevoir que par un acte de suppléance, ou mieux, par ce simple fait que le poumon gauche étant supprimé par la compression de l'épanchement gazeux, tout le sang de l'artère pulmonaire devait se porter à droite et y élever d'autant la température. Qu'il n'y eût là, d'ailleurs, qu'une hyperthermie fonctionnelle et non une hyperthermie morbide, phlegmasique ou autre, la chose étant démontrée par ce détail que la température axillaire était à peu près invariablement restée aux alentours de 37 degrés (37 degrés et37°,,3), alors que la température pariétale droite s'élevait de 1 degré et davantage (voir le Ier tableau). (Dans un cas tout récent la température locale du côté de la perforation était également de 0°,6 plus basse que du côté opposé.) C'était donc un fait physique, la disparition du poumon et son remplacement par des gaz à gauche, qui abaissait, de ce côté, la température pariétale ; comme c'était un autre fait physique, l'arrivée d'une plus grande quantité de sang dans le poumon droit, qui élevait de ce côté la température pariétale.
Ainsi se trouve enfin expliquée cette apparente discordance des chiffres thermiques axillaire, pariétal gauche et pariétal droit.
Mais le fait qui importe le plus au sujet qui nous occupe (et que je veux surtout mettre en forte saillie), c'est la démonstration de l'existence de foyers morbides locaux thërmogènes, fabri-
cateurs spontanés de calorique, indépendants de la température générale, et modificateurs de celle-ci.
Dans la phthisie aiguë, à forme typhoïde surtout, la température locale est généralement très élevée, comme l'axillaire; mais je crois que la disparité dans les chiffres de la température locale d'un côté à l'autre, par exemple un écart d'environ 1 degré, pourra servir au diagnostic dans ces cas où il est parfois si difficile à établir.
Ainsi, à quelque phase de la tuberculisation pulmonaire que soit pratiquée l'investigation thermométrique locale, toujours elle révèle une élévation locale de la température ; et cette hyperthermie ne se peut concevoir sans hypérémie concomitante et génératrice. Il y a donc hypérémie, aussi bien dans la'phase de la respiration saccadée que dans celle des craquements et dans celle des hémorrhagies ou des phlegmasies ulcéreuses ; c'est-à-dire qu'il y a, dans la première phase, hypérémie trophique tuberculeuse, hypérémie nécessaire au développement du tubercule et circonscrite aux points mêmes où le tubercule est en voie de germination; tandis que, dans les autres phases, l 'hypérémie rayonne, par irritation, du tubercule formé aux points du parenchyme, intacts pour y engendrer la congestion, l'hémorrhagie ou l'inflammation. Or, nous avons prise sur l'hypérémie, et sur l'hypérémie seulement; il importe donc de la modifier et d'empêcher l'hypérémie trophique, localisée encore, de devenir rayonnante et d'aller au loin altérer le parenchyme ; c'est là le rôle de la révulsion, et, en vérité, ce rôle est efficace, attendu qu'on voit toujours l'hyperthermie locale amoindrie à la suite de la révulsion locale pratiquée.
Le fait est très évident au cas suivant, recueilli par un de nus bons élèves, M. Dubrac. Chez un jeune homme atteint de tuberculisation pulmonaire de date récente (six mois environ), encore peu avancée quant à ses lésions (respiration saccadée avec craquements secs aux sommets) et sans fièvre, la température locale, qui était de37°,r; à gauche et de 37*,i adroite, c'est-àdire de 1°,7 et de 1°,3 plus élevée que la moyenne (avec Une
température axillaire de 31 degrés , la température locale baissa
de 0°,5 d'un côté et de 0°,6 de l'autre à la suite d'une première cautérisation au fer rouge, cautérisation ponctuée, très superficielle, de la peau des espaces intercostaux supérieurs.
L'abaissement local ainsi obtenu persistait encore, bien que moindre, cinq jours après la cautérisation, époque où il était de 0°,3 d'un côté et de 0°,4 de l'autre.
Alors fut pratiquée une seconde cautérisation, à la suite de laquelle la température locale baissa de nouveau de 0°,3, puis de0°,4 d'un côté, de 0°,2, puis de 0°,4 de l'autre; ce qui faisait comme abaissement total de la température locale pour les deux cautérisations 0°,7, puis 0°,8 d'un côté, 0 ,5, puis 0°,7 de l'autre. Enfin, cet abaissement total obtenu par les deux cautérisations était, six jours après la seconde et onze jours après la première, de 0°,9 d'un côté et de 0°,7 de l'autre.
Dans ce cas, l'effet de la cautérisation sur la température axillaire fut nul. Cette température n'avait pas été modifiée encore par le travail tuberculeux, puisqu'elle était restée à 37 degrés (quelquefois même au-dessous, 36°, 8 et 36°, 9), alors qu'il y avait une byperthermie locale tuberculeuse de plus de 1 degré.
L'abaissement local de la température par la cautérisation actuelle ne put être constaté que trente-six et quarante-huit heures après celle-ci, attendu que la brûlure de la peau élève aussitôt la température de la région cutanée de près de 2 degrés et davantage dans les premières heures après la cautérisation ; mais, dès que l'irritation déterminée par le traumatisme de la peau a cessé, on constate l'abaissement dont je parle.
