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INFECTION ET CONTAGION

toute la hauteur du côté droit du thorax, en avant comme en arrière. Souffle pleurétique dans toute l'étendue de la matité. Bruits du cœur faibles ; pouls petit, mais régulier.

A cinq heures, l'enfant est mourante : on pratique la thoracocentcse dans le cinquième espace, et l'on retire 40 grammes environ de liquide purulent ; mais l'enfant succombe un quart d'heure après.

A l'autopsie, quantité considérable de liquide purulent séreux, avec fausses membranes récentes et blanchâtres remplissant la plèvre droite. Broncho -pneumonie dans le poumon droit. Le péricarde est distendu par une quantité considérable de liquide purulent, laiteux, et rempli de fausses membranes blanches et très élastiques. On peut évaluer à 30 grammes la quantité de pus contenue dans le péricarde. Cœur et endocarde sains (1).

En fait, c'est le milieu infectieux qui fait l'infection. Ce milieu étant constitué, l'épidémie étant en pleine activité, l'infection se fait par contagion ; mais la contagion par contact immédiat n'est pas la forme la plus ordinaire ; la contagion peut avoir lieu par un contact indirect, par l'air. De môme que vous entendez parce qu'il y a des vibrations dans l'air, de môme vous êtes infectés parce qu'il y a des miasmes dans l'air. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne puisse être infecté beaucoup plus directement. Nous avons vu dans notre service, à vingt-quatre heures de distance, ce fait se produire: une femme meurt d'accidents terribles; on change le linge de son lit, mais non le reste de la literie ni les rideaux. Vingt-quatre heures après, une femme entre et est placée dans le môme lit; elle accouche, puis succombe au bout de six jours.

Pendant que j'étais interne de Monneret à l'hôpital Necker, j'avais l'honneur d'avoir obtenu la confiance d'un infirmier dont la femme, bien portante el sur Le point d'accoucher, demeurai I dans la rue de Sèvres, a quelques portées de fusil de L'hôpital. Un Jour où j'étais de garde, cel infirmier me pria «le recevoir si femme d'urgence pour que je pusse l'accoucher moi-même. Un

(I) Observation recueillir par le docleitr Lelullc, mou Interne (médaille d'or).

764 LES MALADIES PUERPERALES.

seul lit était vacant dans le service de la maternité; une femme venait d'y mourir, on refit le lit en toute hâte et l'on y coucha la femme de l'infirmier. Sans que j'eusse à intervenir, la délivrance se fit de la façon la plus naturelle ; mais à douze heures de distance cette femme fut prise d'un frisson violent et vingt-quatre heures après elle mourait. On ne fit pas l'autopsie, mais la malade était bien morte de métro-péritonite purulente. Il y a donc transmission possible d'une femme atteinte d'accidents puerpéraux à une femme en couche (1).

Le milieu puerpéral n'est pas seulement infectieux pour la femme en couche, il l'est pour la femme enceinte ; témoin ce fait que nous avons observé ensemble, et autour duquel on pourrait grouper de nombreux faits analogues (par exemple, comme nous allons le voir tout à l'heure, chez les infirmières enceintes) : il s'agit d'une femme qui eut une fièvre puerpérale pour avoir séjourné dans mon service pendant les deux derniers mois de sa grossesse. Yoici sommairement son histoire:

Une femme, âgée de 26 ans, domestique, enceinte de sept mois, primipare, est admise le 23 avril dans mon service à la Pitié. Cette femme, qui est sans asile et sans ressources, demande à passer à l'hôpital les deux mois qui la séparent de son accouchement. Dans le courant du mois, une épidémie de fièvre puerpérale sévit non dans la salle, mais dans le pavillon où se trouve cette malade. Du reste, le service d'accouchements étant fermé, elle n'est plus exposée à aucune influence nocive positive pendant le dernier mois de sa grossesse.

Elle accouche sans accident le 23 juin. Mais dès le lendemain elle est prise de frisson, de fièvre et de quelques douleurs de ventre. Le traitement mis en œuvre, vésicatoires, sulfate de quinine, injections vaginales phéniquées, etc., vient à bout de ces accidents, qui durent huit jours.

Il n'y a pas eu de péritonite à proprement parler, mais fièvre intense avec diarrhée abondante.

La convalescence paraissait bien établie, quand, vers le 1 5 juillet, la malade se plaint de douleurs vives dans le mollet et

(1) Voir plus haut, p. 745, un l'ait analogue de contagion dans un même lit.

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