‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 250 sur 282 · INFECTION PURULENTE ET FIÈVRE PYOGÉNIQUE · texte numérisé non relu

INFECTION PURULENTE ET FIÈVRE PYOGÉNIQUE

bout de cinq ou six jours ou l'on ne guérit qu'après un très long temps. Ici des femmes succombent avec du pus dans les lymphatiques de l'utérus, ou dans les sinus utérins, ou dans ces deux ordres de canaux à la fois. Dans d'autres circonstances nous trouvons du pus dans les poumons sous forme d'abcès métastatiques, du pus dans les mollets, dans le triceps brachial, dans le foie, dans les articulations. Alors on a le droit de dire qu'il s'agit d'une infection purulente comme pour les amputés chez lesquels il se produit une phlébite suppurée.

Il existe une différence anatomique et patbogénique entre ces faits où nous découvrons quelques gouttelettes de pus dans les lymphatiques de l'utérus, et ceux où nous trouvons une véritable infection du sang par le pus. 11 faut conserver à ces derniers le nom d1 'infection purulente, infection purulente produite par l'état puerpéral, au lieu de l'être par une amputation. Mais les autres sont des faits de purulence et non pas d'infection purulente, le pus restant circonscrit dans les lymphatiques de l'utérus.

La mort peut avoir lieu dans les deux cas, mais non de la môme manière. Vous pouvez espérer guérir les malades qui n'ont encore que la fièvre pyogénique des femmes en couche ; vous ne le pouvez pas pour celles qui ont une infection purulente. La fièvre pyogénique a lieu d'emblée, la malade est infectée comme dans l'infection par la variole, la scarlatine ou la rougeole. Alors la femme a une maladie générale en même temps qu'une manifestation locale, et la maladie générale qu'elle a, fait du pus. Le pus des lymphatiques utérins, des sinus utérins s'est produit sur place, en vertu de la dérivation du travail physiologique qui s'opère dans les sinus ou dans les lymphatiques utérins.

Dans une autre théorie, l'on admet que, lorsqu'on trouve du pus dans les sinus ou dans les lymphatiques de l'utérus, ce pus a été résorbé ; il proviendrait de la plaie utérine suppurée et ce serait lui qui ferait la -ravi lé du cas. Mais, à l'cnconlre de celte théorie, il est facile de démontrer que la lièvre puerpérale proprement dite n'affecte pas la môme marche que lorsqu'il y a transport du pus dans une veine. lorsqu'il y a infection pu-

?50 LES MALADIES PUERPÉRALES.

rulente : dans la fièvre puerpérale, grand frisson qui peut durer quatre ou cinq heures ; au contraire, dans l'infection purulente, série de petits frissons. D'un autre côté, comment comprendre que cette malade qui a succombé au bout de trente-six heures, et dans les lymphatiques utérins de laquelle vous avez trouvé du pus, soit morte parce qu'elle a quelques gouttelettes de pus dans ses lymphatiques? Ce n'est pas une infection purulente à proprement parler. Si vous l'admettiez, en invoquant la migration du pus par la plaie utérine, vous ne pourriez pas comprendre la mort. Mais, de même qu'un varioleux meurt quelquefois dans la période prodromique, avant qu'il se soit produit de pustules ; de même la femme en état puerpéral peut mourir dans la période prodromique de la fièvre pyogénique, avant qu'il se soit formé du pus dans son péritoine. Le premier meurt parce qu'il a trop de poison varioleux, la seconde succombe à l'intensité de son état puerpéral. Mais de même encore que des varioleux, après avoir échappé à tous les accidents possibles de leur variole, meurent pendant la convalescence par résorption du pus; de même il y a des femmes qui sont reprises après trois semaines ou un mois, et meurent d'une véritable infection purulente à la suite de leur fièvre puerpérale et parce que le pus de leurs lymphatiques suppures a fini par se mêler à leur sang. Ainsi les accidents puerpéraux peuvent se diviser en deux catégories bien distinctes : dans le premier cas vous pouvez encore espérer guérir la malade ; dans le second cas, jamais.

Page 1