‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 166 sur 282 · TRAITEMENT : VOYAGES EN MER · texte numérisé non relu

TRAITEMENT : VOYAGES EN MER

saison, introduisent dans ce problème de l'hygiène thérapeutique. On peut conseiller aux phthisiques une série d'excursions sur les paquebots spacieux et confortables qui sillonnent la Méditerranée : l'avantage du changement d'air, combiné avec celui d'une diversion intellectuelle, exerce une influence favorable sur la nutrition. »

J'ai déjà eu l'occasion de vous parler de ce jeune tuberculeux a qui passait son temps sur les paquebots allant d'Alger à Marseille et s'en trouvait bien (I). »

Quant au mode d'action si complexe de l'homme en mer, qui se trouve agir même au repos, nul n'en a plus complètement et plus finement que M. Fonssagrives analysé tous les détails; on ne saurait mieux faire que de le citer : « La station debout ou la progression, sur le pont d'un navire à la mer, nécessitent des efforts continuels. Les muscles ne peuvent avoir un seul moment de repos ; dans le sommeil même, des contractions, commandées par l'instinct, s'exécutent encore et luttent contre les forces de la pesanteur. Dans la station debout, sur un navire secoué par le flot, les muscles qui étendent et qui fléchissent le tronc, ceux qui lui impriment des mouvements de torsion latérale, les leviers actifs qui constituent les membres entrent en action successive ou simultanée, et leur fonctionnement, dont le maintien d'un équilibre toujours menacé est le but, ne saurait se prolonger sans nécessiter une dépense considérable d'innervation. A plus forte raison dans la marche sur le navire. »

Il n'y a pas jusqu'à l'état nauséeux, au moins dans les premiers jours, qui ne soit un agent décongestionnant et, pour sa part, bienfaisant.

Pour toutes ces raisons, et malgré l'ennui que j'éprouve d'être en désaccord avec mes éminents collègues MM. Rochard et I croy de Méricourt, je crois, avec M. Fonssagrives, que Ries voyages sur

mer peuvent exercer une influence favorable sur la nutrition, dans

ke« maladies chroniques (2) », cl en particulier chez les tuberculeux qui réalisent le^ conditions individuelles ci sociales signalées tout à L'heure ; j'ai étéfrappé de tels cas; cl je vous les indique.

i Voir plus haut, p. B02.

(t) Fonssagrives, Thérapeutique d$ la phthisie pulmonaire, p. vjo 104,

511) LES TUBERCULEUX ET LES PHTI1ISIQUES.

Ce qu'il ne faut pas aux tuberculeux, c'est de fumer. Le tabac est un véritable poison pour les pneumogastriques ; il agit à la fois sur les poumons, le cœur et l'estomac : sur les poumons, intéressés les premiers — ou mieux, sur les filets nerveux de la membrane muqueuse des voies de l'air (du larynx aux minuscules bronchiques), et produit ainsi depuis la simple toux jusqu'à l'asthme tabagique, dont les méfaits s'ajoutent à ceux des lésions tuberculeuses. Le tabac agit également sur le cœur — je veux dire sur ses nerfs — et détermine, sans parler des intermittences du pouls, les palpitations ; cela chez un malade qui, du fait même de sa tuberculose, et pour les raisons que nous savons, peut avoir des palpitations spontanées [\). Enfin, ou plutôt d'abord, le tabac agit sur l'estomac : il provoque successivement l'anorexie, la dyspepsie flatulente, par parésie de la sensibilité de la membrane muqueuse et de la motilité de la tunique musculeuse ; c'est-à-dire qu'il devient ainsi le complice de la tuberculose, qui tend, de son chef, à engendrer la dyspepsie comme l'anorexie.

Ce qu'il ne faut pas davantage aux tuberculeux, c'est Yacte vénérien. En général, ils n'y songent guère ; cependant il en est incontestablement qui sont, jusqu'au bout, d'une salacité maladive. 11 faut leur prêcher la continence, sans grand espoir de réussir, la chose étant chez eux pathologique (2). Vous aurez plus de succès et ce sera un grand bienfait à leur organisme, chez ceux où l'acte est plutôt la conséquence d'une excitation cérébrale que d'un besoin physiologique.

Chez la femme tuberculeuse, ce besoin se fait peu sentir, et, généralement, l'acte y est moins désiré, même par excitation cérébrale. En tout cas, il est, en soi et pour elle, de moindre dépense ; mais si, à ce point de vue, il est bien moins malfaisant quant à l'acte, il est désastreux quant à sa suite possible, la gros- ' sesse ; la grossesse, chez une malheureuse qui n'a pas trop de toutes ses forces pour se défendre désormais, et qui va être obligée de partager avec son produit; la grossesse, avec ses perturbations digestives, aggravant celle de la maladie tuberculeuse ; avec sa

(1) Voir plus haut, p. 323 et suiv.

(2) Voir plus haut, p. 207.

Page 1