QU'IL N Y A PAS DE PHTHISIS AB HJ3M0PT0E
suite la favoriser ou à fortiori la provoquer; et rarement, pour ne pas dire jamais, on ne voit d'hémorrhagie concomitante. Pourquoi les alvéoles pulmonaires, qui ne sont qu'un tissu conjonctif bassement organisé, se tuberculiseraient-ils donc autrement que le tissu conjonctif des séreuses dont je parle, c'està-dire par le fait d'une hémoptysie? Et pourquoi ne pas voir, dans cette hémorrhagie qui se produit parfois dans la tuberculisation pulmonaire, le résultat purement contingent de la vascularité tout exceptionnelle du poumon, vascularité qui est la condition même de sa fonction?
D'ailleurs, la tuberculisation par hémorrhagie ne serait pas seulement un mode exceptionnel pour le poumon par rapport aux autres organes, elle serait un mode exceptionnel ou rare de genèse tuberculeuse par rapport au poumon lui-même; attendu qu'il se tuberculise le plus souvent, comme les autres organes, sans hémorrhagie concomitante. C'est encore là une affaire toute contingente.
Ainsi, chez les enfants si fréquemment tuberculeux par les poumons, et chez lesquels la tuberculose est le plus souvent généralisée, l'hémoptysie est pour ainsi dire inconnue avant sept ans, et elle est encore très rare avant quinze ans; elle est d'ailleurs terminale et non pas initiale, ainsi que je vous l'ai dit dans une autre leçon (1). Enfin, chez les hommes tuberculeux l'hémoptysie est moins fréquente que chez les femmes ; et chez celles-ci moins fréquente avant qu'après la ménopause, suivant Louis.
Mais je n'ai pas fini : il y a toute une espèce d'hémoptysie qui échappe à la tuberculisation consécutive, c'est celle qui dérive d'une affection cardiaque, et qui devrait d'autant plus facilement déterminer la genèse des tubercules (si la théorie toute mécanicienne de Niemeyer était exacte) que l'hémoptysie est habituellement l'expression symptomatique d'une apoplexie pulmonaire, c'est-à-dire d'une altération grave du parenchyme du poumon. Et puisque la tuberculose ne suit jamais cette apoplexie, il en faut bien conclure que celle-ci est impuissante à elle seule. Ce qui nous ramène à la prédisposition d'Amiral.
i V.»ir t. |, à la lin de la leçon XXXN .
peter. — Clin, méd. 3» êdit. n. — 17
En résumé donc, d'une part, il est incontestable que la tuberculisation, envisagée à son point de vue le plus général, s'effectue dans les tissus et les organes sans hémorrhagie préalable et nécessaire de ceux-ci ;
Et, au point de vue du poumon, il est également non douteux que, le plus souvent, la tuberculisation y peut avoir lieu sans hémoptysie préalable ;
11 est incontestable, d'autre part, que l'hémoptysie est observée sans tuberculisation pulmonaire consécutive, dans le cas d'affection du cœur, par exemple ;
Par conséquent, l'hémoptysie n'est pas une cause nécessaire de tuberculisation dans ce dernier ordre de cas;
Par conséquent, si l'hémoptysie est capable de produire la tuberculisation dans certains autres cas, il faut bien admettre que ces cas ont au moins quelque chose de spécial ; — d'où suit la nécessité de l'intervention d'un autre agent, et cet agent, c'est la prédisposition organique. Mais cette même prédisposition est capable à elle seule d'engendrer la tuberculose dans les cas où il n'y a point d'hémoptysie ; pourquoi ne le pourrait-elle pas à elle seule aussi quand il y a hémoptysie?
Du reste, afin d'élucider cette question de savoir si la présence du sang dans les voies aériennes était pour ces voies une cause possible d'inflammation, et, dans l'espèce, d'inflammation tuberculisante, j'ai fait en 1869 quelques expériences que je vais vous rapporter sommairement .
En premier lieu, et pour me rapprocher le plus possible des conditions de l'hémorrhagie pulmonaire, à la suite de laquelle une partie du sang sorti des vaisseaux tombe dans les voies aériennes, j'ai fait des injections de sang dans les bronches. En second lieu, et parce que ces expériences avaient été rapidement suivies de mort, j'ai fait des plaies pénétrantes du poumon.
Voici ces expériences, que j'ai effectuées avec l'aide de MM. Rodocalat, Hirne et Ullé, élèves du service :
Après avoir mis à nu la trachée d'un lapin et lui avoir fait la trachéotomie, je lui injectai, à l'aide d'une seringue graduée, 22 centimètres cubes de sang humain en voie de coagulation,