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LES PRODUITS ^INOCULATION NE FONT PAS LA PHTHISTE

lymphatiques ou sanguins; provoquant sur place, là où s'arrête le corps étranger envahisseur, une prolifération cellulaire, comme le globule de pus, ou l'infarctus, provoque une genèse de leucocytes ou de pus ; mais l'individu dont le système vasculaire a été ainsi envahi, pourrait se débarrasser par résorption spontanée du corps étranger envahisseur, comme du mal local qui en était résulté. On aurait donc, d'un côté, le vrai tuberculeux, qui meurt de sa tuberculisation, et par le fait de l'extension graduelle ainsi que de l'aggravation anatomique de ses lésions tuberculeuses ; et, d'un autre côté, celui dans l'organisme duquel on a introduit de vive force de la matière tuberculeuse, qui peut guérir de la maladie artificielle ainsi provoquée, le mal local et tout physique restant d'abord tel, loin de s'étendre, et finissant par s'éteindre, loin de s'aggraver.

11 y aurait ainsi une différence entre l'invasion vasculaire tuberculeuse et l'imprégnation générale par un virus, laquelle engendre toujours et nécessairement une maladie semblable à celle dont elle provient par inoculation ou par contagion.

Les expériences si ingénieuses de M. Villemin ont donc démontré une chose,. c'est que l'inoculation de matières tuberculeuses produit une maladie accidentelle; mais, que ce soit par pullulation ou par infarctus, cette maladie ainsi artificiellement suscitée différerait de la phthisie vraie et spontanée, en ce qu'elle reste curable ; et c'est là une démonstration qui semblerait résulter des expériences de M. Metzquer.

Vous comprenez d'ailleurs combien il y a loin de tout cela à des applications réellement pratiques, et qu'il ne s'ensuit nullement que la phthisie soit inoculable à l'homme ; attendu qu'il faut, pour que l'inoculation réussisse, une série de conditions qui, heureusement, ne sont jamais réalisées dans le cours ordinaire de la vie ; il faut, en effet, d'abord une dose massive de matière inoculable ; il faut ensuite que ce soit de la granulation, de préférence à toute autre substance liquide (crachats ou sang); il faut enfin que ce soit par une insertion méthodique et à l'aide d'une plaie suffisamment large.

Mais je n'ai pas encore épuisé le sujet : l'habile et savant

nS LES TUBERCULEUX ET LES PHTHISIQUES.

M. Chauveau aurait réussi à produire la tuberculisation chez des animaux en leur faisant manger des matières tuberculeuses. Dans ces cas, l'invasion de l'organisme aurait lieu par les vaisseaux des voies digestives. Le 9 septembre 1868, il fait avaler à trois génisses 30 grammes environ de substance tuberculeuse, délayée dans l'eau, et consistant en matières caséeuse, puriforme, crétacée, extraites du poumon d'une vache phthisique. Le 5 et le 7 octobre suivants, on renouvelle l'ingestion sur deux des trois génisses. Les animaux sacrifiés, vers la fin du second mois, présentèrent des lésions tuberculeuses généralisées, très abondantes surtout dans le tube intestinal. Une quatrième génisse de même provenance, à laquelle on ne fit point avaler de matière tuberculeuse, continua de se bien porter (1).

De ses trois expériences sur des vaches, M. Chauveau a conclu que « le tube digestif constitue chez V homme » (sur lequel il n'a pas expérimenté) «comme dans l'espèce bovine une voie de contagion qui est des mieux disposées pour la propagation de la tuberculose, et qui peut-être entre bien plus souvent en jeu que la voie pulmonaire. » Tout cela, vous le voyez, est bien hypothétique.

Cette autre conclusion ne l'est pas moins : « Si la tuberculose bovine appartient à la même espèce que la tuberculose humaine, il y a dans l'alimentation avec la viande de boucherie provenant des animaux phthisiques un danger auquel sont surtout exposées l'armée et les classes pauvres. » Ici, première hypothèse : la tuberculose de la vache est-elle la même que celle de l'homme? ce qui n'est nullement démontré. — Deuxième hypothèse : la viande (non tuberculeuse) d'un animal tuberculeux estelle tuberculisante au même titre que le poumon, réceptacle des tubercules de cet animal?

Il me semble donc que M. Chauveau s'est un peu pressé de conclure et que ses conclusions sont loin de découler naturellement de ses expériences. Remarquez, en effet, je vous prie, que M. Chauveau a conclu du poumon tuberculeux à la chair musculaire intacte, de la partie au tout. Il fait avaler de la substance

(1) Bulletin de V Académie de médecine, 17 nov. 1868.

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