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INFECTION ET CONTAGION

dans le creux poplilé. Il n'y a pas encore d'oedème, mais la localisation précise de la douleur sur le trajet des veines fait craindre le début d'une phlegmatia alba dolens. Celle-ci se caractérise bientôt, et peu de jours après, les douleurs augmentant et rendant tout sommeil impossible, le membre inférieur droit se tuméfie, devient le siège de l'œdème, dur, blanc, chaud, douloureux, caractéristique de la phlegmatia. Du reste, la santé générale de la malade reste assez satisfaisante, mais le moindre mouvement provoque de violentes douleurs et le sommeil n'est possible qu'au prix de préparations opiacées.

Actuellement (29 juillet), les douleurs sont moins. vives, les veines collatérales du tégument externe sont dilatées et donnent à la peau son aspect marbré caractéristique ; mais le membre inférieur reste chaud, douloureux et œdématié. En même temps, on remarque que la malade a notablement maigri et pâli.

Il peut donc y avoir transmission ou contagion des accidents puerpéraux, de l'infection puerpérale à une femme enceinte, c'est-à-dire à une femme qui n'a pas de plaie utérine. Voici encore ce qui est arrivé sous mes yeux et ce qui a été observé également par d'autres que par moi. En 4809, il y avait ordinairement dans mon service de la Pitié, qui n'était pas un service de maternité, quatre femmes en couche. Une femme atteinte d'accidents puerpéraux entre dans ma salle de femmes, au milieu de laquelle se trouvaient quatre femmes en gésine. Cette femme meurt d'accidents puerpéraux, et à partir de ce moment une petite épidémie se développe dans ce service de quatre lits disséminés. 11 y avait alors dans mes salles une infirmière clandestine, une femme qui s'était réfugiée à l'hôpital comme en un lieu d'asile, pour y cacher sa grossesse et y accoucher sans que sa famille le sût. Cette femme, très chagrine de s.»n accident physiologique, était liés intelligente, et elle écoutait avidement les paroles (pie je prononçais au lit des malades. Mais un jour je ne vis plus l'infirmière: la veille elle avait été prise «l'un violent frisson, de vomissements, d'une très vive douleur dans la totalité du ventre et de Ions les symptômes d'une métro-péritonite suraiguê; elle accoucha d'un fœtus de cinq on sil mois;

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puis, à la suite de cette fausse couche, les accidents ne firent que s'aggraver et cette femme mourut en quarante-huit heures. A l'autopsie nous constations une péritonite purulente généralisée, une double pleurésie diaphragmatique, avec du pus dans la cavité des deux plèvres et de la lymphangite utérine. Le fœtus avait aussi de la péritonite purulente et du pus dans ses lymphatiques.

Examinons ce fait de très près. Cette femme a eu sa métropéritonite avant d'être accouchée, avant d'avoir eu une plaie utérine. Elle était grosse, plongée dans un milieu infectieux ; elle contracte une fièvre pyogénique et elle accouche par le fait de ces accidents. Gomment se fait-il qu'il y ait eu de préférence quelque chose du côté de l'utérus? Comment, sinon parce que cet organe était le siège d'une hypérémie fonctionnelle nutritive? Il en est de même chez la femme qui a ses règles, chez laquelle il existe une hypérémie, hémorrhagique cette fois, et non plus trophique. Ainsi, M. Depaul et M. Tarnier racontent que des élèves sages-femmes de la Maternité ont été prises dans le cours de leur menstruation d'accidents puerpéraux terribles, les foudroyant en vingt-quatre heures. Or, on n'a jamais cité le cas d'une jeune fille vierge chez laquelle les règles se seraient accompagnées de métro-péritonite purulente, même en cas de menstruation très difficile ; et dans les autopsies des sagesfemmes ainsi infectées il y avait métro -péritonite purulente !

Mais l'infection peut avoir lieu même en dehors de la menstruation. En 1839, à la Maternité, dit M. Depaul, une élève sage-femme, vierge, et qui n'était pas à l'époque menstruelle, lavant les parties génitales d'une malade atteinte de fièvre puerpérale grave, fut prise brusquement elle-même de tous les symptômes de cette fièvre, et à son autopsie on trouva les lésions qu'on observe ordinairement dans cette maladie.

Il y a plus encore : la contagion peut avoir lieu, même en dehors de quoi que ce soit d'un acte physiologique quelconque ressortissant à la génération. Ainsi M. Bucquoy a cité le fait navrant d'une femme de son service atteinte d'un prolapsus utérin considérable et qui, après avoir été touchée par les élèves attachés à la maternité de l'hôpital Cochin, pendant une épidémie

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