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plement imbibée, et qu'on ne devra conseiller que plus tard, et à bon escient, à l'éponge ruisselante. Dans le premier cas, il y a réfrigération en même temps que friction ; dans le second cas, il y a réfrigération et saisissement delà peau, chatouillée, stimulée, par chacun des petits filets d'eau qui ruissellent à sa surface, au sortir de l'éponge exprimée. Or, cette stimulation est des plus efficaces ; il en résulte d'énergiques mouvements d'inspiration, dont bénéficient les lobules pulmonaires et l'hématose.
J'ai parlé de « diplomatie »; elle est plus que nécessaire alors que vous croirez pouvoir prescrire l'hydrothérapie. Il importe, en effet, à la sauvegarde de votre réputation, de prévenir les parents - sinon le malade - qu'il y a là une lésion contre ^laquelle vous n'essayez pas d'agir, lésion qui peut être cause d'accidents dont la lotion, même à grande eau, est innocente, et que ce que vous avez en vue, c'est le mieux-ctre du tuberculeux, ainsi que la disparition des causes d'affaiblissement ou de congestion pulmonaire.
La lotion est préférable à la douche, en ce sens qu'elle est d'une pratique plus aisée, qu'on peut la faire à la maison, comme on veut, et sans frais. Cependant, la douche a été employée avec succès par Fleury et par d'autres, ainsi que je vous le dirai tout à l'heure.
Voici comment je fais pratiquer l'hydrothérapie en ville ; au sortir du lit, alors que le malade a le plus chaud et qu'ainsi la réaction est le plus facile, il se découvre la poitrine, mais non le dos, et, avec l'éponge imbibée, se frotte la face, le cou, la poitrine; plus tard, il étend ses lotions à tout le tronc, poitrine, dos, aisselles, puis enfin à la totalité du corps ; plus tard encore, au lieu de l'éponge simplement imbibée, il prend l'éponge rutssciante; il n'y a plus ici action de friction, il y a réfrigération seule, mais réfrigération brusque, saisissante, qui se généralise instantanément, donne un petit frisson et produit une réaction très vive ; il ne faut jamais commencer par employer l'éponge ruisselante, le malade supporterai! mal ce traitement el pourrait s'y refuser.
Ge qu'on fait à laide de l'éponge, on peut le faire à l'aide do la douche; d'abord douche eu jet. enfin douche en pluie ; la
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douche en jet a une action de percussion et de réfrigération ; la douche en pluie, une action générale de réfrigération saisissante. La méthode est ici très importante ; il ne faut pas indifféremment prescrire la douche en jet ou la douche en pluie ; ce ne sont pas là de petits détails ; leur inobservance peut compromettre une médication bienfaisante.
Il est indispensable que la durée soit courte surtout au début. A l'hôpital, les lotions durent de deux à cinq minutes ; elles sont bien supportées, cependant c'est un peu long; le malade peut se les faire lui-môme en une ou deux minutes. Pour commencer, Fleury donnait des douches de cinq à dix secondes pendant les premiers jours, puis il en augmentait la durée, mais jamais il ne dépassait une minute.
L'hydrothérapie, comme le dit justement Fleury, n'a pas seulement une action révulsive, elle a aussi une action tonique, reconstitutive ; elle augmente la force de résistance de l'organisme.
Suivant Fleury, l'action locale de l'hydrothérapie est de combattre les congestions circumtuberculeuses, de ralentir, sinon de supprimer, le travail de ramollissement, par conséquent, de diminuer la toux, les sécrétions morbides et l'hémoptysie.
Suivant le même médecin, son action générale est reconstitutive ; par la réaction, il y a accélération de la circulation, dans les vaisseaux sanguins et les vaisseaux lymphatiques ; la réaction se fait sentir sur l'innervation, sur les sécrétions sudorale et sébacée ; l'appétit est plus vif, les digestions moins laborieuses ; l'assimilation plus active par suite de l'activité plus grande de la circulation ; la sueur, la diarrhée diminuent ou cessent, la fréquence du pouls tombe. — Il n'y a pas d'exagération dans ce que Fleury nous dit des bienfaits de l'hydrothérapie ; vous en avez eu la preuve sous vos yeux dans nos salles ; la femme couchée au n° 17 n'a plus eu de sueurs au bout de deux lotions seulement ; par la môme pratique, le phthisique du n° 4, si affaibli, a vu ses sueurs disparaître en partie ; le tuberculeux du n° 51, qui a une des formes les plus lamentables de la phthisie, n'a plus de sueurs, le pouls est moins fréquent, la température générale est amoindrie. Vous voyez ce
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qu'on peut obtenir de ce moyen d'apparence révolutionnaire; et le plus étrange, c'est d'entendre les malades demander qu'on leur continue leurs lotions froides, en raison du bien qu'ils y trouvent.
