TRAITEMENT '. LATITUDE ET ALTITUDE. /, 9 J
plutôt ce que ne vaut pas l'estomac d'un tuberculeux ; il faut à pareille gymnastique musculaire des forces qui ne soient pas défaillantes; comme à pareille gymnastique respiratoire, des poumons qui ne soient pas trop endommagés; comme aussi à pareille vie en plein air, un organisme que ne tienne pas la fièvre.
Ce qui revient à dire qu'il faut à cette thérapeutique de la tuberculisation, une certaine catégorie de tuberculeux : les tuberculeux qui commencent leur maladie, digèrent bien et n'ont pas de fièvre; les tuberculeux qui n'ont pas d'éréthisme et surtout pas d'hémoptysies abondantes et répétées; c'est-à-dire, enfin, les tuberculeux dont je vous ai parlé dans mes premières leçons (I) pour lesquels on peut le plus et qu'il suffit parfois de transplanter de la ville à la campagne pour les y faire vivre indéfiniment (2).
Weber croit que, dans le climat des montagnes, il y a plus de tendance à la résorption et à la cicatrisation des produits pneumoniques, en raison peut-être de la plus grande activité de la nutrition. A Saint-Moritz et à Davos (en Suisse), les malades, par les jours les plus froids et par les temps de neige, peuvent sortir sans inconvénient à l'air libre et se promener en traîneau, et ces stations, situées l'une à 1 856 mètres, l'autre à \ 55G, se sont trouvées être ainsi de bonnes résidences de phthisiques; H. Weber a vu des malades atteints de pneumonie chronique et de phthisie, qui étaient partis pour les montagnes dans un état presque désespéré, y éprouver une amélioration rapide.
De même encore, Weber conseille pour le traitement de la phthisie le séjour prolongé dans les hautes régions des Alpes, comme aussi sur les montagnes de certaines parties de l'Allemagne, telles que la Forêt-Noire, le Harz, etc.
Cet auteur mentionne à l'appui dix-sept observations de phthisiques qui ont pu supporter avec plus ou moins d'avantage le climat des hautes montagnes; quatre, cependant, succombèrent. Le traitement fut, pour la plupart, purement hygiénique ; usage abondant du lait et de la viande, usage modéré du vin; mouvement actif à l'air libre et au soleil; soigneuse ventilation
Voir, plus haut, leçon XXXVII, p. 5, et leçon LU, p. 279, Î81*,285et8uiv.
(-2) Voir, plus haut, p. 280, ^si et pattlm.
de la chambre. Il faut cependant apporter cette réserve qu'en Suisse et en Allemagne, le printemps (de mars à mai) est la saison de la fonte des neiges ; que cette saison a des sautes de températures brusques et considérables, lesquelles sont très nuisibles aux tuberculeux, qu'on doit alors renvoyer en Italie ou sur les bords du lac de Genève (I).
Le docteur Vacher a consacré à la station médicale de Davos une très intéressante notice dont j'ai pu personnellement constater l'exactitude (2). A Davos, les tuberculeux supportent très bien les froids secs et vifs des quatre premiers mois de la cure, de novembre à février; les complications et les accidents ne surviennent d'habitude que dans le courant de mars et le commencement d'avril, c'est-à-dire, comme nous venons de le voir pour les stations allemandes, au moment de la fonte des neiges et en raison de l'humidité excessive qui en résulte.
L'air à Davos est sec, tonique, vivifiant; on a vraiment plaisir à le respirer. Il est léger, peu oxygéné et nécessite non seulement une accélération des mouvements respiratoires, mais une plus grande ampliation pulmonaire (3). Aussi, comme premier signe de l'amendement des tuberculeux, peut-on constater un accroissement de la capacité respiratoire révélée par le spiromètre.
Les malades se livrent, en outre, dans le kurhaus de Davos, à une gymnastique pulmonaire qui consiste à faire des inhalations profondes pendant quelques minutes : « respirez profond! '» entendais-je dire à chaque instant à ses malades, avec conviction et autorité, le docteur Spengler. Et il avait raison.
Les fonctions de la peau sont attentivement surveillées et même fortement stimulées : douches froides aux tuberculeux robustes encore, frictions à l'eau froide aux plus délicats, et par cette pratique les sueurs dites nocturnes diminuent, puis disparaissent ; mais, sur ce point, nous reviendrons plus tard.
L'alimentation est des plus réparatrices comme des plus ra-
(1) Voir, à ce sujet, H. Gouraud, loc. cit.
(2) Le Mont Dore et Davos : Étude médicale et climatologique sur les cures d'air dans la phtliisie pulmonaire, par le docteur Vacher. 1875.
(3) Au lieu de 16,6 mouvements respiratoires par minute qu'il a a Paris. le docteur Vacher en avait 18.2 a Davos (op. cit.. p. 12).