Qu'il y ait d'ailleurs profondément, c'est- à-dire dans le poumon malade, un abaissement presque immédiat de la température par la cautérisation de la peau, la chose ne me semble pas douteuse, considérant la diminution et parfois la cessation consécutive à peu près immédiate de la douleur, de la dyspnée et des autres troubles fonctionnels; il ne se peut pas qu'alors aussi no diminuent proportionnellement l'hypérémie locale et sa conséquence, l'hyperthermie également locale.
Cet abaissement local de la température, je l'ai toujours obtenu à la suite de la cautérisation au fer rouge ; même résul-
tat par le vésicatoire, la teinture d'iode, les ventouses scarifiées.
Dans ce dernier cas, où la peau n'est pas brûlée comme par le 1er rouge ou vivement irritée comme par le vésicatoire, et où il n'y a que de petites plaies non enflammées, l'abaissement local de la température est presque aussitôt réalisé. Ainsi, chez une femme tuberculeuse ayant des craquements humides sous la clavicule droite et 36°, 4 au deuxième espace intercostal, de la respiration saccadée au sommet gauche et 36 degrés au deuxième espace intercostal, avec 36°, 4 dans l'aisselle, à la suite d'une application de ventouses scarifiées faite le matin, la température baissa le soir de 0°,2 de chaque côté (à 3ô degrés et 35°, 8) ; le lendemain matin, elle baissait encore de 0°,7 et de0°,4 (abaissement total en vingt-quatre heures, 0°,9 et0°,6); le deuxième jour après les ventouses, abaissement total persistant de 0°,7 et de 0°,3 ; le troisième jour, abaissement total, 0°,8 etû°,5 (35°, 4 à droite et 35°, 5 à gauche). En même temps il y avait amélioration considérable quant à la douleur locale et à la toux.
La température ne remonta aux mêmes points, à 36°,2 et 36 degrés, que dix jours après les ventouses. La douleur était revenue ; vésicatoire au voisinage de l'aisselle droite. Le lendemain, température au niveau de la peau saine et au deuxième espace intercostal droit baissée de 0°,4 et baissée de la même quantité à gauche (35°, 8 et 35°, 6). Il y avait un grand soulagement. Le surlendemain, température baissée encore de 0e, 2 et de 0°,1 (abaissement total, ()°,6et0°,5; à 35°, 6 et 35°, 5). On remarquera l'abaissement réflexe de la température locale à gauche après un vésicatoire appliqué à droite.
En résumé, il résulte de ces recherches que, partout où il y a tuberculisation, partout il y a hyperthermie locale ; hypcrthcrmie pendant et par la germination du tubercule (correspondant à une hypérémie proportionnelle, et que j'appelle hypérémie ira* ph ique tuberculeuse), comme hyperthermie pendant l'évolution et finvolution du tubercule, et qui correspond à une hypérémie rayonnante i Faisant la congestion, L'béxnorrhagie ou la phleg* matie.
Dans la UiberculisatioD pulmonaire; la température (o
espaces intercostaux supérieurs est toujours plus élevée que la moyenne.
Dans la tuberculisation pulmonaire commençante, l'élévation locale de la température est généralement proportionnelle à la nature, l'étendue et la gravité des lésions.
Ainsi, lorsqu'il n'y a que de la respiration sèche, avec expiration prolongée ; lorsque surtout il y a de la respiration saccadée, c'est-à-dire alors qu'il n'existe encore que des granulations — et que ces granulations sont à l'état naissant, grises et demi-transparentes, sans hypérémie circonférentielle et de réaction, la température locale est de 0°,5 à 1 degré et même 1°,5 plus élevée que la moyenne (de 36°, 3 à 36°, 8 et même 37°, 3).
Lorsqu'il y a des craquements secs, et surtout des craquements humides, c'est-à-dire alors que les granulations ont déjà passé à l'état régressif et provoquent de l'hypérémie autour d'elles, la température locale est de 1 degré, 4°, 5, 2 degrés plus élevée que la moyenne (de 36°, 8, 37°, 3, 37°, 8 et même davantage).
Cependant, il est des cas absolument apyrétiques, où la température locale n'est, avec des craquements humides, que de quelques dixièmes plus élevée que la moyenne (à 36°, 2), la température axillaire étant dans ces cas au-dessous de 37 degrés (36^,4).
Dans certains cas de tuberculisation pulmonaire commençante, la température locale n'est pas seulement plus élevée que la température normale de la région, elle l'est plus que la température de l'aisselle ; ainsi, dans un cas, au troisième espace intercostal gauche, elle était de 37°,4 : plus élevée de 1°,6 que la moyenne et plus élevée de 0°,4 que Faxillaire.
Cette élévation locale de la température des espaces intercostaux supérieurs peut devenir un précieux moyen de diagnostic au cas où l'esprit hésite entre un simple dépérissement avec anémie et la tuberculisation commençante ; au cas surtout où l'on ignore si l'on a affaire à de la chlorose ou à de la tuberculose à leur début. Dans le cas d'anémie ou de chlorose, la température locale des espaces intercostaux est sensiblement égale à la moyenne, tandis que, dans la tuberculose commençante, la