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LA FIÈVRE PUERPÉRALE. 7J

premier jour à la dose de 1 gramme. (Je ne considère pas le sulfate de quinine comme un spécifique de la fièvre puerpérale, mais comme un excellent médicament, surtout quand il y a concomitance d'un état typhoïde.) Le soir, le pouls était à 140, la température à 38°,3. Le ventre était ballonné et douloureux ; i1 y avait du hoquet, et cependant on ne constatait pas les signes évidents d'une péritonite.

Le 18 au matin, le thermomètre marquait 39°,4 ; le pouls était dicrote, et même à un degré plus prononcé que la veille. On remarquait des mouvements vermiculaires des lèvres, lorsque la malade voulait parler ; il y avait aussi un tremblement de la langue. Ces faits sont l'indice évident de l'état typhoïde. Il y a pour ces muscles, qui n'ont pas de soutien squelettique, ce que vous observez du côté des membres inférieurs, lorsque le malade veut marcher, c'est-à-dire de la faiblesse et de l'inaptitude à la coordination. Nous constations de plus une diarrhée très abondante, que vous observez dans tous les états infectieux de l'organisme. Il y avait aussi du ballonnement du ventre ; la malade avait de plus les yeux cernés.

Nous voyons ici réalisée la double infection qu'on observe dans les salles de maternité : Y infection typhoïde ou putride, et d'autre part les signes non douteux d'une inflammation qui, dans l'espèce, est toujours purulente.

Nous donnâmes à cette femme de l'eau de Sedlitz. Les accidents continuèrent, mais ens'atténuant de jour en jour, de sorte que le 19 avril elle avait 128 pulsations, le 20 elle en avait 120, et la diarrhée avait disparu. G'est dans ces conditions que, le 20 avril, nous fîmes passer la malade au n° 5 de la salle Sainte- Adélaïde (salle des malades ordinaires), où elle est actuellement.

Le 20 avril, il y avait 120 pulsations; la température était le malin dc39Vi; le soir, de 40°,I.Le ballonnement du ventre avail diminué. Le 22, le pouls était à 128, et le thermomètre marquail le matin 39°,5, comme la veille; !<i soir, 40°, 4. Cependant l'étal typhoïde était moindre; les douleurs utérine* cl péritonéales moindres aussi. Le 23, c'est-à-dire hier, l;i malade s'eel plainte d'avoir souffert vivemenl du côté droit et de respirer assez difficilement. Môme avani de percuter et d'ausculter, je ne doutai*

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pas que cette femme n'eût une inflammation de la plèvre diaphragmatique ; et en effet, en la faisant asseoir, je trouvai de la matité et je constatai la disparition du murmure vésiculaire. Je fis poser un vésicatoire. Aujourd'hui cette malade, qui ne souffre plus du côté droit, nous offre une matité de quatre travers de doigt du côté gauche, et dans ce point on n'entend pas le murmure vésiculaire. 11 n'est pas douteux que cette femme n'ait du côté gauche une pleurésie diaphragmatique avec un exsudât qui tapisse les parois du thorax.

Nous avons pu voir à l'amphithéâtre d'autopsie comment se développent les symptômes que cette femme présente. Dans des cas analogues à celui de la malade du n° 5, en admettant qu'elle ait une métro-péritonite avec prédominance de l'inflammation du côté droit, on observe, sur toute la partie qui est le siège de l'inflammation, un exsudât fibrino-purulent; cet exsudât est d'autant plus épais que la lymphangite est elle-même prédominante. Donc métro-péritonite, mais localisée à l'utérus et à son péritoine; puis, si vous n'intervenez pas ou si l'impétus fluxionnaire phlegmasique dépasse vos moyens d'action, la péritonite va se généraliser. Et ce qui se passe pour le péritoine pariétal se passe également pour le péritoine pelvien. De proche en proche, si les circonstances s'y prêtent, vous voyez se faire une traînée phlegmasique le long du péritoine des flancs; peu après, la malade se plaint de son hypochondre droit; l'inflammation se propage au péritoine hépatique et de là au péritoine diaphragmatique; alors vous pouvez observer le hoquet, que cette femme a présenté. Au bout d'un certain temps, l'inflammation se transmet du péritoine diaphragmatique à la plèvre diaphragmatique, c'est-à-dire qu'il se fait une pleurésie diaphragmatique. Nous l'avons vu maintes fois à l'autopsie (4).

Chez la femme que nous observons, dont nous avons constaté aujourd'hui l'état en quelque sorte anatomique, la transmission de la phlegmasie s'est faite du côté droit de l'utérus au péritoine diaphragmatique droit; de là, en raison de la continuité du péritoine, l'inflammation a pu se propager facilement au côté

(1) On verra plus loin que le docteur Charrier a observé des faits nombreux de pleurésie dans le tas de fièvre puerpérale.

