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ÉPIDÉMIE DE 1875 A SATNT-ANTOINE

fétide, la bouche amère ; le foie était douloureux à la palpation et augmenté de volume.

« La sécrétion laiteuse peut s'établir irrégulièrement, surtout quand il y a eu de la diarrhée. Les lochies se suppriment très rarement.

« Les phénomènes critiques se produisirent uniquement dans la forme abdominale, jamais dans la forme thoracique. Ce furent des arthrites purulentes, des phlébites, des phlegmons de la parotide, du bras, de lavant-bras, de la paume de la main, des hémorrhagies passives : épistaxis ou métrorrhagie. »

Voici maintenant l'énumération des cas d'accidents puerpéraux observés au commencement de 1875, dans mon service de maternité de l'hôpital Saint- Antoine :

En janvier.

Le 9. S. (Eugénie), n° 8. Métrite puerpérale; guérison au bout de huit jours.

Le 15. S. (Marie), n° 2. Métrite puerpérale; guérison. La malade n'entre en convalescence que le 30 janvier, et ne sort guérie de l'hôpital que le 15 février.

Le 17. G. (Marie), n° 1. Métro-péritonite puerpérale; guérison. Convalescence vers le 27 février; sortie de l'hôpital, guérie, le 17 mars.

Le 20. P. (Blanche), n° 15. Métrite puerpérale ; guérison au bout de neuf jours.

En février.

Le 18. V. (Victorine;, n° 4. Métro-péritonite et double pleurésie; guérison. Le 27. D. (Euphrasie), n° 8. Métro-péritonite puerpérale; mort en quarantehuit heures.

En mars.

Le 3. S. (Marguerite), n° 10. Métro-péritonite; mort le quatrième jour.

(Pus dans les lymphatiques des cornes utérines.) Le 12. And. (Sophie), n° 2. Métro-péritonite et lymphangite utérine ; mort en

trente-six heures. (Pus dans les lymphatiques prévertébraux.) Le 14. P. (Adèle"), n" 12. Métro-péritonite ; mort le troisième jour. (Pus dans

le* lymphatiques des cornes utérines; les lymphatiques prévertébraux

ne paraissent pas en contenir.

Le 17. (i. (Ernestine), n° 2. Métro -péritonite et lymphangite utérine; mort

en six joins. Pus dans les lymphatiques prévertébraui.) . 15. (Matliilde), n° 5. Métrite avec symptômes typhoïde pronom

Guérison.

Le 13, K. (Irma), n° is. Métro-péritonite et Infection purulente; mori en cinq

jours. (Pus dans les lymphatiques prévertébraux.)

75G LES MALADIES PUERPERALES.

En avril.

Le 3 Elisabeth, n° 3. Métro-péritonite avec symptômes typhoïdes; mort en douze jours. (Pus dans les veines utérines et dans les lymphatiques prévertébraux.)

Le 10. L. (Berthe), n° 4. Métro -péritonite avec diarrhée et symptômes généraux graves; mort au sixième jour. (Pus dans les lymphatiques des cornes utérines.)

Le 12. M. (Clémence), n° 8. Métro-péritonite avec diarrhée et symptômes généraux graves; mort au cinquième jour. (Pus dans les lymphatiques des cornes utérines et dans les lymphatiques prévertébraux.)

Le 12. A. (Thérèse), n° 15. Métro-péritonite; guérison.

Le 12. G. (Valérie), n° 5. Guérison.

Dans sa thèse inaugurale, mon interne, M. Viollet, signale quelques particularités intéressantes de celte petite et navrante épidémie de fièvre puerpérale de 1875.

Cette lièvre se déclara au mois de mars; depuis deux mois il existail dans la salle un milieu vicié révélé par la présence continuelle demélrites, de métro-péritonites, et même par quelques cas de fièvre puerpérale (1). Pendant l'épidémie survenue en 4865, dans le même service, alors dirigé par Lorain, épidémie racontée par M. Quinquaud dans sa thèse inaugurale, ces auteurs ont également remarqué un prélude épidémique consistant dans l'apparition d'érysipèles chez les mères et d'ophthalmies purulentes chez les enfants.

L'épidémie de 1875 a coïncidé avec un mauvais état de la constitution médicale de Paris ; la mortalité générale du premier trimestre de 1875 a été supérieure à celle de la période correspondante des trois années précédentes. C'est à quoi M. Viollet attribue le caractère épidémique que prirent tout à coup les affections puerpérales endémiques de la salle d'accouchements.

Il y avait eu dans mon service de maternité, du 4 au 12 avril, 5 accidents puerpéraux, 4 morts.

A partir du 15 avril on ne reçut plus de femmes enceintes dans ma salle d'accouchements ; cependant du 15 avril au d 6 mai il entra à Saint-Antoine sept femmes dont l'accouchement était tellement avancé, qu'il était impossible de les envoyer chez des

(1) En janvier et février, 6 malades sont prises d'affections puerpérales, 1 seule succombe; En mars, G accidents puerpéraux, S morts.

sages-femmes. Sur ce nombre, trois succombèrent rapidement à des accidents puerpéraux. Les éléments de contagion étaient loin, on le voit, d'avoir disparu de l'hôpital.

