TRAITEMENT : ALIMENTATION
nir du combustible la plus grande somme possible de calorique, sans préoccupation de ce qui pourra en résulter pour l'air et la santé ; le but du second doit être d'échauffer l'atmosphère et de la ventiler à la fois. Et c'est ce qu'on obtient avec les vastes cheminées, qui laissent perdre une grande quantité de calorique, mais établissent avec l'air extérieur une large et bienfaisante communication.
Le chauffage par les cheminées au gaz est tout aussi malfaisant que par les cheminées américaines, en raison de l'absence complète de toute ventilation, et plus malsain encore par suite des émanations possibles de gaz hydrogène carboné.
Le tuberculeux doit être bien couvert, en se gardant de l'être trop, surtout par des vêtements trop lourds et qui l'écrasent. D'abord un gilet de flanelle légère et à demi-manches l'été ; pardessus, un second gilet de la même flanelle et à manches longues l'hiver. Je dis « à demi-manches », et non pas « sans manches » , l'été : rien n'est en effet plus illogique, étant donnée la nécessité du gilet de flanelle, que la suppression de la manche, laquelle laisse ainsi l'épaule découverte ; or, c'est précisément l'épaule qui est exposée aux « coups de froid » , c'est elle qui s'offre la première à l'action du courant d'air d'une glace de voiture, ou d'une fenêtre ou d'une porte entr'ouvertes, et c'est ainsi par elle que l'on « s'enrhume » le plus souvent. Je dis encore « un second gilet par-dessus le premier », non pas un gilet de flanelle plus épaisse ni surtout un gilet ouaté. La couche d'air interposée entre les deux tissus est plus chaude et plus légère que le plus fin duvet, l'air étant un des plus mauvais conducteurs du calorique, et le duvet, comme la laine, n'emmagasinant le calorique que par l'air interposé entre leurs fibrilles. Que le tuberculeux porte donc des vêtements ouatés d'air, c'est-à-dire des vêtements superposés en nombre proportionné à l'abaissement de la température, et dont il peut se dépouiller successivement à mesure que la température s'adoucit.
V alimentation devra être la meilleure possible; les aliments les plus nourrissants ><>ns le moindre volume : voilà qui est banal, mais logique, attendu qu'il ne faut jamais oublier, d'abord, que rappareil digestif est l'un des plus sûrs points d'appui de la
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résistance pour le tuberculeux et pour son médecin; ensuite, que c'est trop souvent par cet appareil, par son fonctionnement imparfait, par l'insuffisance de l'alimentation que s'est faite l'invasion tuberculeuse de l'organisme; enfin, que le tuberculeux est toujours sous l'imminence de troubles fonctionnels de l'appareil digestif, par irritation ou lésion des nerfs pneumogastriques comme de l'estomac, des intestins et du foie. Nous devons donc incessamment songer à tout cela, soit quand nous présidons à l'hygiène, soit surtout quand nous conseillons des médicaments.
L'alimentation devra être substantielle, mais variée; les substances animales en constitueront la base : viandes, mais de toute sorte, et non exclusivement les viandes « rouges» de mouton et de bœuf, de bœuf et de mouton, engendrant le dégoût par la monotonie; cuites au goût personnel, et non pas invariablement « saignantes », mal cuites ou « crues » ; la viande crue devant être réservée pour les cas où il y a diarrhée, remède alors et aliment.
Le lait, le lait surtout, le lait sous toutes les formes : lait sortant du pis aux deux traites du matin et du soir (en prenant garde qu'il n'en résulte pas de l'embarras gastrique ni de l'inappétence pour les autres aliments) ; potages au lait; crème, beurre, fromages.
OEufs, sous toutes les formes également. Le lait et les œufs sont des aliments complets.
Le poisson, excellent pour ceux qui l'aiment et le digèrent; et surtout les poissons plats, ou encore le merlan, de préférence au saumon, à la carpe ou à l'anguille, de digestion plus difficile.
Les huîtres, qu'on a considérées comme béchiques, comme favorables au rejet des crachats (probablement par une vue à la Paracelse), et si facilement digérées, en raison de leur sapidité comme aussi de l'eau marine qu'elles renferment, et dont l'iode n'est peut-être pas indifférent aux tuberculeux (1).
(1) Voir, pour plus de détails, le livre si excellent du professeur Fonssagrives. Thérapeutique de la phthisie pulmonaire, 1866, p. 196; ouvrage qu'on nu saurait trop lire et que je suis heureux d'avoir à citer, ici et plus tard.