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HÉRÉDITÉ TUBERCULEUSE

Mais par cela qu'il vit le produit possède une virtualité qui lui est propre et en vertu de laquelle il réagit d'une façon personnelle sur les influences de milieu.

11 y a donc dans l'hérédité trois éléments : les deux facteurs et le produit : ceux-là douant celui-ci, mais celui-ci réagissant à sa façon contre les influences de ceux-là.

En conséquence, soit un père tuberculeux et une mère saine et robuste : l'enfant présentera d'abord les attributs de ce qu'on appelle le tempérament lymphatique ; il vivra d'une existence quelque peu souffreteuse, mais enfin il vivra. Vienne l'âge de puberté, alors il présentera pour la première fois les signes de la tuberculisation, et cette tuberculisation s'effectuera ordinairement dans ses poumons. Pendant une vingtaine d'années l'influence maternelle aura combattu l'influence paternelle. C'est l'hérédité morbide uniparentale ou à facteurs divergents.

Soit maintenant un père et une mère tuberculeux : l'enfant n'atteindra pas la puberté pour se montrer tel. Dès la dentition première, la tuberculose se manifestera chez lui, et ce sera le plus souvent une véritable explosion, il y aura des tubercules un peu partout, dans les méninges comme dans les poumons, sur la plèvre comme sur le péritoine. Et ces tubercules seront des granulations. C'est l'hérédité morbide biparentale ou à facteurs convergents.

Soit encore un père et une mère scrofulcux, à ua degré quelconque : l'enfant sera scrofulcux; ou bien si, par l'influence du milieu, il échappe à cette diathese, il pourra, vers l'àgede puberté, devenir tuberculeux. Encore un cas d'hérédité morbide biparentale ou à facteurs convergents.

Jusqu'ici nous ne voyons (pie les facteurs. Voyons dune ce (pic peuvent le produit et son milieu.

Soit un père tuberculeux, mais une mère très robuste. Déjà l'influence paternelle est corrigée. Soit, de plus, une nourrice exceptionnellement vigoureuse. Par le fail d'une puissante alimentation, reniant réagit contre ce qui était en lui d'influence paternelle, et la santé est l'indice de cette réaction. Sevré, il vit au milieu de- champs ; -a nourriture est planlureuse ; il devient

un robuste adolescent. Homme fait, 'i reste placé dans lia oon«

ditions les plus hygiéniques, une direction savante a développé harmonieusement en lui les aptitudes du corps et de l'intelligence; la santé persiste; le produit continue à lutter victorieusement contre l'influence d'un de ses facteurs; la diathèse est tenue en échec ; l'hérédité est presque vaincue. Et ainsi peuvent aller les choses pendant de nombreuses années encore.

Voilà ce que peuvent le produit, en raison de sa virtualité propre, et le milieu, en vertu de ses influences.

C'est ainsi que l'on doit comprendre l'hérédité. C'est parce qu'il peut y avoir divergence des facteurs, c'est parce que le produit réagit sur lui-même, que les diathèses peuvent s'éteindre et l'hérédité dans le mal disparaître. Autrement on ne comprendrait pas comment la race humaine existe encore. Or, bien loin de diminuer, elle s'accroît d'année en année.

D'ailleurs, on ne naît pas tuberculeux, mais apte à se tuberculiser. C'est à peine si l'on peut citer quelque cas de fœtus ayant des tubercules, et l'enfant qui vient au monde n'en a ordinairement pas. Celui qui sera tuberculeux naît avec une faiblesse de constitution qui le prédispose au développement des tubercules, et c'est là précisément que peuvent intervenir avec efficacité les influences de milieu.

En général, chaque maladie héréditaire a son époque de développement; la syphilis apparaît quelquefois dès les premiers jours de la vie et, au plus tard, vers le cinquième ou le sixième mois; la scrofule, un peu plus tardive, se manifeste dans les premières années de l'existence; la tuberculose frappe ordinairement dans la jeunesse et à l'époque de puberté. Cependant, quand la diathèse est au maximum, la tuberculose se montre dès le très jeune âge et quelquefois dans la première année de la vie. Ces cas sont ceux où, le père et la mère étant tuberculeux, il y a convergence des facteurs et concours de circonstances aggravantes, telles que la misère et l'allaitement par la mère tuberculeuse.

Ce ne sont pas là de vaines hypothèses, mais des faits observés par moi, que M. N. Guéneaude Mussy a également observés, et je ne saurais mieux faire que d'invoquer ici sa grande autorité. Tout en reconnaissant, ainsi quejelefais, l'influence considérable de l'hérédité, réminent médecin de l'Hôtel-Dieu admet qu'on ne doit

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