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GUERISON DES ANIMAUX INOCULÉS

veut avoir dans le poumon des altérations nombreuses, on doit employer une quantité assez grande de matières tuberculeuses. »

La contre-épreuve est également vraie : « Si l'on charge la pointe d'une lancette de matière tuberculeuse, en s'efforçant de diminuer autant que possible le traumatisme et les accidents locaux, on rend du même coup l'autopsie négative, >/

Dans une autre expérience, M. Metzquer a encore obtenu le rétablissement complet de cinq lapins qui avaient présenté les symptômes observés chez les animaux précédents et qui avaient été inoculés trois fois avec du tubercule, une première fois le 10 septembre, une seconde fois en octobre, une troisième dans les premiers jours de décembre. Or, ce qu'il y a de curieux, c'est que, malgré leur retour à la santé, ces animaux avaient des lésions pulmonaires : ainsi trois d'entre eux ayant été étranglés par des chiens le 27 janvier (c'est-à-dire quatre mois et dix jours après la première inoculation et plus d'un mois et demi après la dernière), présentaient des lésions de pneumonie alvéolaire, comme cela résulte de l'examen microscopique fait par MM. Morel, Michel et Feltz. (Je reviendrai tout à l'heure sur ce fait et cette autopsie.)

Ainsi sept expériences démontrent la possibilité du rétablissement complet d'animaux qui, après l'inoculation, avaient présenté tous les symptômes observés chez ceux que M. Villemin regarde comme phthisiques.

« Or, si, d'une part, une matière non tuberculeuse produit par son inoculation tous les symptômes et les altérations anatomopathologiques que M. Villemin retrouve dans ses autopsies ; si, d'autre part, il arrive fréquemment que les animaux paraissant voués à la mort se rétablissent, bien qu'ils aient été inoculés avec du tubercule et qu'ils aient présenté, après l'opération, les symptômes que l'on remarque chez ceux que M. Villemin sacrifie, n'est- on pas en droit de conclure, dit M. Metzquer, que l'affection déterminée par L'inoculation n'est pas la phthisie? Si c'était réellement la tuberculose que l'on développai par inoculation, ce résultat ne devrait s'observer qu'avec la matière tuberculeuse, -cnle, et la maladie une lois développée devrait marcher

a une terminaison fatale. »

2° Relativement à la deuxième proposition de M. Metzquer, à savoir que : « Chez les animaux qui survivent aux inoculations (et c'est la majorité), on ne trouve plus rien à l'autopsie, si l'on a attendu assez longtemps ; qu'en tous cas, les lésions trouvées dans le poumon sont en raison inverse de la durée de la survie, et que par conséquent les nodules se résorbent, » M. Metzquer a fait les expériences suivantes :

« 11 inocule le 7 octobre cinq lapins avec un mélange de tubercule vrai et de pneumonie caséeuse ; un examen microscopique minutieux précédant l'inoculation ne laisse aucun doute à cet égard.

« Le n° 1 est tué le 27 octobre. Il avait été inoculé au niveau du tiers postérieur des dernières côtes. Il existait au point d'inoculation un peu d'empâtement, à l'incision un flot de pus s'en échappa. Les lymphatiques du train postérieur offrent à la vue des tractus blanchâtres qui permettent d'affirmer que tout se passera du côté du foie. En effet, les poumons sont congestionnés et ne présentent pas trace de tubercule ; on remarque à la base du poumon droit un point blanchâtre, difficile à détacher de la plèvre, dur, rénitent, qui n'a absolument rien de l'apparence du tubercule et est constitué par un petit abcès à pus sec, en voie de régression. Mais l'on conçoit très bien que cet abcès, devenu plus petit, aurait pu donner le change et faire croire au tubercule. Le foie est criblé de petites masses blanchâtres (abcès à pus sec) se reliant entre elles par de petites traînées blanchâtres elles-mêmes. Le microscope ne laisse pas de doute.

a Le n° 2 est tué le 1er décembre ; inoculé très légèrement derrière l'oreille avec une pâte tuberculeuse demi-liquide, aucun accident local ne s'était développé. L'autopsie est purement négative. »

Ce fait est d'accord avec une expérience citée précédemment et démontre la nécessité d'une quantité massive de substance tuberculeuse pour la production de lésions pulmonaires.

« Le n° 3, tué le 15 janvier, en pleine santé, présente huit ou dix petits abcès à pus sec, qui n'ont rien de l'apparence du tubercule. Examinée au microscope, cette production donne les

INFARCTUS PSEUDO-TUBERCULEUX. 23B

mômes éléments histologiques déjà retrouvés dans le poumon d'un animal inoculé avec une substance non tuberculeuse.

