LES PRODUITS D INOCULATION NE FONT PAS LA PHTHISIE
matives des précédentes, les autres absolument neuves, semblent démontrer :
A. Au point de vue anatomique : 1° qu'on peut produire, par l'inoculation de matières, tuberculeuses ou non tuberculeuses, une série de lésions commençant par l'infarctus hémorrhagique et finissant par le nodule d'apparence tuberculeuse ; 2° que ces lésions se succèdent régulièrement l'une à l'autre par l'effort réactionnel du tissu envahi et par le fait du temps écoulé ; 3° que ces lésions disparaissent par résorption ;
B. Au point de vue histologique : l°que ces lésions, depuis l'infarctus jusqu'au nodule, sont dues à la présence d'un corps étranger dans un vaisseau ; 2° qu'elles sont un résultat d'embolie ; 3° qu'on trouve toujours les éléments du sang dans la composition du nodule ; 4° qu'enfin celui-ci siège dans la cavité de l'alvéole et non dans la paroi ;
G. Au point de vue symptomatique : 1° que les accidents provoqués sont dus à la présence dans l'organisme d'une matière étrangère privée de vie et plus ou moins putride ; 2° qu'ils présentent ainsi les caractères des maladies générales dites putrides et non ceux de la phthisie pulmonaire ; 3° que, si l'animal ne succombe pas dans les premiers temps qui suivent l'inoculation, il guérit absolument de ces accidents et jouit d'une bonne santé, bien qu'il ait ses organes encore envahis par une quantité plus ou moins considérable de nodules d'apparence tuberculeuse ;
D. Au point de vue nosologique : qu'ainsi, la lésion artificiellement provoquée n'est pas plus du tubercule que la maladie qui en dérive n'est la phthisie tuberculeuse.
Au milieu de ce dédale d'expériences et d'interprétations, un fait apparaît cependant, c'est, par suite de l'inoculation, la production, au sein des organes, de matières identiques ou analogues au tubercule : ces matières étant de vrais tubercules pour les uns, tandis qu'elles ne seraient que des infarctus par embolie pour les autres.
Tubercule vrai ou simple infarctus, un fait est (loin- certain, c'esl que l*1 produit provoqué a pour point de dépari H d'incitation matérielle un corpuscule étranger, lequel se retrouve au centre du produil nouveau. Waldenburg Ta très ingénieusement
démontré : ayant coloré par de l'aniline, du carmin ou de l'indigo des substances tuberculeuses et les ayant injectées, après trituration, chez des animaux, il retrouva la matière morbide colorée au centre de toutes les granulations rencontrées à l'autopsie. Ainsi le corps du délit n'est pas douteux.
Ce qui ne l'est pas moins, c'est le cheminement, la migration de ce corps à travers les vaisseaux lymphatiques et sanguins ; l'arrivée et Y arrêt du corps migrateur en un point du système vasculaire sanguin ; et alors, ou bien il y a, par excès de pression résultant de la vis a tergo, rupture du vaisseau embolisé, et par suite infarctus, suivant ultérieurement des phases régressives qui le font ressembler à du tubercule ; ou bien il y a incitation des points parenchymenteux voisins du vaisseau embolisé ou de la tunique externe de ce vaisseau et prolifération par cette irritation. Puis, si l'on sait attendre, la prolifération cesse quand cesse la migration du corps incitateur ; et, si l'on sait attendre davantage encore, les produits ainsi provoqués disparaissent par résorption et non par ulcération.
Or, dans la germination spontanée du tubercule, tout autre est le mécanisme de formation comme d'évolution ultérieure et de résultat définitif : il n'y a pas d'irritation préalable à la tuberculisation, la germination a lieu par déviation trophique et avec anémie du tissu en travail de tuberculisation, l'hypérémie est consécutive et résulte de l'irritation du tissu circonvoisin au contact et par le contact du corps tuberculeux une fois produit ; corps tuberculeux né dans l'organisme, mais incapable d'une vie normale, étranger par suite aux échanges moléculaires normaux, devenant de la sorte étranger à l'organe qui l'a engendré, et y agissant à la façon d'un corps étranger venu du dehors, c'està-dire y créant une irritation, puis une inflammation éliminatrice par ulcération. Mais, comme la germination est spontanée, elle ne s'arrête pas; de nouveaux tubercules sont incessamment produits et engendrent incessamment, par invasion de proche en proche, l'irritation, l'ulcération et finalement la destruction de l'organe envahi par eux.
L'inoculation ou insertion de la matière tuberculeuse serait donc une sorte d'iNVASioN vasculaire, limitée aux seuls vaisseaux