QU IL N Y A PAS DE PHTHISIS AB H/EMOPTOE
veut de cette doctrine, qu'on aurait pu croire irrévocablement condamnée.
Dans ses Leçons cliniques sur la phthisie pulmonaire, il invoque, comme principal argument à l'appui, ce fait que, la phthisie pulmonaire étant due le plus souvent à des « processus pneumoniques», il n'était pas impossible que l'hémoptysie fût le point de départ de la phthisie. Au contraire, ajoute-t-il, il serait difficile de comprendre que « le sang coagulé dans les bronches et les alvéoles ne provoquât pas de processus pneumoniques et n'entraînât pas, par conséquent, la phthisie avec la terminaison de ces derniers en infiltration caséeuse. » C'est, vous le voyez, arrangée à la moderne, la doctrine pure et simple de l'antiquité. Mais, tout cela étant de la théorie, il n'y attache pas plus d'importance que de raison. Ce qu'il estime bien davantage — et moi aussi — ce sont les faits. Or, les faits, dit-il, apprennent que maintes fois à la suite d'une hémoptysie il y a des « phénomènes d'irritation plus ou moins vive du poumon et de la plèvre » ; ainsi, <; au deuxième ou au troisième jour d'une hémorrhagie, élévation de la température, accélération du pouls, troubles généraux, douleurs thoraciques, souvent aussi râles fins, bruits de frottement, faiblesse du murmure vésiculaire ou respiration bronchique ». Cependant Niemeyer veut bien reconnaître que la terminaison la plus commune de ces processus pneumoniques secondaires, dont il admet si facilement l'existence, est la résolution. Dans d'autres cas, au contraire, les accidents persistent et s'aggravent, « les malades sont rapidement consumés par l'intensité croissante de la fièvre, les exacerbations du soir, suivies de sueurs nocturnes, les malades toussent et expectorent des crachats mucoso-purulents, et l'on a lieu de craindre que ['infiltration pneumonique n'ait subi une transformation caséeuse et que les individus no soient atteints de phthisie. » De sorte que « la seule explication qu'on puisse donner d'une phthisie galopante survenue chez des individus sains (?) auparavant, immédiatement après une hémorrhagie pulmonaire, est la suivante : h sang resté dans les bronches et les alcool''* <> culmine une pneu* un, un: avec infiltration caséeuse ci désorganisation ultérieure <ln san§ retenu dans les poumons et des produits inflammatoires, »
C'est tout simplement la pensée d'Hippocralc traduite en langue moderne.
Examinons un peu tout cela.
Il y a ou il peut y avoir, à la suite de toute hémorrhagie pulmonaire un peu abondante, un fait toujours le même : coagulation dans les voies aériennes du sang qui n'a pas été rejeté par l'expectoration. Il y a pour Niemeyer, chez tous les individus dans ce cas, « une irritation pneumonique non douteuse.» Mais celle-ci se termine d'une façon bien différente : par résolution chez le plus grand nombre, par transformation caséeuse et phthisie chez quelques autres. Pourquoi, à la suite d'un même fait, résolution ici et tuberculisation ultérieure là? Au moins faut-il admettre, dans ce dernier cas et pour tout cet ordre de malades, la prédisposition qu'invoquait Andral et dont l'idée abstraite semble répugner à l'esprit positif de Niemeyer !
Et cette prédisposition, incontestable néanmoins, n'a-t-elle pas pu produire les tubercules comme elle a provoqué l'hémorrhagie ? et celle-ci même après ceux-là ?
Mais qui prouve l'antériorité de l'hémorrhagie ? L'absence de signes quelconques — généraux ou locaux — de tuberculisation pulmonaire, pour Andral comme pour Niemeyer : étant inadmissible pour eux que des granulations puissent exister silencieuses dans les poumons.
Voyons donc ce que vaut l'argument.
Je puis d'abord vous affirmer qu'on trouve maintes fois, à l'autopsie d'enfants morts de méningite tuberculeuse, de nombreuses granulations dans les poumons, bien que ces enfants n'aient jamais toussé ni présenté de symptômes pulmonaires appréciables : j'ai observé entre autres ce fait chez une petite fille dont je fis l'autopsie avec le docteur Taupin, médecin ordinaire de la famille. Or chez cette petite fille, qui n'avait jamais toussé avant sa maladie méningée, ni dans le cours de celle-ci, nous trouvâmes des milliers de granulations grises transparentes, au milieu d'un tissu pulmonaire blanc rosé, d'aspect normal et sans aucune hypérémie périphérique. A côté de ce fait, que j'ai observé dans des conditions toutes spéciales de rigoureuse exactitude, j'en veux grouper d'autres empruntés à