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MORTS PARTIELLES AVANT LA MORT GENERALE

durée, de toutes ses fonctions moins une, la fonction respiratoire. De sorte que les poumons cessent de fonctionner alors que les autres organes thermogônes, et en particulier les reins et le foie, fonctionnent encore, et, fonctionnant, produisent de la chaleur (1).

Mais les phénomènes ne sont pas sans analogie chez l'individu qui succombe à une maladie aiguë : alors aussi les sources de la calorification sont loin d'être taries au moment où va cesser son existence. Il faut donc distinguer avec soin la mort lente de la mort rapide, et, dans la mort lente, celle de l'individu cachectique qui meurt par la déchéance progressive et parallèle de tous ses organes, comme dans la phthisie pulmonaire chronique, par exemple, en opposition à la phthisie aiguë. Dans le premier cas, presque aucun organe ne vaut plus rien : le foie est graisseux ou amyloïde, les reins sont amyloïdes ou infiltrés dans leurs canalicules sécréteurs ; et le malade qui meurt ainsi meurt presque autant par son foie et ses reins, — sans parler du reste du tube digestif, — que par ses poumons ulcérés. Au contraire, dans la mort rapide et tout accidentelle, comme par l'asphyxie que j'ai en vue, l'être succombe bien portant, et, je le répète à dessein, dans la plénitude de sa santé : l'agonie est aiguë. Quoi d'étonnant alors à ce que le foie et les reins, d'où le sang veineux sort plus chaud que n'y était entré le sang artériel (2), quoi d'étonnant, dis-je, à ce que le foie et les reins, dans cet organisme ainsi surpris par la mort, continuent de produire du calorique? calorique qui doit s'accumuler, puisque les poumons ne le dépendent plus. Et quoi d'étonnant enfin à ce que certaines autres sources de chaleur, — les contractions fibrillaires des muscles, par exemple, —persistent encore à en fournir même pendant quelques minutes après le dernier battement cardiaque, tous les organes n'étant pas morts du môme coup, par cela que les poumons ont cessé de respirer el Le cœur de battre?

Cl. Bernard a démontré que le ohauffe en traversant le rein el

]<> foie, oe qui ne peul être dû qu'à la sécrétion même qui s'opère dans oea organes. (Op. '//.. p. 201.) (8) Cl. Bernard, op. cit.

Avant la théorie que je vous expose, Leyden, de Berlin, avait essayé d'expliquer ces températures hyperpyrétiques et post mortem par le fait des convulsions toniques. « En effet, disait-il, puisqu'il résulte des expériences de J. Béclard que la contraction musculaire produit un double résultat, un mouvement et de la chaleur, quand le mouvement est minimum, la chaleur doit être maxima. Or, ces conditions sont réalisées dans le tétanos et généralement dans les convulsions toniques, où la contraction musculaire est excessive et le mouvement nul. Dans ce cas, la conséquence dernière doit donc être une élévation de la température. »

A cette explication séduisante, mais spécieuse, qui a été reprise en France par quelques auteurs, je réponds (et Wunderlich, avant moi, l'avait fait déjà) que si c'était la convulsion tonique qui élevât la température générale, on verrait celle-ci monter progressivement et pendant toute la durée de la névrose ; or, on observe tout le contraire, la température reste stationnaire aux alentours du chiffre de la santé, 37 degrés, pendant des jours et des semaines, puis, brusquement et invariablement, le 'dernier jour de la vie, quelques heures seulement avant la mort, et alors que parfois les convulsions sont devenues moins violentes ou même ont cessé, voici la température qui s'élève. C'est donc autre chose que la contraction musculaire qui produit cette élévation.

On a encore invoqué l'influence du système nerveux dans la production de ces températures élevées. Déjà Wunderlich avait dit qu'elles annonçaient le commencement d'une paralysie générale ; le docteur Ladé, dans un très bon travail, pense qu'elles sont produites par une paralysie des centres nerveux, et il rappelle l'élévation de la température dans les parties dont les nerfs vaso-moteurs ont été coupés. A propos de ses expériences que j'ai citées, Brown-Séquard s'était aussi demandé si la température élevée observée post mortem chez les animaux asphyxiés ne tiendrait pas à la paralysie des vaso-moteurs des régions du rectum ou du cloaque, et à une accumulation du sang en ces points.

Mais faire intervenir ici le système nerveux et sa paralysie,

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