LA FIÈVRE PUERPÉRALE, MALADIE PYOGÉNIQUE
Quand, maintenant, vous trouvez du pus dans les muscles, dans les articulations, dans les poumons, vous pouvez dire que la malade est morte d'infection purulente ; mais généralement on met beaucoup de temps, trois ou quatre semaines, pour mourir d'une infection de ce genre par la voie lymphatique.
Je prends un autre exemple, celui d'une femme qui n'a pas de pus dans ses lymphatiques, mais qui en présente quelques grammes dans les sinus utérins. Dira-t-on : Voilà la cause de la mort? Eh bien ! il est impossible de comprendre et d'admettre qu'une femme meure, parce qu'elle a quelques grammes de pus dans son utérus. Si, au contraire, nous nous plaçons au point de vue de l'état général, de l'infection, on comprend très bien que la femme a une fièvre pyogénique, parce qu'elle a de la tendance à faire du pus de par sa pléthore quantitative, d'une part, qui crée la tendance aux congestions et aux phlegmasies, et de par sa leucocytose, d'autre part, qui fait que ces phlegmasies suppurent volontiers. Ce n'est donc pas le pus qui a fait la fièvre, c'est la fièvre qui a fait le pus.
Qu'il y ait ainsi de la tendance à la suppuration, cela va donc de soi; mais comment se comprend la lymphangite? Dans l'espèce, ce n'est pas une maladie protopathique, c'est une maladie deutéropathique. Vous avez une piqûre, la peau s'enflamme, les lymphatiques se prennent ; pour qu'il y ait lymphangite, il faut qu'il y ait irritation ou maladie primitive de la peau; de môme, pour qu'il y ait lymphangite utérine, il faut qu'il y ait irritation de l'utérus. Mais, dans la majorité des cas, un vésicatoire placé sur la peau ne détermine pas de lymphangite purulente ; vous n'observez cette lymphangite purulente que lorsque, dans une salle de blessés, par exemple, il y a une épidémie d'infection purulente. De môme encore pour la phlébite utérine : normalement, le sinus utérin s'oblitère par un caillot ; palhologiquement, étant données les conditions infectieuses, le caillot devient purulent, ou bien il provoque un travail, non plus adhésif et physiologique, mais phlegmasique, et cette phlegmasie de la veine utérine va passer à la purulence. La phlébite utérine est ainsi une déviation du travail physiologique d'oblitération, et elle ne suppure que parce qu'il y a fièvre pyogénique*
peter. — Clin. méd. 3e èdlt, 11. — 16
vit Les maladies puem'érales.