FORMES ANATOMIQUES DE LA FIÈVRE PUERPERALE
ces miasmes devenir infectieux, et alors vous observez cette succession de phénomènes que je vous ai signalés. Les formes anatomiques de la fièvre puerpérale peuvent varier
nr, S,éPidémieS °U l6S Phases de ceIIes-cL Ainsi- «ans celle de 18o4 a la Maternité de Paris, dont M. Charrier nous a transmis histoire (I), pendant les quatre premiers mois de l'année les lésions abdominales ont été de beaucoup les plus considérables'; puis vers le milieu de septembre, les manifestations du côté de la poitrine sont devenues de plus en plus fréquentes, et, au mois d octobre, sur 6t malades soignées dans l'infirmerie, 42 succom-
Z^uYe c,hi£fre'- " y avait 13 fois pleurésie Purule"^
double H fois pleurésie purulente simple; 6 fois la pleurésie a coïncide avec la péritonite, 4 fois la péritonite a existé seule et t> fois la pleurésie a été antérieure à la péritonite
Cette forme thoracique n'avait pas passé inaperçue, car l'Anglais Leake dit qu'il est tenté de croire que la pleurésie est plus Mquente que la péritonite dans les épidémies de fièvre puerpérale ce qui est exagéré. '
Nous avons vu ensemble comment se faisait la transmission de inflammation du péritoine à la plèvre par l'intermédiaire du diaphragme. Cependant il „e me répugne pas de croire à une Pleurésie purulente d'emblée. M. Quinquaud a bien observé des méningites également purulentes ; or, dans ce cas, on n'invoquera pas, je 1 espère, la transmission de l'inflammation par voie de contiguïté de l'utérus au péritoine et de celui-ci aux méninges Le fart même d'une méningite prouve, s'il en était besoin, <1» .1 y a là une maladie générale et non locale, ne procédant pas de 1 utérus au reste de l'organisme, mais frappant du coup celui-ci tout entier; n'affectant l'utérus plus fréquemment el au plus haut degré que parce qu'il est, de par son hypérémie actuelle, son hyporthermie démontrée par mes recherches (2), de par son traumatisme, dans des conditions d'opportunité morbide l-nfinje fait de la suppuration de ,:es méningites démontre que cette maladie générale est, par essence, une maladie pyogénique.
Voir, pins haut, leçon I.X.WIII, p. i-h. I'i-tkii. — Clm. mrd. :i. ,,|ii.
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M. Charrier fait observer avec raison « que la fièvre puerpérale n'est pas une fièvre essentielle sans lésion, mais que les symptômes généraux dans un grand nombre de cas sont les premiers à apparaître; les symptômes locaux ne viennent qu'ensuite, et souvent même la gravité des accidents est si grande, si foudroyante, que les lésions n'ont pas le temps de se produire. (Rien n'est plus vrai : j'ai vu des cas de cette sorte.)
a Comme altération anatomique, le cœur est mou, ilasque; on trouve quelquefois des ecchymoses sous le péricarde, très rarement sous l'endocarde; au contraire, les ecchymoses sous-pleurales sont fréquentes. La rate, comme dans les maladies infectieuses, est d'une diffluence extrême.
« Du côté de l'appareil génito-urinaire peuvent se produire du jour au lendemain des eschares gangreneuses qui ont deux formes distinctes : la forme diphthérique et la forme gangreneuse proprement dite. »
En 185i, ajoute judicieusement M. Charrier, le choléra régnait à Paris ; aussi la diarrhée manqua-t-elle rarement parmi les malades entrées dans les infirmeries de la Maternité pendant les six premiers mois de cette année. L'influence cholérique était très manifeste à la Maternité, comme partout ailleurs. En novembre et décembre, le choléra avait presque entièrement disparu de la capitale, et les diarrhées diminuèrent sensiblement.
Je dois rappeler ici que la diarrhée se montre habituellement dans les formes graves, en dehors de toute influence cholérique ; elle est une des expressions de la maladie infectieuse (I), seulement l'influence cholérique peut l'augmenter.
« Le frisson initial, dit encore M. Charrier, se montre généralement soit avant, soit pendant la sécrétion laiteuse, rarement après. Pendant le frisson, la face est livide, les lèvres bleuâtres, les yeux profondément excavés, si la diarrhée est intense ou dure depuis longtemps ; ce qui n'arrive pas dans la forme thoracique. La langue est sèche, râpeuse, souvent froide, et ne redevient humide que pendant la réaction. Le pouls est petit, serré. Dans l'épidémie de 1854, la langue a toujours été sale, l'haleine
(1) Voir, plus haut, p, 742<