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HEREDITE TUBERCULEUSE

pas la considérer comme fatale. « On voit, dit-il (I), des enfants de tuberculeux parvenir à un âge avancé ; l'hérédité peut être atténuée par certaines conditions de la génération. Ainsi la bonne constitution et la vigueur d'un des parents peuvent neutraliser la faiblesse et les éléments diathésiques que l'autre apporte. L'hygiène pourra modifier profondément l'organisme pendant son développement et combattre efficacement les prédispositions morbides qu'il apporte en naissant. »

De son côté, M. Pidoux (2) dit être en mesure de prouver que la phthisie descend moins souvent de la phthisie que de beaucoup d'autres maladies constitutionnelles et héréditaires. Et, en effet, d'après des relevés qui portent sur plus de 4000 observations, M. Pidoux ne trouve pas la phthisie « née de la phthisie » plus de 20 fois sur 100. Au contraire, s'il ajoute aux phthisiques nés de phthisiques ceux qui sont issus de parents affectés d'autres maladies chroniques, il arrive au chiffre de 50 pour 100.

Mon collègue le docteur Damaschino a réuni sur cette question de l'hérédité delà tuberculisation d'intéressants documents qu'il est bon de citer (3).

« La statistique de Smith précise, pour la première fois, non seulement le nombre de parents tuberculeux, mais leur état de santé habituelle; elle contient également des détails intéressants sur l'hérédité collatérale. Or, sur 1000 phthisiques, les sept dixièmes reconnaissaient dans leurs ascendants des causes morbides : ainsi 18 pour 100 des parents vivants étaient valétudinaires avant la naissance de leurs enfants; 34 pour 100 (plus du tiers) avaient été presque constamment malades; enfin, 20 pour 100 étaient morts phthisiques. On peut, sans forcer l'analogie, supposer que nombre de ces parents vivants, d'une santé chancelante, étaient déjà en puissance de tuberculose et ont dû plus tard succomber.

« Relativement à l'hérédité collatérale, elle se répartit ainsi qu'il suit : peu de grands-parents tuberculeux (2.8 pour 100), beaucoup de frères et de sœurs (23, 3 pour 100), quelques oncles

[\) N. Guéneau de Mussy, Clinique médicale, t. I, p. 409, 1874.

Pidoox, Études sur la phthisie, p. 92. Assclin, 1874. (3) Damascliiuo, Étiologie de la tuberculose, p. 40. I87t, — Excellent travail, fnit dans un esprit aussi médical que judicieux.

peter. — Clin. méd. 3e édit. n. il

et tantes (9 pour 100). Le chiffre de 23 pour 100 de phthisies chez les frères ou sœurs s'augmente singulièrement si l'on y joint la proportion de ceux que les parenls avaient antérieurement perdus, par tuberculisation suivant toute apparence. Ce dernier rapport ne s'élève pas alors à moins de 40 pour 100. »

C'est-à-dire que les mêmes produits de valétudinaires ou de tuberculeux (les frères et les sœurs) ont la plus grande tendance à avoir les mêmes aptitudes à se tuberculiser ; que la disposition tuberculeuse est moins accusée chez les consanguins moins rapprochés (oncles et tantes), ou moins rapprochés encore (grandspères ou grand'mères). Ce qui est au fond très naturel.

Les relevés de Fuller confirment ceux de Smith dans leur ensemble. Pour le nombre des phthisiques de père ou de mère, ou encore des deux à la fois, la proportion totale est de 25,7 pour 100. La transmission héréditaire par les grands-parents est de 17 pour 100. Elle est de 15 pour 100 par les oncles et les tantes.

Quanta la transmission héréditaire, elle est à peu près la même suivant qu'elle provient de la ligne paternelle ou de la ligne maternelle; car il n'y a qu'un léger écart en faveur de la transmission paternelle (48 au lieu de 40). Il en est de même de la transmission collatérale; le nombre des oncles et tantes ou des grands-parents phthisiques est sensiblement égal, qu'ils appartiennent à la famille du père ou à celle de la mère.

En résumé, c'est parce que la tuberculisation n'est le produit de l'hérédité directe et immédiate que dans le tiers des cas environ, et que, par conséquent, dans deux tiers des cas de tuberculisation celle-ci est le résultat d'une hygiène dépravée ; — c'est parce qu'on ne naît pas tuberculeux, mais tuberculisable, et que, par conséquent, on peut retarder et même empêcher, dans un grand nombre de cas, le développement des manifestations tuberculeuses ; — c'est pour ces raisons que j'ai commencé l'étude de la tuberculisation par celle de la façon dont on se tuberculise ; cette méthode me semblant non seulement plus rationnelle, mais aussi plus féconde en inspirations préventives ou thérapeutiques. Vous le verrez dans la pratique; et c'est là une consolation,

BASSESSE ORGANIQUE ET TUBERCL'LISATIOX. H.3

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