TRAITEMENT : FONCTIONNEMENT DE LA PEAU
pléthore pulmonaire gravidique, cause fréquente d'hémoptysie, et qui peut ainsi provoquer, si elle n'avait eu lieu déjà, l'hémoptysie tuberculeuse ; la grossesse enfin, avec sa pléthore ad môtem, qui, l'accouchement terminé, l'utérus vidé, va, quœrcns quem devoret, se retourner vers le poumon malade et précipiter l'évolution de ses lésions multiples.
Si donc il s'agit d'une jeune fille, déconseillez le mariage ; si d'une femme mariée, vous savez maintenant ce qu'il faut dire au mari.
La peau fonctionne mal chez le tuberculeux par le fait de son mal ou de son médecin, qui ne sait pas suffisamment la diriger ou l'utiliser. Et cependant quel organe et de quelle importance ! comme aussi de quelle ressource, surtout chez le tuberculeux î
On ne songe pas assez que la peau est un organe d'émonction pour certains déchets organiques, azotés et carbonés, dont l'incomplète élimination est périlleuse pour l'organisme — comme il en est de l'insuffisance sécrétoire du foie ou des reins — et qu'ainsi le fonctionnement actif de la peau est de rigueur. On ne songe pas assez que la peau est un organe de sensation des plus délicats et qu'il y a, dans l'espèce, nécessité de faire appel à cette sensibilité même — car elle est une occasion de réflexes puissants pour L'ampliation pulmonaire (une excitation vive de la peau par le froid, par exemple, fait énergiquement respirer). On ne songe pas assez, enfin, que la peau est un organe de revêtement qui nous protège contre les offenses des agents extérieurs, qu'elle est destinée surtout à nous permettre de résister au froid comme au chaud, et qu'elle a d'autant plus d'aptitude à la résistance qu'elle a contracté davantage l'habitude de résister.
11 nous faut donc savoir utiliser la peau, faire appel à l'exquise sensibilité de*scs nerfs, à l'abondance de sa circulation sanguine et lymphatique, comme à la richesse de son appareil sécrétoire, sudoral ou sébacé. Krause a calculé que le nombre des glandules sudoripares est, chez L'homme, de 2281248; leur ensemble forme un volume total de 39,6 pouces cubes ; qu'ainsi, le volume du foie étant de <ss pouces cubes, et celui des deux reins de M pouces cubes, l'ensemble des glandes sudoriparcs repré-
sente un peu moins que la moitié de la masse du foie et trois fois plus que celle des reins. Voyez-vous d'ici l'importance d'une telle sécrétion et la nécessité d'en contrôler, d'en diriger, d'en modifier le fonctionnement!
Un admirable moyen hygiénique et thérapeutique à la fois, c'est Y hydrothérapie ; mais que de préjugés à vaincre, comme aussi que de précautions à prendre ! Les gens du Nord l'acceptent et la pratiquent plus volontiers que nous : Bennet la conseille et on l'écoute. N'espérez pas un tel bonheur. Néanmoins, on peut y arriver ; et d'ailleurs il y a des indications, il faut savoir quand l'ordonner et quand cesser de le faire.
Pour ne pas trop brutaliser les gens ni leur peau, je conseille d'abord les frictions sèches, pratiquées matin et soir, sur la totalité de la peau, pendant cinq minutes au moins, à l'aide d'un peignoir de flanelle. Il en résulte la plus salutaire des excitations ; elles suffisent parfois pour arrêter les sueurs de la nuit, surtout celles du début de la maladie tuberculeuse. Le malade peut se les pratiquer lui-même; il y trouve en même temps la gymnastique bonne à ses muscles et la stimulation bonne à sa peau ; faisant ainsi coup double, puisqu'il fabrique du calorique par le mouvement musculaire et par le frottement cutané.
Apprivoisé par les frictions sèches, le tuberculeux arrivera facilement à la friction additionnée d'un stimulant quelconque, mais liquide, alcoolat de mélisse, eau de Cologne, vinaigre aromatique, baume de Fioraventi, ou, plus simplement, alcool grossier ; mais toujours avec une pièce de flanelle en tampon.
C'est ainsi que vous parviendrez à la friction au linge mouillé d'eau froide ; une serviette un peu rude, trempée dans l'eau froide, puis tordue, y suffit. On frotte rapidement la peau de tout le corps ; il y faut une minute environ ; puis, pour mieux faciliter la réaction, on peut faire une friction sèche d'une à cinq minutes de durée. L'idéal serait de faire la chose matin et soir; le matin au sortir du lit, le soir avant d'y entrer. Le soir, surtout ; on évite ainsi ou l'on modère singulièrement les sueurs de la nuit.
Cette diplomatie thérapeutique vous conduit ainsi graduellement à la lotion froide, qu'il faut faire d'abord à l'éponge sim-