SOIXANTE-DEUXIÈME LEÇON
Traitement des tuberculeux. — L'hygiène. — Vie extérieure et de plein air; santé refaite h la campagne. — Puissance de la vie agreste, de l'activité musculaire êtde l'équitation. — Climats d'hivernage : tempérés et non pas chauds; bons effets des climats frais et du séjour dans la montagne; de la résidence en Algérie ou sur les côtes françaises de la Méditerranée. — La chambre à coucher du tuberculeux. — Le chauffage. — Le vêtement. — L'alimentation, substantielle, animale et variée. — L'exercice; gymnastique des membres supérieurs; équitation, rame; leurs bons effets. — Les voyages en mer. — Abstinence du tabac et de l'acte vénérien. — Fonctionnement régularisé de la peau et son excitation salutaire par les frictions et l'hydrothérapie.
Messieurs,
11 n'y a pas de traitement de la phthisie pulmonaire, par cette raison que la phthisie pulmonaire, idéale, n'existe pas : la phthisie pulmonaire es! une abstraction : on ne traite pas une abstraction. 11 y a, d'une pari, le tubercule, produit de déchéance, el la tuberculisation, évolution de ce produit. 11 y a, d'autre pari, l'organe où siège le tubercule, et le tuberculeux qui porte cet organe; l'un et l'autre, poumon et tuberculeux, réagissant comme ils peuvent — souvenl très mal— contre L'offense tuberculeuse.
En d'autres termes, nous avons affaire à des tuberculeux, en laveur desquels nous pouvons quelque chose, et non à des tubercules, contre lesquels nous ne pouvons absolument rien.
La notion de spécificité de la lésion tuberculeuse a fait naître pour quelques-uns l'idée de spécificité du médicament, source pour ceux-ci de désespérance, el pour ceux-là de charlatanisme.
En réalité, ce que nous pouvons combattre, ce sonl les effets
excentriques du tubercule. Ce que nous pouvons faire encore,
1 agir sur les causes de tuberculisation, non pas sur les causes
mais sur les cause-- futures; c'esl a-dire contre ce qui
serait capable d'engendrer de nouveaux tubercules. Ce n'est plus là que le traitement de l'avenir, quant au malade et quant à ses organes envahis déjà, et qu'il faut essayer de préserver d'un nouvel envahissement ; c'est la prophylaxie, le traitement du tuberculeux encore luberculisable et qu' 'il Faudrait empêcher d'être tel. D'un seul mot, c'est l'hygiène, nous l'avons assez vu, dans le cours des leçons précédentes.
L'idéal serait donc : 1° de soustraire le tuberculeux par mésaventure au milieu malfaisant, extrinsèque et intrinsèque, physique et moral, où et par quoi il est devenu tuberculeux ;
L'idéal encore de changer le milieu actuel pour un meilleur, à l'égard du tuberculeux par mauvaise origine, du tuberculeux par hérédité ; de telle sorte que ce tuberculeux fût placé dans des conditions telles que de nouveaux tubercules ne germassent pas en lui ;
2° Cela fait, d'enrayer révolution des tubercules existants ; 3° De combattre l'hypérémie périphymique, ainsi que ses conséquences bronchiques et pulmonaires ; 4° D'entourer de soins presque pieux l'appareil digestif; 5° De faire appel, et par tous les moyens, aux appareils nerveux, musculaire et cutané ;
G0 De tenir grand compte des formes si variées de l'évolution tuberculeuse, ainsi que de la résistance de l'organe et de celle de l'organisme.
De sorte qu'en résumé le traitement doit être individuel et s'inspirer des particularités du cas. Là est la tâche, là aussi la difficulté.
Cependant si l'on se place au point de vue de la germination tuberculeuse, le but serait de la prévenir, chez un sujet prédisposé par sa débilité.
Nous savons que, dans la grande majorité des cas, la tuberculisation spontanée est le résultat de l'inanitiation digestive ou de l'inanitiation respiratoire : éviter ces causes, les éloigner si elles existent, c'est placer le sujet dans les conditions les meilleures pour le préserver.
Soit, par exemple, un enfant prédisposé à la tuberculose, par la scrofule, le lymphatisme, ou pis encore par la tuberculisation