TEMPÉRATURE MORBIDE GÉNÉRALE ET LOCALE
abondants et plus étendus, que la santé de l'individu atteint a été altérée davantage avant la formation des granulations.
Quand les granulations sont peu nombreuses ou quand elles se développent chez des malades atteints déjà antérieurement d'affections graves (phthisie pulmonaire avancée (I), pneumonie, maladies cérébrales, etc.), l'influence de la tuberculose miliaire est parfois nulle ou du moins assez insignifiante.
La marche thermique de la tuberculose miliaire aiguë peut : 1° être au début semblable à celle d'une fièvre catarrhale et ressembler plus tard à celle d'une fièvre hectique intense ; 2° elle peut être semblable au cycle thermique de la fièvre typhoïde ; 3° enfin elle peut être analogue au cycle thermique de la fièvre intermittente.
Pour la phthisie confirmée, Wunderlich n'ajoute rien à ce qui est bien connu, c'est-à-dire que, dans cette période, la fièvre revêt le caractère de la fièvre hectique rémittente sous-continue
ou continue.
Dans un travail sur les variations de la température organique dans le cours de la tuberculose (2), Lebert est arrivé à formuler les conclusions suivantes :
i° La marche de la température dans la tuberculose n'a pas de caractères spécifiques.
»• Ni l'âge ni le sexe n'exercent,au moins après la puberté, d'influence appréciable sur la marche ou sur l'intensité de la fièvre.
3° Dans la forme typhoïde, la courbe est tout autre que dans la fièvre typhoïde proprement dite.
On n'y remarquent» l'ascension progressive des premiers jours ; la température est en moyenne moins élevée : les remissions sont moins marquées, elles n'offrent aucune Rêôulamtê dans leur mode d'apparition et il n'est pas rare de les voir survenir vins u. son;. (C'est ce que l'on appelle le type inverte.)
4° Le matin, la température est souvent normale au début ri à la fin de la maladie ; dans la période d'étal, elle s'élève, sans Indre d'habitude un haut degré d'intensité.
(1) Wunderiioh, étant partisan de La dualité de la phthiaia pulmonaire, eon- . ululations comme une complioation de la phthisie. Deutteh. Arch. fiir Win. MkMc, IS72.
5° Le soir, la température est ordinairement fébrile, rarement très élevée, ordinairement 39 degrés ou 39°, 5 , parfois 40 degrés. Dans la dernière période, la température vespérale s'abaisse ; en général, elle ne dépasse pas 38 degrés ; de temps à autre seulement elle s'élève momentanément à un chiffre élevé.
6° Dans la tuberculose aiguë, on observe un peu plus fréquemment des températures élevées. Dans les cas où la fièvre n'a qu'une intensité moyenne, elle offre les mêmes caractères que dans la forme chronique ; c'est là impuissant argument en faveur de V opinion qui rattache à une seule et même maladie les différentes variétés de phthisie pulmonaire.
7° Dans la plupart des cas, la température atteint par instants un chiffre élevé, sans qu'aucune circonstance puisse rendre compte de cette perturbation.
(Mes recherches sur les températures morbides locales m'ont démontré que ces élévations temporaires de la température générale sont la conséquence et l'expression d'un travail morbide dont le foyer tuberculeux est le siège et l'occasion ; l'élévation locale de la température précédant et engendrant la surélévation de la température générale.)
8° Dans les dernières semaines ou les derniers jours de la maladie, la température peut subir un abaissement énorme ; on la voit tomber à 35 degrés, 34 degrés et même 32°, 5 ; ordinairement il se produit consécutivement une élévation presque aussi considérable. C'est là l'indice d'une fin prochaine.
9° La courbe peut présenter dans le cours d'une seule journée des oscillations considérables.
(C'est la marche caractéristique ; et cela résulte des poussées hypérémiques locales, et par suite hyperthermiques, liées au processus en action dans chaque foyer tuberculeux ; processus essentiellement irrégulier dans sa marche ; et dont scientifiquement, physiquement, on peut suivre les phases, parfois saccadées, à l'aide du thermomètre localement appliqué. Mes recherches le démontrent.)
10° C'est surtout la température du matin qui influe sur le type de la fièvre.