Je pourrais vous citer un assez grand nombre de faits de la ville : nul, entre autres, plus intéressant que celui d'une demoiselle tuberculeuse qui, depuis trois ans, fait des lotions froides sur tout le corps ; et, depuis ce temps, les congestions bronchiques et pulmonaires, auxquelles elle était sujette, ont disparu; les craquements secs persistent seuls, mais très limités. Un autre exemple est celui d'un homme chez lequel les lotions froides ont produit le plus grand bien-être et ont certainement beaucoup ralenti la marche de la tuberculose. En cas même d'ulcération du parenchyme pulmonaire, l'action de l'hydrothérapie peut encore être bienfaisante, mais à un moindre degré.
Cependant, là encore, elle peut donner d'excellents résultats, surtout au cas de sueurs nocturnes : tel un monsieur, atteint de tuberculose infiltrée, qui a de nombreuses cavernes et un poumon à peu près anéanti, dont les sueurs nocturnes, qui contribuaient à l'épuiser, sont presque chaque jour supprimées par les lotions froides à l'éponge, du matin et du soir ; c'est-à-dire qu'il y a des nuits où il n'en a pas, et que les autres il en a désormais très peu. Après chaque lotion, d'ailleurs, il éprouve une véritable restauration des forces.
Parmi les observations de Fleury, contrôlées par les médecins les plus recommandables, on peut citer celle d'un enfant de treize ans qui, sur les indications du docteur Voisin, fut conduit à Fleury : à son entrée dans l'établissement, ce malade avait du gargouillement et de la pectoriloquie au sommet du poumon droit, de la inalité dans le tiers moyen et le tiers inférieur, matité tenant à des fausses membranes, restes d'une pleurésie qu'il avait eue un mois auparavant ; tic plus, à gauche, il y avait des râles sous-crépitants, dureté de la respiration, craquements i-claviculaires ; cel enfant étail pair, très maigre, il pesail 40 livres. La faiblesse et l'anémie étaient excessives; il ne pouvait marcher qu'à l'aide d'un bâton on du bras d'un aide; il avait de la lièvre, la peau brûlante, l'appélil nul. Vous voyez
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d'ici le malade. Le premier jour, on lui donna une douche d'une seconde de durée ; les jours suivants on la donna plus longue ; au bout d'un mois, il avait augmenté de 8 livres ; il jouait, courait. Au bout de deux mois il n'avait plus de gargouillement ni de râles au sommet droit, mais de la respiration rude et amphorique (à ceux qui diraient que cela ne peut pas être, je rappellerai ce que j'ai observé chez un de mes bons amis qui, il y a vingt ans, avait manifestement des cavernes, et qui maintenant n'a plus qu'un peu de souffle tubaire, les cavernes s'étant cicatrisées). Au bout de deux mois, donc, cet enfant avait la respiration rude et bronchique ; au bout de deux mois et demi il quittait l'établissement de Fleury, pesant 20 livres de plus qu'à son entrée, ne toussant plus, ayant de la vigueur, et méconnaissable à ce point, que le docteur Voisin hésitait à le reconnaître.
L'objection est que c'est chez un enfant que de pareils résultats ont été obtenus, la force de réparation y étant plus grande ; mais on peut citer l'observation d'une femme de dix-huit ans et celle d'un homme de trente-deux ans; parlons de ce dernier :
Ce malade appela M. Louis en consultation, qui dit ne pas connaître les effets de l'hydrothérapie et ne la conseilla ni ne la déconseilla. Le malade arriva dans l'établissement de Fleury couvert de flanelle de la tête aux pieds ; il avait une sainte horreur du froid et surtout de l'eau froide. Une douche en jet est rapidement promenée sur toutes les parties du corps, particulièrement sur les extrémités inférieures et sur l'abdomen ; au bout de quelques jours, les sueurs nocturnes avaient disparu. Ce malade, qui présentait à son entrée des craquements humides des deux côtés, des râles sibilants disséminés, qui était dans un état général très mauvais, sortait, au bout de deux mois et demi, n'ayant plus de râles, mais une respiration sèche, avec expiration prolongée, tenant à la présence de granulations qui persistent (1).
Ainsi les observations que Fleury raconte longuement, avec toute l'authenticité désirable, sont d'accord avec ce que vous voyez dans ce service d'hôpital. Maintenant, si vous avez l'au-
(1) Fleury, Traité d'hydrothérapie, p. 892 à 900. (Vsselin, 1806.)
