‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 155 sur 282 · TRAITEMENT '. LATITUDE ET ALTITUDE. 49 J · texte numérisé non relu

TRAITEMENT '. LATITUDE ET ALTITUDE. 49 J

excessif, soit par suite des congestions s'effectuant de la périphérie au centre, et produites par le froid frappant le tégument externe. De même, dans les pays à grandes altitudes, l'air étant plus rare, la mise en action de la totalité du poumon est indispensable, d'où l'utilisation nécessaire des lobes supérieurs des poumons pour ia production d'une hématose qui suffise aux besoins de l'organisme.

Or, nous savons que l'inertie et l'oisiveté habituelle de ces lobes y est une cause adjuvante des plus considérables de tuberculisation (I). De sorte que, soit que nous envisagions les contrées à température froide, rigoureuse, soit que nous étudiions les pays à grandes altitudes, nous comprenons la raison physiologico-pathologique de l'immunité de leurs habitants pour la tuberculisation pulmonaire. Et il n'y a pas à dire que ce soit le froid rigoureux qui, décimant les faibles, les empêche d'arriver à l'âge où ils pourraient se tuberculiser, attendu que la même immunité, pour la phthisie pulmonaire, on l'observe sur les hauts plateaux du Mexique, où il ne fait pas froid, comme dans l'Engadine supérieure, où la température est rigoureuse. Ainsi se trouve justifiée la pensée de mettre à profit cette cause d'immunité, au moins pour les sujets débiles et que leur débilité môme ou, mieux encore, une fâcheuse hérédité prédispose à la tuberculisation ; au moins aussi pour ceux qui commencent la tuberculisation et qui ont, dans leur malheur, cette fortune de la commencer sous la forme lente, apyrétique. En conséquence, le séjour dans les pays froids ou à grandes altitudes peut servir à prévenir la tuberculisation pulmonaire ou à enrayer la forme lente de celle-ci, laquelle est précisément la plus commune. Seulement, il y a là des conditions de fortune qui ne sont pas réalisées par tous, de sorte qu'on est parfois réduit à chercher des équivalents : par exemple conseiller le séjour de la campagne aux urbains devenus tuberculeux de ce fait. Mais, pour en revenir au séjour dans les grandes altitudes, je peux dire qu'elle l ->l loin d'être nuisible dans les formes dites torpidei de le tuberculisation pulmonaire '2).

(I Voir. I. Il, p, |., 7.

/ Voir, plu» liant, p, ',i ,.

Un médecin de Silésie, Brehmer, considère, ainsi que moi, la vie sédentaire et la respiration d'un air confiné comme les principales causes de la phthisie pulmonaire, et il se fonde avec raison, pour le dire, sur les nombreuses observations qu'il a faites dans les prisons, les fabriques et les grandes réunions d'individus à vie sédentaire (1).

D'un autre côté, s'appuyant sur les statistiques de Hirsch, d'après lesquelles la phthisie pulmonaire ne se rencontre pas dans les lieux à une certaine altitude (que l'air y soit d'ailleurs humide, variable ou tempétueux, pourvu que la température y soit moyenne), Brehmer en conclut que le traitement hygiénique de la tuberculisation pulmonaire doit être l'exercice, la vie en plein air et la résidence dans un lieu élevé ; conditions générales auxquelles il associe l'hydrothérapie par courtes séances (bains de pluie de quarante-cinq secondes), et des repas nombreux, mais modérés, cinq à six en vingt-quatre heures.

Eh bien, on ne saurait mieux dire ! L'exercice musculaire, qui fait du calorique ; la respiration d'un air raréfié, qui force la poitrine à se dilater et entraîne la respiration des lobes pulmonaires supérieurs ou lobes « de renfort » ; la vie en plein air, qui fait que cet air que Ton respire ainsi est pur ; l'hydrothérapie, qui stimule la peau et en active les fonctions activées déjà par l'exercice musculaire, et qui, d'autre part, provoque de grandes inspirations : tout cela est aussi correct que bien déduit. Il n'y a pas jusqu'à la forte alimentation qui ne soit judicieuse.

Seulement, il faut, à pareil régime alimentaire, un estomac qui puisse y suffire, et l'on sait ce que vaut trop souvent, hélas ! ou

(1) C'est en 1869, dans le Schmidt's Jahrbùcher, que Brehmer a publié son travail; et c'est dans Tannée scolaire 1868-1869, à la Pitié, que j'ai fait ces leçons, recueillies et publiées dans les journaux du temps par M. Finot; ceci soit dit pour qu'on sache bien que j'ai eu le bonheur de me rencontrer avec le médecin allemand et que je ne l'ai pas copié ni pillé. Je suis d'ailleurs très heureux de cette conformité d'opinions. Mac Cormac, Brehmer et moi nous nous sommes ainsi rencontrés dans une même objurgation contre l'air confiné. — J'ajoute ici (et je suis heureux de lui attribuer ce mérite) que le docteur Mascarel a développé ses idées sur le rôle tuberculisant de l'air confiné, de la vie de bureau, etc., dans un travail lu en 1865 au Congrès médical de Bordeaux; mais je ne connaissais pas son travail quand j'ai fait mes leçons de 1869 et ma thèse de 1866.

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