VOMISSEMENTS ET DIARRHÉE
diarrhée du poison qui l'infecte : la diarrhée est une simple manifestation de ce poison, quel qu'il soit.
Le 22, il y avait de la submatité dans ie cinquième inférieur du poumon des deux côtés, et, dans ces mêmes points, on n'entendait pas le bruit de la respiration. 11 n'est pas indifférent de constater le siège de la douleur et sa prédominance de l'un ou de l'autre côté, parce qu'ordinairement le côté envahi est aussi celui où siègent dans l'utérus les lymphatiques affectés. Lorsque vous observez de la douleur et des phénomènes généraux, vous pouvez craindre de la lymphangite utérine, et, dans l'espèce, de la lymphangite purulente. Au point de vue de ce qui arrivera ultérieurement, il n'est pas sans intérêt de constater qu'un seul côté est douloureux, car c'est par une traînée purulente que le péritoine se prend de proche en proche pour déterminer d'abord une péritonite diaphragmatique, puis une pleurésie diaphragmatique.
Le 23 mars, comme nous cherchions la pleurésie chez notre malade, nous l'avons trouvée : à la base du thorax et du côté droit, nous avons entendu un souffle naissant. La malade n'avait pas de vomissements spontanés, mais elle vomissait tout ce qu'elle prenait. (A partir de ce moment, on peut dire que la situation est très grave. Le péritoine est pris dans sa presque totalité. Il y a sidération du plexus solaire, ce centre de la vie végétative.)
Le 24 mars, il y avait dans les urines va léger nuage albumineux, la malade était dans un abattement considérable et elle ne sentait plus ses souffrances, ce qui est toujours un signe très grave. La langue était très sèche et fendillée, et la dyspnée s'accusait parCO respirations à la mirute. Le 25, le pouls était très faible, la langue sèche, la figure congestionnée ; il y avait des sueurs froides. Ce même jour, la malade mourut vers les quatre heures du soir. Elle avait été prise dans la nuit du 19 au 20 mars, elle a donc eu cinq jours et demi de maladie.
A l'autopsie, on trouva dans le péritoine près de 1500 grammes d'un liquide brun rougeâtre, contenant dos flocons jaunâtres fibrino -purulents. Ces flocons entouraient l'ovaire droit et la corne utérine du môme côté. De là ils se prolongeaient jusqu'au foie et au diaphragme, par une longue traînée, indiquant
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le chemin suivi par l'inflammation. L'utérus dépassait le pubis d'un travers de doigt; sa partie droite était manifestement plus enflammée que la gauche. On ne trouvait rien de particulier à la face interne. La pression ne faisait sourdre aucune goutte de pus des sinus utérins, mais un examen plus attentif montrait quelques gouttelettes de pus dans les lymphatiques du ligament large droit. Ceux-ci, poursuivis jusque dans leur trajet le long des vaisseaux utéro-ovariens, laissaient apercevoir quelques nodosités jaunâtres formées par un peu de pus. L'ovaire droit présentait dans son parenchyme une infiltration séro-purulente.
Les intestins étaient distendus par des gaz, ils étaient poisseux, injectés ; quelques anses adhéraient déjà entre elles. Le foie, gras, était recouvert de flocons jaunâtres qui se prolongeaient jusqu'à la face péritonéale du diaphragme. Les* plèvres contenaient de 100 à J 50 grammes d'un liquide louche. La portion de la séreuse qui tapisse le diaphragme et la partie inférieure du poumon était couverte d'une fausse membrane jaunâtre. Les reins avaient leur volume normal ; la substance médullaire était saine, mais la substance corticale était blanchâtre et fortement anémiée. Le cœur et le péricarde étaient sains.
Ainsi, voilà une femme morte au sixième jour de sa maladie puerpérale, avec ces lésions multiples et quelques gouttelettes de pus dans différents organes. Voici maintenant un fait plus terrible encore : il s'agit d'une femme couchée au môme lit que la précédente et qui succomba au bout de trente-six heures de maladie. C'est la femme A. (Sophie). Elle était entrée dans nos salles le 12 mars ; pour la troisième fois elle accouchait, sans accidents. Le 14 mars au matin, elle ressentit de vives douleurs dans le ventre et en môme temps elle eut quelques vomissements. A l'heure de la visite, on trouva l'utérus douloureux dans toute son étendue, mais surtout à droite; il remontait jusqu'à l'ombilic. La malade n'avait eu ni frissons ni céphalalgie. Le pouls était à 116 et la température à 39°, 2. La langue était humide et blanche, les yeux cernés ; il n'y avait pas de dyspnée. Le soir, au contraire, il y avait une dyspnée considérable, on comptait 52 respirations par minute. Il n'y avait pas de vomissements, mais une diarrhée presque cholériforme : dix garde-robes dans