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dace d'employer l'hydrothérapie chez un tuberculeux, l'enverrez-vous dans un grand établissement? lui ferez-vous faire de l'hydrothérapie chez lui?
Si votre malade est devenu tuberculeux dans une ville, chez lui, en se livrant à des occupations malsaines par elles-mêmes ou par les mauvaises conditions clans lesquelles elles sont faites, il ne faut pas hésiter, il faut soustraire le malade au milieu qui lui a été fatal ; l'hydrothérapie pratiquée dans ce milieu néfaste serait tout à fait insuffisante ; il faut alors un grand établissement, et je crois aux résultats presque merveilleux de l'hydrothérapie dans une maison scientifiquement dirigée.
Si, par suite de conditions particulières, vous faites faire de l'hydrothérapie à domicile, il est difficile de pratiquer autre chose que des lotions ; et le mieux est de les faire comme je l'ai dit tout à l'heure.
En réalité, je ne suis pas le seul à conseiller les pratiques hydrothérapiques aux tuberculeux : que Fleury en ait été partisan, il n'y a rien là qui doive étonner; mais nous savons que Brehmer, le Silésien, les conseille ; je les ai vu mettre en œuvre, et avec succès, à Davos. Voici encore ce qu'en dit un médecin expérimenté, Pogaçnik — et je le cite ici pour confirmer ce que je vous ai dit, qui est ce que je professe depuis dix ans. « L'usage de l'eau froide, dit Pogaçnik, dans le traitement de la phthisie, est bien préférable sous la forme de lotions que sous la forme de douches, telles qu'elles sont employées par Brehmer et Sokolowski. En se levant le matin, le malade se fait lui-même une lotion par tout le corps avec une éponge imbibée d'eau à 10 ou 20 degrés Héaumur; il doit ensuite se frictionner énergiquement pendant cinq minutes avec un gant et s'envelopper, pour se sécher, dans un drap. Il se remet ensuite au lit pendant une demi-heure à une heure, bien couvert, jusqu'à ce qu'il survienne un peu de transpiration.
« Au moyen de l'eau froide, on provoque un fonctionnement régulier de la peau : on fortifie enfin le malade et on Le pend moins susceptible aux variations de L'atmosphère.
« Peu à peu L'appétit s'accroît, les forces se relèvent, à moins que lus Lésions De soient trop avancées.
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« L'hémoptysie n'est pas une contre-indication, et Pogaçnik prescrit les lotions alors qu'on ne peut tolérer les douches.
« Les lotions ont sur les douches l'avantage d'être plus agréables pour les malades; d'avoir un effet plus prolongé et partant plus utile ; d'être très faciles à administrer, même chez les gens pauvres, aucun appareil n'étant nécessaire ; enfin, et surtout, de ne pas nécessiter, comme après la douche, l'exercice de la marche pour amener la réaction (1). »
Enfin, à Menton, Bennet conseille la lotion froide à tous ses malades tuberculeux, « quel que soit leur état». La lotion est faite avec une éponge et de l'eau à la température de 16 à 20 degrés centigrades. « J'ai suivi cette pratique, dit-il, pendant tant d'années et sur un si grand nombre de malades, que j'en peux dire avec autorité, non seulement qu'elle est toujours bienfaisante, mais qu'elle ne fait courir aucun danger (2). »
Comme Pogaçnik, Bennet ne craint pas de conseiller les lotions même chez les tuberculeux exposés aux hémoptysies. J'avoue que, si partisan que je sois de l'excitation de la peau, en général, et de son excitation par la lotion froide, en particulier, je m'abstiendrais delà conseiller dans la forme hémoptysique de la tuberculisation pulmonaire. Le refroidissement de la peau, au moins avec l'éponge ruisselante, et à plus forte raison avec la douche, me semble pouvoir provoquer de la périphérie vers les poumons malades un refoulement du sang, cause de congestion, cause elle-même d'hémoptysie. Du reste, j'ai observé un cas d'hémoptysie de cette origine, chez un tuberculeux qui faisait vaillamment ses lotions à l'éponge ruisselante, et s'en trouvait bien quant à l'état général. 11 ne se plaignait d'ailleurs pas d'avoir craché du sang après sa lotion ruisselante, mais je l'engageai néanmoins à en cesser l'emploi — ce qu'il fit, bien qu'à contre-cœur.
Voici, quant aux bons effets de l'hydrothérapie, une observation bien intéressante que me communique mon collègue et ami le docteur Ferrand, dont on sait la prudence.
« Un jeune enfant de six ans, fils d'une mère tuberculeuse
(1) Revue des sciences médicales, janvier 1878.
(2) Bennet, Onlhe Trcatment ofPulmonary Consumplion, p. 54, 3° édit.,1878.