PRÉCAUTIONS NÉCESSAIRES
salle Sainte-Thérèse, accidents puerpéraux et mort le 30. Le 28, accouchement dans la salle Sainte-Cécile, pas d'accidents. Enfin, le 9 mai, accouchement dans une salle voisine, pas d'accidents consécutifs.
Ainsi, sur 7 femmes disséminées dans un milieu qui paraissait sain, 3, c'est-à-dire près de la moitié, ont éprouvé des accidents de la plus haute gravité. Elles étaient entrées bien portantes et deux sont sorties mortes. La dissémination est donc loin d'être satisfaisante, quand un hôpital est ainsi infecté. Alors, il faut le fermer à toute femme enceinte pour deux ou trois mois.
A ce sujet, il n'est pas sans intérêt d'opposer les résultats obstétriques de la ville et de la maternité de Saint-Pétersbourg. Cette maternité est très bien située et toutes les lois de l'hygiène y sont parfaitement observées. Or, en ville, le nombre des accidents puerpéraux est de 0,6 pour 100, c'est-à-dire de 6 pour 1 000 ; à la maternité il est de 2 pour 100, c'est-à-dire de 20 pour 1 000 ; C'est déjà trois fois plus. Mais à la clinique d'accouchements de Paris il y en a 9 pour 100, c'est-à-dire 90 pour 1 000. Après cela est-il besoin d'insister?
Dans une très bonne thèse, destinée à réhabiliter quelque peu les maternités, M. de Beurmann est arrivé à fixer d'une manière exacte le nombre des accouchements faits depuis 1854 dans la salle Sainte-Anne de l'hôpital Lariboisière et le nombre des décès qu'ils ont entraînés. Ces derniers sont divisés en trois classes : 1° décès de cause accidentelle; 2° décès de cause puerpérale, consécutifs à des accouchements compliqués ; 3° décès de cause puerpérale à la suite d'accouchements simples.
Dans l'année qui a suivi l'ouverture de l'hôpital Lariboisière, cel hôpital, entièrement neuf, construit dans des conditions exceptionnellement bonnes, suivant les principales règles de L'hygiène, la mortalité brute a été de 1 femme pour 10,4 accouchées, et la mortalité puerpérale de 1 femme pour H ,8 accouchées. Ces chiffres effrayants n'ont jamais été dépassés ni même atteints depuis dans la même salle pour des femmes couchées dans les mêmes lits. Celte proportion descend au contraire dans l'en* semble de l.S.Yià IS78. On ne peut cependant admettre que l'influence nosocomiale soit à son maximum dans un hôpital entiè-
782 LES MALADIES PUERPÉRALES.
rement neuf. C'est donc, suivant M. de Beurmann, que la réunion d'un certain nombre d'accouchées dans un espace restreint et le milieu créé par cette accumulation ne sont pas la seule cause de l'élévation de la mortalité dans les salles de femmes en couche des hôpitaux. Cette mortalité résulte de plusieurs facteurs, parmi lesquels le mode de recrutement de la population des salles joue le plus grand rôle. Les femmes qui viennent pour accoucher, si elles sont bien conformées et bien portantes, sont réparties entre les sages-femmes de l'administration et l'hôpital luimême; si au contraire il y a lieu de craindre une complication pendant l'accouchement, on les garde toujours à l'hôpital. Il est donc impossible de comparer les résultats obtenus dans les deux cas.
Pour réduire au minimum possible la mortalité des femmes en couche dans son service de Lariboisière, M. Siredey emploie et recommande des soins de propreté rigoureuse et des précautions hygiéniques aussi nombreuses que nécessaires. Aussi la mortalité puerpérale s'est-elle notablement abaissée, et les chiffres cités par M. de Beurmann montrent que dans ces conditions le séjour de l'hôpital est moins fatal pour les femmes en couche qu'on ne l'avait cru. La mortalité est tombée à 1 pour 145 en
1877, et à 1 pour 199 en 1878 pour les accouchements simples; ces chiffres se rapprochent beaucoup de ceux qu'on obtient en ville, et Ton peut espérer les améliorer encore.
A la maternité de Gochin, à peu près isolée du reste de l'hôpital et possédant un personnel spécial, M. Polaillon, de 1873 à
1878, a obtenu des résultats meilleurs encore, puisqu'il n'a eu que 1 décès pour 229,9 accouchements simples.
Ainsi, sans aller jusqu'à prétendre que l'hôpital soit un milieu favorable pour les accouchées, M. de Beurmann est disposé à croire que son influence nocive a été très exagérée et que le traitement chez les sages-femmes, par lequel on a essayé de le remplacer, ne vaut pas mieux que lui.
M. Siredey a été successivement amené à prendre des mesures dont les unes ont pour but d'assainir le local et le matériel, les autres tendent à purifier de tout germe morbide les personnes qui approchent les malades.