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LE DIABÈTE ET LA TUBERCUL1SATI0N

vous verrez rarement un aussi bel exemple de guérison locale du tubercule.

Plus sûrement encore que l'alcoolisme, le diabète produit la tuberculisation pulmonaire.

A ce sujet, il importe de dire, au préalable, que le diabète provoque des accidents pulmonaires d'ordre et de nature bien différents : les uns locaux, topiques, et dus à la glycohémie, ce sont la pneumonie aiguë, la pneumonie gangreneuse et la gangrène pulmonaire ; les autres, généraux, dus au dépérissement par inanitiation diabétique, ou phthisurie sucrée, c'est la tuberculisation pulmonaire.

Je n'insisterai pas sur les premiers de ces accidents, sinon pour dire que la pathogénie en est semblable à celle des autres accidents locaux et gangreneux du diabète : là comme ici, dans le poumon comme sous la peau, c'est la glycohémie, la présence du sucre dans le sang, qui fait tout le mal : le tissu vivant, irrité par la glycosc qui l'imprègne, n'attend que l'occasion pour s'enflammer, et souvent alors s'enflamme de mauvaise façon, de façon sphacélante. L'occasion est un refroidissement et voilà la pneumonie constituée. Mais comme l'organisme est affaibli par ses pertes quotidiennes de glycose, il est le plus souvent, sinon toujours, incapable de réagir. « Si une pleuro-pncumoniese déclare chez un glycosurique, dit M. Bouchardat, cette maladie, quoique avec un début peu grave en apparence, entraine toujours la mort, et souvent dans les vingt-quatre heures. » C'est là, pour les diabétiques, une des façons de mourir ; et vous voyez que c'est par les poumons. Si l'inflammation ne marche pas avec cette foudroyante rapidité, asphyxiant le malade par une congestion intense et parfois généralisée aux deux poumons, le processus phlegmasique devient un processus gangreneux ; c'est-à-dire que Le tissu pulmonaire se sphacèle comme se sphacèle la peau ou le tissu conjonctif, par irritation glycohémique (i).

D'autres lois, h; poumon se gangrène autour de masses tuber

(1) Voir, plus loin, la leçon LX.W1I. sur lu <ia>i<jrc>ic dfabétiqut*

culeuses, ainsi que l'ont observé les professeurs Monncret et Charcot. Et il est bien intéressant d'analyser, dans de tels cas, la pathogénie du phénomène : l'affaiblissement de la vitalité générale a déterminé l'apparition des tubercules dans les poumons, et l'affaiblissement de la vitalité locale de ceux-ci fait que l'inflammation provoquée par le tubercule autour de soi est gangreneuse au lieu d'être ulcérative.

D'ailleurs, il n'est pas douteux que ce ne soit cette déviation du travail morbide local propre à la tuberculisation simple qui soit alors la cause de la mort, car, à l'autopsie, on ne trouve ni les tubercules en nombre suffisant, ni le poumon à un degré d'altération assez avancée ou assez étendue, pour expliquer la fin : ainsi, chez un malade de Hodgkin, « il n'y avait qu'un gros tubercule solitaire et solide, autour duquel une portion considérable du parenchyme pulmonaire se trouvait en état de ramollissement gangreneux; » et, chez un malade de M. Charcot, on voyait « disséminées clans les deux poumons cinq ou six masses arrondies, parfaitement isolées les unes des autres, dont quelques-unes atteignaient le volume d'une grosse noix, et qui étaient constituées par de la matière tuberculeuse crue. Au pourtour de la plupart de ces noyaux, et dans une certaine étendue, le tissu du poumon était réduit en une pulpe molle, de coloration lie de vin, et imprégnée d'une sanie brunâtre. »

Cette même déviation du travail local, propre à la tuberculisation simple, imprime alors à la forme des symptômes un cachet, comme à la marche de la maladie une allure, qui la rapproche de la phthisie aiguë : le malade de M. Charcot, « depuis longtemps diabétique, avait succombé rapidement après avoir présenté tous les signes de la phthisie galopante. »

Ainsi, la tuberculisation pulmonaire diabétique peut revêtir une première forme qui participe à la fois des deux éléments pathogéniques en présence : de la débilitation générale, qui a produit le tubercule, et de l'altération locale du tissu pulmonaire, qui l'incite à se mortifier. Mais il est une seconde forme, de beaucoup la plus fréquente, la forme commune, semblable à celle qu'affecte la tuberculisation pulmonaire de cause quelconque; c'est la « mort lente par le poumon » .

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