La salle fut ouverte de nouveau le 18 mai, mais dès le 23 il fallut cesser les admissions ; sur onze femmes accouchées dans la salle, cinq furent atteintes d'accidents puerpéraux, auxquels trois succombèrent. 11 y eut ainsi plusieurs alternatives d'ouverture et de fermeture de la salle. En voyant se perpétuer l'épidémie malgré toutes les précautions hygiéniques, je prescrivis l'évacuation complète de la salle de maternité et j'y fis placer des malades ordinaires. Pendant six semaines, tuberculeuses et fiévreuses de toute sorte y dégagèrent leurs miasmes et, chose curieuse, du 6 octobre (époque à laquelle on commença à recevoir quelques femmes enceintes) jusqu'au 1er janvier, on n'eut à déplorer la mort que d'une seule accouchée, et dans cet espace de temps plus de 80 femmes accouchèrent.

M. Viollet en conclut avec moi que ce qu'il faut opposer à la fièvre puerpérale épidémique, c'est l'évacuation complète et prolongée. Les demi-mesures sont inefficaces.

Dans le typhus puerpéral, M. Viollet a presque toujours rencontré des urines albumineuses dès les premiers jours de l'invasion de la maladie, pendant l'épidémie de 4875.

Dans deux cas de fièvre puerpérale à forme pyohémique, l'analyse quotidienne des urines n'a donné que des résultats négatifs. Cette forme est d'ailleurs plus rare.

C'est surtout dans le typhus puerpéral avec détermination du côté des lymphatiques que M. Viollet a étudié l'albuminurie de la fièvre puerpérale.

Le premier jour de la fièvre, l'analyse des urines a toujours été négative. Dans quelques cas les urines étaient albumineuses dès le second jour, mais le plus souvent l'albumine est apparue le troisième jour, quelquefois cependant le quatrième.

Cette albuminurie ne se révèle par aucun des signes habituels de l'albuminurie brightique, il faut la chercher pour la trouver. Une seule chose coïncide avec son apparition, c'est l'aggravation de l'état local et général. Celle albuminurie persisté jusqu'à la terminaison fatale, qui es1 de règle, La proportion d'albumine

758 LES MALADIES PUERPÉRALES.

n'est jamais abondante et le microscope n'y découvre pas d'éléments anatomiques dégénérés.

Voici, d'autre part, l'exposition faite par mon interne d'alors,

le docteur Chesnel, d'une petite épidémie de fièvre puerpérale

observée en juin 1876, dans ce môme service de maternité de

Saint-Antoine :

Fin mai.

Le premier accident remonte au 24 mai. Une femme couchée au n° 14, salle Sainte-Marguerite, accouche après un jour d'attente dans la salle du travail, le 21 mai. Trois jours après, pelvi-péritonite, d'abord assez inquiétante, puis qui se résout lentement.

Le 29. Une femme forte, bien constituée, entre dans la journée du 26; elle est en travail depuis la nuit précédente. Présentation des pieds. L'enfant est extrait très facilement; il est petit et déjà un peu macéré. On conduit la malade à la salle Sainte-Adélaïde, n° 19. Frissons le 29. Morte de péritonite le 3 juin, après de violentes douleurs.

Le 29 (salle Sainte-Adélaïde). Une femme de quarante ans avorte le 28. Le 29 au soir, fièvre assez vive, mais qui diminue les jours suivants, ne s'accompagne d'aucune localisation et laisse à sa suite une violente céphalalgie. Elle guérit parfaitement et s'en va au Vésinet le 11 juin.

Juin.

Le 1er, accouchement, chez la sage-femme Louise, d'une femme qui n'avait passé à l'hôpital que pour se faire toucher. Elle est prise d'accidents fébriles très graves dans la nuit du 2 au 3 juin, entre ici salle Sainte-Agathe, où elle meurt le 9 de péritonite puerpérale (1).

Le 1er, accouchement clandestin de huit mois, suivi d'infanticide. La femme accouche seule, se délivre elle-même, se lève le lendemain. Elle est admise le jour même, salle Sainte-Adélaïde, n° 3, le 29 mai. Le 1er juin au soir, frisson, fièvre très vive; cependant la température ne dépasse pas 39 degrés, et après l'application de ventouses scarifiées elle ne souffre plus du ventre.

Le 1er, meurt une femme en travail depuis quatre jours, et qui n'accouchait pas, sans doute à cause du volume énorme de la tête de l'enfant. Mort deux heures après la céphalotripsie. Congestion générale des organes.

Le 2, n° 6, salle Sainte-Adélaïde. Avortement datant de quarante jours; grossesse de trois mois. Entrée pour une hémorrhagie persistante le 31 mai et presque guérie aujourd'hui par l'ergotine. Frisson le 2 juin; fièvre intense. La malade s'affaiblit rapidement et présente tous les symptômes d'une fièvre infectieuse sans aucune localisation, sans douleur ni ballonnement du ventre. Elle aune fièvre continuelle avec exacerbation le matin, mais sans frisson autre que celui du premier jour. La langue devient tremblante, vomissements de matières alimentaires, puis bilieuses. Diarrhée très abondante, subdélirium. Elle sort, sur sa demande, mourante, le 8 juin.

Le 2, n° 4, salle Sainte-Marguerite. Accouchement prématuré, récidive de

(1) Voir les faits de contagion par le toucher, p. 7GG et 768.

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