‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 148 sur 282 · TEMPERATURE LOCALE ET DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

TEMPERATURE LOCALE ET DIAGNOSTIC

température locale est plus élevée que cette moyenne, et cela dans la proportion de 0°,5 à 1 degré et même davantage.

Le diagnostic est ainsi fixé — comme aussi le pronostic.

L'investigation thermométrique des espaces intercostaux supérieurs est tout aussi probante et utile pour fixer le diagnostic différentiel de la dyspepsie simple, d'avec la dyspepsie de la tuberculose commençante ; le diagnostic de Yhypochondrie, accompagnée de dépérissement, d'avec le dépérissement par tuberculose au début; le diagnostic encore de palpitations purement nerveuses d'avec les palpitations symptomatiques de la tuberculisation pulmonaire initiale et retentissant déjà sur le pneumogastrique cardiaque.

Cette élévation locale de la température peut également servir à élucider la question du diagnostic au cas d'hémoptysie, alors qu'il n'y a encore aucun signe évident de tuberculisation pulmonaire. Dans ces cas, en effet, la température locale est de 0°,5 à 1 degré, et davantage, plus élevée que la moyenne. L'hyperthermie locale peut même dépasser 3 degrés au cas où il y a fièvre et où la température est prise au niveau du foyer hémorrhagique, pour baisser ensuite après l'hémoptysie, la température locale restant plus élevée que la moyenne, ce qui prouve que l'hyperthermie totale, pendant l'hémorrhagie, est la somme de l'hyperthermie tuberculeuse et de l'hyperthermie hypérémique hémorrhagique (1).

La disparité de la température entre deux espaces intercostaux homologues des sommets est un très bon signe de tuberculisation pulmonaire; car, dans ces points, où, normalement, la température est égale, cette disparité révèle des conditions anatomiques différentes, et, dans l'espèce, une hypérémie morbide presque toujours tuberculeuse.

Dans la tuberculisation pulmonaire fébrile à forme bronchitique, comme dans celle à forme infiltrée (pneumonie caséeuse), la température locale est très élevée; la surélévation est de 2 deà 2°, 8 pour la forme bronchitique, de 3°, 2 à 3°,8 pour la forme caséeuse.

(1) Voir plus haut, p. \hh el 151, la remarquable observation du dooteur < hidin.

C'est dans cette dernière forme que la température générale, comme la température locale, est le plus élevée; la surélévation générale étant de 2°, 5 à 3 degrés pour la [pneumonie caséeuse,, de 1 degré à 1°,8 pour la forme bronchitique.

La marche de la température locale du côté de la pneumonie caséeuse (marche très irrégulière, sans défervescence possible, avec abaissements incomplets suivis de recrudescence), cette marche de la température comparée à celle de la température locale du côté opposé, ainsi qu'à celle de la température axillaire, pourra servir puissamment au diagnostic de la pneumonie caséeuse.

A toutes les phases de la tuberculisation pulmonaire, il y a donc hyperthermie locale, laquelle ne se peut concevoir sans hypérémie proportionnelle, et, comme on a prise sur l'hypérémie par la révulsion, on voit à la suite de celle-ci la température locale, auparavant surélevée par les tubercules, s'abaisser, soit que la révulsion ait été pratiquée à l'aide de la cautérisation ponctuée, ou du vésicatoire, ou des ventouses scarifiées. L'abaissement local de la température peut être ainsi de 0°,5 à 0°,9, et elle peut rester ainsi abaissée pendant plusieurs jours après la révulsion.

Ces faits démontrent l'utilité de la révulsion, de la révulsion permanente opposée à une maladie permanente, et justifient la pratique traditionnelle des exutoires au sommet du thorax dans la phthisie pulmonaire.

Il n'est peut-être pas sans intérêt de résumer rapidement ici les recherches sur la température générale dans la phthisie pulmonaire, faites par Wunderlich et quelques-uns des auteurs qui l'ont suivi ; on verra ainsi en quoi les miennes en diffèrent et comment elles les complètent.

D'après Wunderlich (1), la tuberculose mil'mire aiguë produit, dans la majorité des cas, une modification profonde de la température générale. Ces écarts thermiques sont ordinairement d'autant plus rapides que les dépôts de granulations sont plus

(1) De la température dans les maladies, trad. par Labadie-Lagrave, 1872.

Page 1