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CHOLÉRA ET REFROIDISSEMENT

main. Il y eut comme exception le fait d'une jeune fille dont la bouchemarqua24 degrés unjour, 36°, 50 le lendemain, et qui guérit.

Dans ses recherches, Lorain est arrivé à cette conclusion que, dans le choléra, des courbes de température uniformément descendantes sont signes de mort, et il rapporte deux observations dans la première desquelles on voit en cinq jours la température de la bouche baisser de 5°,l (de 36°, 0 à 31°, 5), celle de l'aisselle de 3°, 2 (de 37°, 2 à 3i degrés), et enfin celle du rectum de 2°, 8 (de 38 degrés à 35°, 2) ; — dans la seconde observation, en huit jours la chaleur de la bouche tombe de 3°, 6 (de 34 degrés à 30°, 4); celle de l'aisselle de 3°, 2 (de 35%2 à 32 degrés), et celle du rectum beaucoup plus, de 5 degrés (de 37°, 8 à 32°, 8). Il y eut mort dans les deux cas. « L'abaissement de la température du rectum, dit à ce propos Lorain, est un phénomène d'une extrême gravité, lorsqu'il se maintient. »

Inversement, et d'après le même médecin, les courbes de température uniformément ascendantes marquent la tendance à la guérison : ainsi, dans deux cas terminés par la guérison, on voit chez un malade la température de la bouche s'élever graduellement de 2°, 6 (de 34 degrés à 36°, 6), celle de l'aisselle de \°,6 (de 35°, 6 à 37°, 2) et celle du rectum de 0°,6 (de 37°,4 à 38 degrés) ; chez l'autre malade, la température de la bouche s'élève de2°,G (de 35°,8 à 38°,4), celle de l'aisselle de 2°,1 (de 36°,4 à 38", 4) et celle du rectum de 1°,7 (de 37°, 6 à 39°, 3).

Ainsi, le choléra est, de toutes les affections aiguës, celle où la température peut s'abaisser le plus, sans que mort s'ensuive ; ce qui tient vraisemblablement, suivant moi, à V intégrité relative de l'organisme. Mais, dans aucun cas, nous ne voyous, sans que la mort en soit la suite, la température baisser autant que Chez notre malade du n° 14 de la salle Saint-Charles (28 degrés dans Le vagin), laquelle a cependant guéri ; et il ne nous semble y avoir d'autre raison de ce l'ait que V intégrité absolue de l'organisme. Cette femme n'avait rien perdu que du calorique, tandis que les cholériques indépendamment des altérations intimes et profondes dues à l'infection) subissent des spoliations excessives, et ne sont pas moins épuisés dans leur innervation par l'intensité de leurs douleurs cl de leurs crampes.

On peut encore observer un abaissement de la température sous l'influence de vastes brûlures : à la clinique de Billroth, à Zurich, le docteur Ladé a constaté une température de 33 degrés et quelques dixièmes dix-huit heures avant la mort chez un ouvrier dont la moitié ou les deux tiers de la surface du corps avaient été brûlés par de la vapeur.

A ce sujet, le docteur Ladé se demande si un pareil abaissement de la température ne serait pas la suite constante d'une brûlure très étendue ; puis, comparant les lésions analogues de la combustion et de la congélation, il cite un cas de congélation, intéressant à des degrés divers la peau de tout un bras et d'une partie de l'épaule et de la poitrine ; cas dans lequel la température a oscillé entre 35°, 5 et 36°, 8, jusqu'au moment où la fièvre de suppuration s'est établie (1).

En général, on peut dire que, le choléra excepté, il est rare d'observer dans les maladies aiguës de basses températures; aussi, quand le thermomètre descend au-dessous de 35°,5, peuton porter un fâcheux pronostic, bien que la température puisse ultérieurement se relever. Ainsi, Ladame cite un cas de fièvre puerpérale où, cinq jours avant la mort, la température de l'aisselle était tombée à 35°, 2, pour remonter dans les derniers jours sans que la malade pût se remettre.

Dans quelques maladies chroniques, surtout clans celles qui s'attaquent aux sources mêmes de la nutrition, la température peut notablement s'abaisser. J'ai fait à cet égard, et sous vos yeux, des recherches dont je vais vous entretenir.

Chez une malade atteinte de cancer de l'estomac, et qui entra dans la salle Saint-Charles de notre service, le 29 janvier, pour y mourir le 20 février, la température, qui était à l'entrée de 37°, 2 et de 37°, 3 le soir, tombait graduellement le 1er février à 36%6 le matin et à 36°,9 le soir ; puis à 36 degrés le 7 ; à 35°,6 le 8. La température se relevait un peu du 9 au 10, où la malade n'avait pas vomi et avait pu assimiler quelque nourriture : elle allait de 36°, 2, à 37°, 6. Puis elle baissait de nouveau du 11 au 19, veille de la mort, où elle tombait à 35°, 7 le matin et à 35°, 3 le soir.

(i) 0p> ctt., p. 27.

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