COMMENT L IDEE TRISTE AMOINDRIT LA VITALITE
maies de l'état de santé, il y a sérieusement lieu de redouter l'apparition des tubercules dans les poumons. Or, à propos de ses recherches qui démontrent l'abaissement continu du chiffre de l'urée chez les mélancoliques, M. Bergonier rappelle que, dans la manie comme dans la mélancolie, le chiffre de l'urée tombe au-dessous de la normale ; et il se demande comment les mélancoliques deviennent si fréquemment tuberculeux, alors que les maniaques ne se tuberculisent pas plus souvent que dans les conditions ordinaires de la vie. C'est encore affaire de mouvement et d'action musculaire : dans la manie, dit M. Bergonier, le malade s'agite, a des accès de fureur ; il se livre à des mouvements désordonnés et ne prend de repos que vaincu par la fatigue ; d'où il résulte que les combustions pulmonaires sont activées et qu'il se perd en même temps par les sueurs des quantités d'urée considérables, qui doivent compenser et au delà les quantités en moins d'urée excrétée par les reins.
Chez le mélancolique, au contraire, la respiration, nous venons de le voir, est languissante, la peau froide et sèche, les mouvements volontaires à peu près nuls ; et la composition de l'urine vient nettement exprimer cet état de misère organique.
Nous verrons d'ailleurs ensemble, et bientôt, que l'inertie des organes les prédispose à la localisation du tubercule en leur tissu ; que, pour ces raisons, le sommet des poumons est tuberculeux avant leur base ; je me contente ici de signaler ce fait, indique par les aliénistes, de la plus grande fréquence de la tuberculisation chez les mélancoliques ; et de mettre en saillie cet autre fait, mentionné par Marcé et Bergonier, de la moindre activité de la respiration chez ces mêmes aliénés, si facilement tuberculeux.
En résumé, c'est parce qu'il mange moins, agit moins et respire moins, c'est-à-dire parce qu'il prend moins de combustible et en brûle moins, que le mélancolique se tuberculise ; — c'est pour les mêmes raisons matérielles que l'homme triste peut en faire autant, et non point par une mystérieuse influence du moral sur le physique : dans l'enchaînement de phénomènes qui va de L'idée triste au tubercule, tout est parfaitement saisissable et peut rigoureusement se chiffrer.
Maintenant, la chose n'est pas indifférente ni sans conséquence peter. — Clin. méd. 3« édit, n . — 1 o
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pratique, car vous voyez d'ici la bienfaisante influence que peuvent avoir — non pas chez les mélancoliques aliénés, mais chez des gens attristés par le chagrin et que menace la tuberculisation ou qui commencent à se tuberculiser — la distraction ; la distraction, dis-je, ce fait tout matériel encore, puisqu'il enlève (distrahit) l'homme à sa propre pensée, et l'agent le plus efiicace de la distraction, le voyage.
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