‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 164 sur 282 · TRAITEMENT : EXERCICE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT : EXERCICE

qui m'a été communiquée par un médecin très distingué de province (où il y en a tant de la sorte, confinés dans des localités dont ils sont les bienfaiteurs !), le docteur Victor Simon, de Semur, ancien interne des hôpitaux de Paris. Tous les termes valent qu'on les pèse; il y a surtout un passage sur l'huile de foie de morue que je recommande à ceux qui ne dédaignent pas de voir le bon sens aiguisé par l'esprit :

« Une jeune personne, née d'une mère un peu goitreuse, de dix-sept ans, réglée régulièrement, mais d'une pâleur remarquable et d'une apparence très lymphatique, est atteinte d'une toux persistante; on l'ausculte, et l'on trouve des râles muqueux au sommet du poumon gauche, de la matité, bientôt de la pectoriloquie ; — impossible de douter de l'existence d'une lésion tuberculeuse grave. J'ai examiné la malade plusieurs fois, il n'y avait pas place au doute.

« Cet été, après cinq ou six mois, j'ai eu l'occasion de revoir cette malade, que j'avais jugée très défavorablement, et j'ai constaté, à mon extrême étonnement, non seulement une amélioration complète de l'état général, mais encore la disparition à peu près absolue des signes physiques, qui ne consistaient plus qu'en un peu de rudesse du murmure respiratoire sous la clavicule el de L'expiration prolongée.

« Le traitement avait surtout consisté dans l'emploi de L'huile de foie de morue, deux cuillerées par jour (et je regarde L'huile de foie de morue comme un médicament excellent, en ce sens que généralement on se repose sur son emploi et on fatigue moins le malade de soins excessifs, de réclusion, de médications dangereuses ou débilitantes; c'est-à-dire qu'à mes yeux le médicament est négatif et qu'il peut tout au plus agir comme aliment d'une certaine espèce).

Mais ce que la jeune Bile avait fait en outre, et avec une extraordinaire persévérance, c'esl une gymnastique particulière que voici : le père et la fille se mettaient face à face, se prenaient les

mains el se répondaient successivement l'un el l'antre, lente-

ment, mais avec énergie el de façon que la jeune tille y déployai tonte ja force musculaire plusieurs fois par jour e\ autant que M forces v sufûsaient.

« C'est là un fait isolé, très singulier, et dont on ne peut tirer aucune conclusion — je le livre pour son originalité — mais il a au moins ceci de remarquable que, dans tous les cas de phthisie où j'ai vu se produire du mieux-être, jamais je n'ai noté ni une aussi grande amélioration, ni surtout aussi rapide. »

Au fond, c'est de la sorte qu'agit la rame comme l'équitation ; et cela en tant qu'acte musculaire des membres supérieurs, auxquels s'ajoutent d'ailleurs, dans ces cas, la respiration d'un air condensé, comprimé par la rapidité de la course et proportionnellement à cette rapidité même. L'homme à cheval et au galop comprime l'air au-devant duquel il est lancé comme un boulet ; et fait pénétrer, par d'énormes inspirations, jusqu'aux dernières de ses vésicules pulmonaires, l'air ainsi comprimé par lui. J'ai dit que les muscles des membres supérieurs étaient mis en action de la sorte : oui, eux d'abord, tous les autres ensuite, et nécessairement, depuis les pectoraux et les trapèzes qui fixent les humérus au tronc, jusqu'aux muscles qui maintiennent en équilibre la colonne vertébrale, jusqu'à ceux qui lui donnent son assiette sur le cheval, jusqu'à ceux enfin qui pressent celui-ci et en activent ou en modèrent l'allure. Tout agit et tout s'agite , il n'y a pas jusqu'aux intestins qui ne participent à la mise en branle, jusqu'à leurs muscles qui n'en soient secoués et par suite excités. On comprend ce qu'il en peut résulter d'avantageux pour l'appétit, stimulé par l'air vif et l'exercice généralisé. Quant à la respiration, est-il besoin de dire qu'elle est ainsi et plus complète et plus active : plus complète par l'effet de la pénétration dans les poumons d'une somme d'air plus considérable ; plus active, parce que cet air, plus abondamment introduit, est devenu plus dense ? Vous voyez ce qu'il doit en être pour l'hématose.

Maintenant, si l'on ne peut aller à cheval, par peur ou par insuffisance de fortune, qu'on aille à âne ; il y aura toujours bénéfice pour les poumons et l'organisme.

Dans l'exercice de la rame, tous les muscles des membres supérieurs, comme aussi ceux de la poitrine, sont les premiers mis en réquisition ; puis successivement ceux du tronc et des membres inférieurs — voilà pour l'acte musculaire ; mais ce

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