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EXPERIENCES DE PETER

sang. Or le sang qui restait dans les bronches de mon second lapin était à lui seul insuffisant pour déterminer la mort (4).

Quoi qu'il en soit de la cause immédiate de la mort dans ces cas, je résolus de provoquer directement un épanchement de sang dans le poumon. A cet effet, j'enfonçai dans le côté droit de la poitrine d'un lapin adulte un porte-mèche à l'aide duquel je fis plusieurs plaies par déchirure du poumon, en ayant soin de retourner le fer dans la plaie.

L'opération fut très bien supportée par l'animal : à la suite, il respirait assez bien, mangea et ne parut nullement incommodé. L'auscultation faisait entendre, au niveau du point blessé, une fine crépitation.

Le troisième jour après l'opération, je sacrifiai ce lapin. A l'autopsie, on trouva le poumon tout à fait sain, à cela près de petites taches rouges sous forme d'infiltration sanguine peu étendue au niveau des points où l'organe avait été blessé. La plèvre était un peu épaissie à l'endroit des cicatrices, mais il n'y avait ni exsudât pleurétique ni infiltration fibrineuse pneumonique (2).

Ainsi, pas d'inflammation ni par le fait de la blessure ni par celui du sang épanché.

Dans une quatrième expérience, je labourai avec un ténaculum le poumon droit d'un jeune lapin assez chétif. Immédiatement, production d'une crépitation très fine ; dyspnée avec dilatation des narines.

Le lendemain, l'animal était mort, et je trouve sur le poumon droit quelques taches d'un rouge noirâtre, puis les déchirures produites par l'instrument; mais sur le poumon gauche on voit aussi des taches rouges, comme ecchymotiqucs. Les bronches incisées sont rouges et ne contiennent pas de caillot sanguin. L'incision des poumons droit et gauche, au niveau des taches rouges, fait voir que celles-ci sont formées par du sang infiltré dans la trame pulmonaire. 11 est probable que celles du poumon

(1) Voir dans les Archives de Virchow, lld 51, p. B53, lea expériences de L. Perl et, II. Lipmann, confirmalives des miennes, sur L'impuissance du sang injecté dans les bronches à produire l'inflammation et à fortiori la tuberculis.iiion. a Au bout de quelques jours, le sang ôtail peu à peu résorbe sans produire d'autre modification du parenchyme qu'un peu d'emphysème. »

(2) Observation recueillit' avec l'aide de M. llinie.

gauche, qui n'a pas été touché par l'instrument, sont dues au passage du sang qui, du poumon droit blessé, a passé pendant l'expiration dans la trachée-artère, et de celle-ci est tombé, pendant l'inspiration, dans les bronches gauches.

Dans une cinquième expérience, je fais à un jeune lapin plus vigoureux que le précédent, et toujours à droite, une plaie dans le poumon avec le ténaculum, et une autre avec le porte-mèche. Mêmes résultats immédiats, c'est-à-dire dyspnée et crépitation; mais le soir le lapin mangeait comme s'il n'avait rien éprouvé, et le lendemain la crépitation avait déjà disparu.

Huit jours après l'opération, je sacrifie ce lapin et je trouve d'abord les traces des plaies du poumon, puis à la surface du poumon droit Comme du poumon gauche des taches d'un rouge violacé. En incisant les bronches, je tombe, vers le sommet du poumon gauche, qui n'avait pas été lésé, sur un petit caillot sanguin adhérent à la paroi bronchique et correspondant au centre d'une tache rouge. En ces points, et malgré huit jours écoulés, il n'y avait pas trace d'inflammation.

Enfin, dans une sixième expérience, je fais une plaie pénétrante avec une aiguille à tricoter que je tourne deux ou trois fois dans la plaie. Dyspnée, stupeur légère, crépitation.

L'animal est sacrifié au bout de quinze jours; on distingue à peine alors la plaie du poumon. Une ou deux taches sur cet organe produites par une imbibition sanguine, mais nulle part le moindre indice d'inflammation (1).

Ces quatre expériences sont absolument concordantes : dans aucune on ne trouva de vestige de travail inflammatoire, soit que l'animal fût mort quelques heures après la blessure du poumon, soit qu'on l'eût sacrifié trois jours, huit jours ou quinze jours après celle-ci. Et vous remarquerez qu'ici les conditions étaient doublement favorables à la production d'une phlegmasie, puisqu'à la présence du sang épanché dans les voies respiratoires s'ajoutait le traumatisme du poumon ; tandis que, par hypothèse, depuis Hippocrate jusqu'à Niemeyer, en passant par Hoffmann, on suppose que le contact du sang suffit pour développer cette inflammation.

(1) Ces trois dernières observations ont été recueillies avecfaide de M. Ullé

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