LYMPHANGITE SUPPURÉE ET PÉRITONITE PURULENTE. 717

gauche. C'est ainsi qu'à une pleurésie diaphragmatique droite plus intense, nous voyons succéder une pleurésie diaphragmatique gauche de moindre intensité. Cette femme nous. présente donc toutes les lésions anatomiques dont nous avons pu constater les traces à l'autopsie d'autres malades.

Cependant cette femme va guérir. La température périphérique est celle de la santé, l'aspect est satisfaisant, il n'y a plus de diarrhée, plus de ballonnement du ventre ; la langue est dépouillée de son enduit, quoique cette femme soit toujours sous le coup de son état fébrile. Si cette femme avait dû mourir, elle serait morte déjà (1).

Laissez-moi vous dire maintenant comment ces accidents se sont développés dans notre service. Le 9 janvier, une femme, couchée au n° 8, est atteinte de métrite puerpérale ; elle était prise peu de jours après ses couches ; elle guérissait au bout de huit jours. C'était la première malade frappée cette année dans notre service. Le \o janvier, une autre femme est atteinte également de métrite et elle guérit comme la première, mais plus tardivement; elle n'entra en convalescence que le 30 janvier, et elle ne sortit guérie que le 15 février. Le 17 janvier, au n° i, se trouve une femme qui est prise de métro-péritonite; l'inflammation est déjà plus étendue. Elle guérit néanmoins, mais elle ne guérit qu'après être restée au lit du il janvier au 27 février, jour où commence la convalescence, pour sortir de l'hôpital le 17 mars seulement ; c'est-à-dire qu'elle est restée deux mois juste dans notre service. Pendant sa maladie, cette femme nous disait qu'elle allait mourir. Elle n'est pas morte ; mais presque toujours, en pareil cas, les malades succombent. La réciproque n'est pas vraie; il arrive souvent que des malades, présentant des accidents très graves, ont un état de béatitude intellectuelle qui contraste avec leur état général.

Le 20 janvier, nous avions une métrite puerpérale au n° 15 ; la malade guérit au bout de neuf jours. Le 18 février, un mois plus tard, une femme, couchée au n° 4, es! atteinte de métropéritonite très grave avec double pleurésie. Elle es1 restée long-

i La malade es! en effel sortie guérie trois semaines plui Lard.

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temps malade, mais elle a guéri néanmoins. Quand elle fut frappée, cette femme était presque exsangue, par le fait d'une hémorrhagie utérine des plus abondantes. Mais là se termine la série de nos guérisons ; à partir de ce jour, nous n'avons plus à enregistrer que des morts.

Le 27 février, une femme, couchée au n° 8, fut prise de métropéritonite puerpérale et mourut en quarante-huit heures. Le 3 mars, une femme, couchée au n° 10, est prise également de métro-péritonite et meurt le quatrième jour après le début des accidents. On trouve à l'autopsie les lésions de la métro-péritonite avec sérosité purulente dans la cavité du péritoine et du pus dans les lymphatiques des cornes utérines. Le 14 mars, une femme est prise de métro-péritonite et meurt également avec du pus dans les lymphatiques des cornes utérines. Le 12 mars, une femme est prise de métro-péritonite, meurt en trente-six heures et présente à l'autopsie du pus dans les cornes utérines et dans les lymphatiques prévertébraux. Le 17 mars, femme atteinte de métro-péritonite; à l'autopsie, lymphangite utérine suppurée et pus dans les lymphatiques prévertébraux.

Messieurs, cette statistique est d'une désespérante monotomie, mais malheureusement nous n'avons pas épuisé la liste de nos malades.

Le 23 mars, une femme est atteinte de métrite et présente un état typhoïde assez prononcé ; cependant elle guérit. Le 29 mars, chez une autre femme, métro-péritonite avec symptômes d'infection purulente, et la malade meurt en cinq jours. A l'autopsie, on trouve du pus dans les lymphatiques prévertébraux, dans les muscles du mollet et dans les biceps. Pendant la vie, la malade s'était plainte de souffrir dans ces diverses régions. Lorsque, dans l'état puerpéral, vous voyez se manifester ces douleurs dans les masses musculaires ou dans les articulations, vous pouvez affirmer l'état pyogénique.

Le 3 avril, au n° 3, une femme meurt d'une métro-péritonite avec symptômes typhoïdes, on trouve du pus dans les lymphatiques et dans les veines de l'utérus, ainsi que dans les lymphatiques prévertébraux. Le 10 avril, une femme, couchée au n° 4, meurt d'une métro-péritonite compliquée de diarrhée ; on trouve du

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