« Le n° A, tué le 15 février, présente trois petits nodules exactement semblables aux précédents, mais plus petits et plus durs. M. Metzquer affirme qu'en conservant encore quelque temps le n° 5, le poumon ne présentera rien. Et, en effet, le n° 5, tué dans le mois d'avril, ne présente rien à l'autopsie. »

Le 15 septembre, il inocule trois lapins, deux avec de la matière tuberculeuse à une période assez avancée, et un avec du gras de porc. Ils sont mis dans la même caisse et reçoivent la même nourriture. La personne chargée de les soigner leur donne, le 1er décembre, une grande quantité de feuilles de choux humides. Les lapins meurent dans la journée tous trois. L'autopsie des deux qui avaient été inoculés avec du tubercule ne fit reconnaître que des infarctus et de petits abcès, ces derniers en très petit nombre. Chez celui qui avait été inoculé avec le gras de porc, on trouve trois ou quatre tubercules types situés au milieu d'infarctus assez larges. Ces nodules, de la grosseur d'une demi-tête d'épingle, sont durs, ils siègent dans le tissu conjonctif et sont, pour M. Metzquer, le résultat ultime d'infarctus. Ils sont dus à l'opération subie, puisqu'ils se trouvent au milieu de lésions produites par l'inoculation (infarctus). La confusion avec le tubercule était des plus faciles, elle eût été peut-être impossible à éviter si l'on eût rencontré les produits chez un animal inoculé avec de la matière tuberculeuse.

Enfin vient l'expérience de la triple inoculation faite à cinq lapins avec de la matière tuberculeuse, le 10 septembre, dans le courant d'octobre et dans les premiers jours de décembre; expérience dont je vous ai déjà parlé à propos du retour possible à la santé d'animaux malades à la suite de leur inoculation tuberculeuse. Eh bien, le 5 décembre, on tue le numéro 1, et il présente des infarctus sur la nature desquels il n'y a pas de doutes possibles, ainsi que de petits abcès. Les infarctus sont m 1res grand nombre ; le poumon en est farci.

Dans ce cas l<;s infarctus ne sont pas douteux: on va voir qu'à mesure qu'on s'éloigne de l'époque de L'inoculation, il est plus difficile de savoir à quoi l'on a affaire; c'est-à-dire rme la ré-

gression modifie l'infarctus et le fait ressembler à du tubercule ; qu'enfin, si l'on attend un plus longtemps encore, la résorption de ces matières en voie de régression s'est accomplie, de sorte que l'on ne trouve plus rien dans les poumons. Ainsi, trois des quatre lapins survivants sont étranglés par des chiens en janvier et présentent des noyaux tuberculiibrmes de pneumonie alvéolaire; le cinquième n'est sacrifié que le 10 juin (neuf mois après la première inoculation) et on ne trouve qu'un seul nodule n'ayant plus l'aspect des noyaux tuberculiformes. Voici, d'ailleurs, ces détails anatomiques : A l'autopsie des trois lapins étranglés par les chiens, « on trouva les poumons farcis de nodules tuberculiformes, de la grosseur d'un pois, arrondis, faisant saillie sous la plèvre, durs et résistants, de couleur grisâtre et jaunâtre à la coupe. Or ces nodules furent examinés séparément par le professeur Michel, et à Nancy par le professeur Morel. L'examen le plus minutieux conduisit ces deux savants à la même conclusion, à savoir que ces nodules n'étaient pas tuberculeux. Pour M. Morel, ils étaient formés d'éléments de nature épithéliale, très irréguliers de forme et de volume, et rappelaient certaines formes de pneumonie épithéliale ne produisant pas de pus. On y trouvait quelques globules sanguins, des noyaux libres et des débris de tous ces éléments. Enfin, ils remplissaient les vésicules pulmonaires. Enlevés, on trouvait intacte la charpente du poumon, ce qui éloigne toute idée de produit tuberculeux. » Comme M. Morel, M. Michel trouva que les lésions siégeaient dans les alvéoles du poumon, qu'elles étaient formées de cellules épithéliales, remplies pour la plupart de granulations noirâtres ; qu'enfin c'étaient « les éléments que l'on rencontre dans toute pneumonie, et que ces indurations étaient ainsi des noyaux pneumoniques. »

Le survivant de cette série fut tué le 10 juin (neuf mois après la première inoculation et six mois après la dernière), il était très bien portant et « l'on ne trouva dans ses poumons qu'un seul nodule qui n'avait plus l'aspect des précédents, présentait une certaine transparence, mais ne pouvait se confondre, môme à la simple vue, avec le tubercule. »

En résumé, les expériences de M. Metzquer, les unes confir-

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