DÉFICIT ORGANIQUE ET TUBERCULISATION TERMINALE
Pendant l'hiver de 1861, Tessier eut un anthrax du dos, qui fut énorme, et à la suite duquel s'en développa un second, également dans le dos, mais beaucoup plus petit. Consécutivement à ces accidents, le malade resta faible et amaigri.
Dans le mois de juillet 1862, c'est-à-dire au bout de six mois environ de cet état de faiblesse et d'amaigrissement persistants, Tessier, ayant pris une douche en pluie, s'enrhuma et continua de tousser désormais. Mais cette toux avait cela de particulier, indépendamment de son obstination, qu'elle était accompagnée de fièvre hectique, de petites hémoptysies et d'un amaigrissement de plus en plus rapide.
Cependant, Tessier continuait son service, lorsqu'au soir du lundi 12 mai 1863 il fut pris d'une petite hémoptysie, puis bientôt après d'une sorte de somnolence qui dégénéra vite en roma avec paralysie faciale et léger œdème de la face. 11 y avait de la fièvre, de la toux, de l'expectoration purulente, et l'émission des urines était involontaire.
Dans la nuit du 14 au 15, il eut subitement une violente attaque d'éclampsie et, à partir de ce moment jusqu'à sa mort, qui eut lieu le vendredi 16, à deux heures du matin, il offrit la succession des symptômes suivants : petites attaques d'éclampsie, somnolence, puis retour complet de la connaissance (I).
11 n'est pas douteux que Tessier ne fût devenu tuberculeux — disons mieux, phthisique — il ne s'en cachait guère à ses intimes et savait parfaitement qu'il avait des cavernes dans les poumons. 11 ne l'est pas davantage qu'il était devenu tel par le fait delà débilitation diabétique. Le refroidissement par la douche ne fut que l'occasion de la manifestation des accidents pulmonaires, qui, désormais, marchèrent d'une façon presque aiguë, jusqu'au jour où, décidément, l'éclampsie urinémique termina brusquement son existence.
En résumé, « des tubercules apparaissent toujours dans les poumons des glycosuriques quand l'élimination de la glycose a lieu en proportions considérables et pendant un temps assez long, « du avec raison le professeur Bouchardat, Or, si l'on consi-
(1) Marchai [de Calvi), H$chtrch$$ sur les accidents diabétiques, p, 164. Paris, 1864,
dère, avec Gl. Bernard, que le sucre est un produit de la vie et exclusivement propre à la vie; qu'il se trouve partout où il y a vie, et ne se trouve que là; qu'il est fabriqué et utilisé par les organismes vivants, lesquels ne sauraient s'en passer ; qu'il est, pour les végétaux comme pour les animaux, un aliment de réserve d'une utilité aussi considérable qu'absolue, on comprend toute la gravité de sa perte, de sa perte abondante, de sa perte quotidienne. De sorte qu'en réalité le dépérissement diabétique et la tuberculisation consécutive possible sont encore des résultats d'inanitiation par les voies digestives.