‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 226 sur 282 · SOIXANTE-SEIZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SOIXANTE-SEIZIÈME LEÇON

Manie puerpérale. — Comment survient la manie puerpérale. — Pourquoi elle est ordinairement de nature triste. — Encore l'anémie qualitative et la pléthore quantitative de la grossesse. — Apparition nocturne du délire.

Nous avons vu, dans des leçons antérieures, comment un acte physiologique, l'accouchement, et cet acte connexe, l'allaitement, peuvent, par une simple déviation du fait physiologique, donner naissance à des actes pathologiques. Il est facile de comprendre comment s'opère in situ dans l'utérus, dans la mamelle, cette transformation morbide ; comment, par exemple, le sang, qui fait du lait, va tout à l'heure faire du pus, par exagération et perversion de l'acte hypérémique; comment une phlegmasie va se produire ; comment les lochies (étant donnée la leucocytose de la grossesse) peuvent devenir purulentes. Il y a là transformation sur place.

Mais ce qu'on comprend moins facilement, c'est comment la femme qui vient d'accoucher, comment la femme qui nourrit, comment celle qui sèvre peut devenir folle ; comment, en d'autres termes, une manifestation morbide se fait du côté du cerveau, qui jusque-là n'était entré pour rien dans les phénomènes de la grossesse. Les anciens invoquaient la métastase, « Le lait lui est monté au cerveau, » dit le vulgaire à propos d'une femme qui vient de sevrer. Et la métaphore présente une certaine justesse, à cela près que ce n'est pas le lait, mais le sang destiné à faire du lait, qui, de la mamelle où il ne va plus, s'est dirigé vers le cerveau ; l'hypérémie mammaire physiologique est devenue l'hypérémie cérébrale pathologique.

Maintenant, pourquoi toutes les femmes qui sèvrent ne de-

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