PLEURÉSIE PUERPÉRALE PAR LE DIAPHRAGME
matité à la base de la cavité thoracique du côté gauche, un léger souffle avec égophonie. A partir de ce moment, la pleurésie a suivi sa marche habituelle, l'épanchement paraissait diminuer ; mais le 5 mars il y avait, à la base du thorax du côté droit, un peu de matité, et en un point on n'entendait que faiblement la respiration. Le 8, la dyspnée s'accroît de nouveau, la malade a de la fièvre ; on trouve de la matité dans le tiers inférieur de la poitrine du côté droit; la malade est très abattue; elle est prise d'une toux sèche et pénible. Cette femme a de la dyspnée pour trois raisons : elle a une pleurésie double, de la péritonite, un ballonnement considérable du ventre et de la parésie du muscle diaphragme, qui se trouve pour ainsi dire placé entre deux feux. 11 y avait donc toutes sortes de raisons pour que cette dyspnée fût très grande. Par suite de l'anémie de la malade, de sa dyspnée, de la nature si grave de sa maladie, de sa diarrhée, de la céphalalgie qu'elle ressentait, pour toutes ces raisons il y avait lieu de craindre qu'elle ne succombât, et cependant elle a guéri. L'épanchement se résorba peu à peu, la péritonite disparut, et nous pûmes faire passer la malade à la salle Sainte-Adélaïde, où elle entra graduellement en convalescence, en conservant toujours un peu de dyspnée. Le pouls restait fréquent, mais la température baissait assez rapidement. Le 8 avril, la guérison était certaine et la malade quittait l'hôpital. Cependant, en arrière et à droite il y avait encore un peu de matité dans la cage thoracique. Cette femme était tombée malade le 21 février, elle a quitte l'hôpital le 8 avril, c'est-à-dire qu'elle a eu quarante-sept jours de maladie; mais, enfin, elle a guéri. Le 4 avril, elle avait encore 38°, 9 le matin et 39\4 le soir ; c'était loin des 40 degrés qu'il y avait eu au début ; cependant, il y avait encore 120 pulsations et 53 respirations à la minute. Que la respiration fût fréquente, la raison en était toute matérielle ; que le pouls fût rapide, cela était dû à son anémie et à l'état général infectieux dans lequel les maladies puerpérales jettent les femmes qu'elles atteignent. Le surlendemain il y avait 120 puissions; à quelques jours de distance, nous constations la même fréquence du pouN, el quand la malade est partie, le nombre des pulsations montait encore à près de 100.
74$ LES MALADIES PUERPÉRALES.
Cette malade a donc présenté tous les symptômes que l'on observe chez les femmes qui succombent, et nous trouvons comme particularité unehémorrhagie considérable. Malgré cette hémorrhagie, les six ventouses scarifiées que je lui ai fait appliquer lui ont apporté un soulagement très notable. Ce qui prouve d'abord qu'une perle énorme de sang n'empêche pas le développement d'une phlegmasie intense; ensuite, que cette perte n'est pas sans influence sur la possibilité d'une issue favorable de la maladie ; enfin, qu'il ne faut pas trop craindre les émissions sanguines chez les femmes qui, étant anémiées, ont une phlegmasie puerpérale.
Une autre malade qui a guéri d'une métrite puerpérale avec symptômes typhoïdes, est entrée dans notre service le 12 avril 1875. Cette femme accouchait pour la première fois. L'accouchement fut normal, et cependant, dans la nuit du 14 avril, cette malade fut prise d'une violente douleur dans le bas-ventre et de frissons qui durèrent de minuit à six heures du matin. Le lendemain matin, l'utérus était douloureux dans sa totalité; la température était alors de 38°, 4, le soir il y avait 40 degrés. Le lendemain, le ventre était ballonné, l'utérus remontait jusqu'à l'ombilic; il était douloureux, surtout du côté droit; les lochies coulaient très peu, le lait était très peu abondant. Le thermomètre marquait 38°, 6 ; il y avait 120 pulsations au lieu des 140 delà veille. Le ventre était ballonné comme clans la fièvre typhoïde ; il n'y avait pas de vomissements. Ce qui dominait, c'était la diarrhée, la céphalalgie, les mouvements vermiculaires des lèvres, et, pour cette raison, je vous disais que c'était là un état typhoïde puerpéral. J'ai donné un ou deux verres d'eau de Sedlitz de temps à autre et du sulfate de quinine, comme je fais dans la fièvre typhoïde, et cette femme a guéri. Il n'est pas douteux qu'elle n'ait eu de la lymphangite utérine purulente ; elle est sortie néanmoins guérie, mais le 1er mai seulement, au bout de six semaines, présentant encore 38°, 9 le matin, 39°, 9 le soir; elle a désiré quitter l'hôpital pour retourner chez elle. Maintenant, paraît-il, elle va un peu mieux, mais sans être encore entièrement rétablie.
Telle est, messieurs, la gravité de cette maladie : on meurt au