FIÈVRE PUERPÉRALE DES NOUVEAU-NÉS
Le 9 (temps pluvieux et froid), le u° 15 s'en va; le n 3 et le n° 16, prises le même jour, sont très gravement atteintes. Les autres vont mieux.
Chez la sage-femme Louise, une femme, accouchée le 7 sans accidents, est prise de frissons dans la nuit du 8 au 9 (péritonite); on l'apporte à l'hôpital, salle Sainte-Cécile. Elle meurt de péritonite le 13. Autopsie le 14. — Il y a dans une autre chambre de la môme sage-femme deux autres accouchées très bien portantes aujourd'hui.
Dans la salle, deux malades qui allaient mieux depuis quelques jours, le 8 et le 12, sont reprises de frissons et de fièvre.
Le 10 (temps pluvieux, vent violent et froid du nord), le n° 6, qui ne souffrait plus depuis avant-hier, a été reprise cette nuit de céphalalgie avec douleur rénale gauche ; elle est très abattue.
Le 11, le n° 3 et le n° 16, accouchées le même jour, le 5 juin, à la même heure, meurent le même jour. Mais la première est agitée, a du délire, tandis que la seconde est plus calme et souffre moins. Mort à 2 heures.
Le 12, il ne reste plus que quatre femmes; deux, le n° 2 et le n° 6, s'en vont aujourd'hui; elles ont encore un peu de fièvre le soir, mais aucune manifestation locale. Le n° 6 n'a plus que mal à la tête ce matin.
Les deux autres femmes, encore un peu souffrantes, passent dans la salle Sainte-Adélaïde (salle des malades ordinaires).
En résumé, nos huit accouchées qui sont mortes ont eu des péritonites suppurées à formes cliniques très variées, mais chez la plupart on a pu constater : de la douleur dans les gouttières et aux attaches du diaphragme, une dyspnée très forte, un ballonnement très accusé de l'abdomen avec inaolence dans la dernière période de la maladie.
Deux de ces femmes, le n° 3 et le n° 16, prises le même jour, mortes le môme jour et à la môme heure, ont présenté un aspect général cholériforme, sans que pourtant les évacuations intestinales eussent rien qui ressemblât à la diarrhée du choléra.
D'ailleurs, la diarrhée a été très marquée chez toutes, au moins dans les premiers jours de la maladie. La plupart ont eu des vomissements verts, les traits tirés de la péritonite.
Ce ne sont pas seulement des ophthalmies purulentes ou des érysipèles, ce sont des phlegmasies bien autremenl graves, par exemple des pleurésies purulentes^ qu'ont eues quelques-uns des nouveau-nés plongés dans le milieu infectieux. Ces cas rappellent ceux qu'a signalés Lorain.
Ainsi, dans l'épidémie de 1876, chez un enfant de huit jours: la mère, âgée de vingl ans, entrée l<i !<> avril dans La salle d'accouchements, n'accouche que le 26; le 27. eîle est prise de
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frisson, de douleur le long du bord gauche de l'utérus, de céphalalgie, fièvre assez vive (38°, 4) ; on lui fait mettre le soir trois ventouses scarifiées qui enlèvent la douleur « comme avec la main»; le lendemain, elle va beaucoup mieux; n'a plus de fièvre le surlendemain, et guérit. C'est une forte fille, bien constituée, et qui sort parfaitement guérie le 10 mai.
Mais son enfant, qui était très vigoureuse, est prise à son tour, un soir, le 4 mai, huit jours après sa naissance, d'une affection fébrile grave, surtout à forme dépressive. Elle tombe dans un grand abattement, interrompu seulement par de violents accès de toux. Elle dépérit rapidement, et le lendemain n'était plus reconnaissant; la figure pâle, défaite, les traits tirés. On l'ausculte pendant qu'elle crie, et l'on constate une résonnance considérable de la voix du côté gauche. Nous supposons l'existence d'une pleuro-pneumonie. Mort le soir à dix heures.
A l'autopsie, on trouve, du côté gauche, un épanchement dans la plèvre d'une cuillerée à soupe environ de pus bien lié ; les parois de la cavité pleurale sont tapissées de fausses membranes crémeuses jaunes. Il n'y a aucune autre lésion.
Ainsi encore, dans l'épidémie de 1879, à la Pitié, pleurésie et périeardite purulentes développées chez un enfant de deux mois ; thoracocentèse et mort.
Cette enfant, née le 28 mars, dans le service, vaccinée quelques jours après sa naissance, se portait parfaitement, lorsque, le 9 mai, un érysipele apparaît sur le bras gauche. A partir de ce jour, pendant trois semaines, les'plaques érysipélateuses se succèdent, couvrent les deux bras et le tronc. Grâce aux soins dévoués de sa mère, qui avait eu cependant un accès de manie puerpérale ayant duré vingt-quatre heures (1), et un abcès profond de la fesse, pour s'être simplement cogné cette"région dans son délire (tant est grande la tendance pyogénique chez les femmes en couche !), l'enfant donc s'était remise.
Elle est emmenée au Vésinet, le 4 juin, bien portante et fraîche. Trois jours après, la mère nous la rapporte mourante à midi. Dyspnée extrême, pâleur de la face. Matité absolue dans
'!) Voir, plus haut, le<ion LXXV1, p. 701.